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La Guerre d’Algérie, pourquoi ne pourrait-on pas l’évoquer davantage ? Une question qui prend de la résonnance alors que le candidat Macron vient d’endosser les habits de Président en descendant, régalien, les Champs-Élysées dans une voiture militaire. Rappelons qu’il avait avant d’être élu rouvert en Algérie, la plaie française de la colonisation en dénonçant les crimes contre l’humanité commis en son nom ; conquête, exploitation, puis expropriation violente, le tout poursuivi ensuite durant plus d’un siècle de domination française en Algérie. Des faits toujours vécus par la droite française et par beaucoup, comme une profonde contre-vérité.

- Par Éric Viot

Il y a 60 ans de jeunes appelés étaient engagés dans cette guerre face à d’autres jeunes qui avaient choisi, eux, de combattre pour leur indépendance. Ces jeunes appelés, des militaires de la conscription, dépêchés de France ne connaissaient que peu de choses finalement sur ces départements français où ils allaient laisser leur jeunesse et pour certain leur vie.

Ils sont rentrés traumatisés refusant de parler de ce qui s’était passé là-bas. On parlait des « évènements d’Algérie », comme disaient les autorités politiques et militaires et pourtant, c’était bien d’une guerre qu’il s’agissait, une guerre [c’est le 10 juin 1999 que l’Assemblée Nationale reconnaît officiellement qu’il s’était agit d’une guerre, NDLR] avec ses morts, ses blessés, et ses populations civiles massacrées.

Tortures, et exécutions sommaires furent aussi le quotidien de cette guerre, tout cela couvert bien évidemment par les responsables politiques de l’époque. On ne peut pas s’empêcher de faire la parallèle avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Les méthodes étant les mêmes.

Mais comme les Allemands n’étaient pas tous des Nazis, les militaires français ne furent pas tous des tortionnaires. Et je pense qu’aujourd’hui, il faut dire la vérité, raconter les tortures au centre d’El-Biar, à la villa Sésini [centre de détention et de torture, sur les hauteurs d’Alger, de membres présumés du Front de libération national ; QG des légionnaires du 1er REP3 lors de la bataille d’Alger, NDLR], mais aussi dans les douars. Parce que ne pas raconter, c’est jeter l’opprobre sur l’ensemble des appelés d’Algérie.

Longtemps les relations franco-allemandes ont été difficiles à cause de ces années noires, mais aujourd’hui les choses ont changé. Sans doute parce que l’on a accepté de dire la vérité, toute la vérité, y compris sur les événements les plus abominables perpétrés par une partie de l’armée allemande.

Les crimes commis en Algérie doivent être reconnus, qu’ils soient le fait de militaires français ou de fellaghas, car malheureusement là-aussi aucun des deux camps n’avait le monopole. Mais comme pour les appelés, tous les fellaghas ne furent pas des tortionnaires.

Les hommes, qu’ils soient Allemands, Français, Algériens ou d’autres nationalités, restent des hommes qui, mis dans certaines situations et confrontés à une certaine réalité, sont capables du pire.


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Racontons cette Guerre d’Algérie occultée dans l’Histoire de la France - par Éric Viot

Publié le: 14 mai 2017
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