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 Des Unes de journaux vendus à même le sol - (c) Photo leglob-journal INTERNATIONAL - Le lavallois Rémy Simon est au Chili et nous câble depuis Valparaiso la suite de son récit. Pour « un séjour de 6 semaines » au Chili où des élections ont eu lieu le 19 novembre 2017, présidentielles, législatives, et régionales. Un pays dont la destinée a été "contrariée" par une ingérence extérieure inamicale fomentant un coup d’état le 11 septembre 1973, de funeste mémoire dans l’Histoire mondiale. Voici le deuxième volet de son récit de Rémy Simon militant des comités Chili de 1973 à 1977 à Rennes ; et qui s’est installé à Laval en 1977 où il a continué à militer - Reportage

- Par Rémy Simon

VALPARAISO - Dimanche 20 novembre au soir, j’ai croisé le patron atypique d’un petit restaurant où j’aime me poser. La barbichette au vent, il me dit : « traditionnellement, j’ouvre le soir des élections. Si tu veux, viens à 20 heures ! ».

Le couvre feu éthylique est en effet levé deux heures après la fin du scrutin. Il se clôt dès 18 heures. L’analyse des premiers résultats se fit dans une ambiance chaleureuse et en tout petit comité. Mais point de résultats complets. Ni de sondages et d’estimations.

Un vendeur de journaux sur la place Escudor de Valparaiso - (c) Photo leglob-journalCe lundi matin 20 Novembre, à peine réveillé je me branche sur le canal 7 de la télé : CNN-Chili. Les résultats définitifs confirment la tendance d’hier soir. Deux grandes surprises : Si le candidat de droite et milliardaire Pinera arrive effectivement en tête avec 36,7 % des voix, il est 10 points en dessous des prévisions des derniers jours.

17 décembre, second tour

Inversement Beatriz Sanchez avec Le Front élargi obtient 20,3 %. Elle n’était attendue qu’a 8 à 10 %. Elle talonne Guillier de “la nouvelle majorité” (gouvernement) qui atteint 22,7 % et se positionne donc en deuxième position.

Carolina Goic de la Démocratie Chrétienne reconnait une cuisante déroute avec 5,9 %. Leur congrès débute au lendemain des élections. Chronique d’une crise annoncée. Quant à Kast, le candidat de l’Opus Dei soutenu par les évangélistes, il fait un score bien supérieur aux prévisions et s’installe dans le paysage politique chilien avec 7,9 %. Le 17 décembre le second tour verra donc Pinera et Guillier s’affronter. En additionnant les voix de tous les candidats en fonction de leur couleur politique, la gauche est majoritaire contre toute attente. Mais la politique a peu à voir avec les mathématiques.

Dans mon petit hotel, je prends le temps de discuter avec une famille de touristes argentins et avec Andrea, la jeune chilienne qui est à l’accueil. Le sujet : la présence croissante, selon eux, d’immigrés noirs, dont des haïtiens. Pas simple comme débat, mais l’échange est intéressant. Francisco, le patron avec qui je discute politique, me disait hier avec humour : « maintenant Rémy, tu fais parti de l’inventaire ».

Descendre vers la petite place Ecuador. Slalomer entre les mendiants et les travailleurs qui attendent leurs transports collectifs. Les punks du coin, avec qui il m’arrive de plaisanter, ne sont pas encore installés dans l’un des nombreux escaliers qui descendent de la quarantaine de collines qui constituent Valparaiso. Je me jette sur la presse, vendue à même le sol. Par principe, je n’achète pas “El Mercurio”. C’était le seul journal autorisé à continuer de paraitre après le coup d’État. C’est dire.

La Une de du journal La Estrella - (c) Photo leglob-journalLire tout ça plus loin à la minuscule cafeteria où j’ai mes habitudes. Cette fois-ci, c’est le maître des lieux qui va m’aider à analyser les résultats. C’est Diego. Un large sourire éclaire son visage juvénile surmonté d’une queue de cheval. Look d’étudiant, avec la légendaire bienveillance chilienne.

Enthousiasme tranquille

Diego va droit au but : « C’est vrai, un peu comme chez toi en France, les gens en avaient marre des vieux politiciens. D’où le succès du “Frente Amplio” de Beatriz Sanchez. Moi par exemple, je ne votais jamais. Cette fois-ci j’y suis allé, comme beaucoup de jeunes. C’est parce que j’ai vu à Valparaiso, grâce à notre nouveau jeune maire du Frente Amplio Jorge Sharp, que les choses pouvaient vraiment changer concrètement. Et, en dehors des Présidentielles, il y a beaucoup de nouvelles têtes élues au Congrès. ».

Cet enthousiasme tranquille, j’en ai été témoin chaque jour dans la rue avec cette jeunesse qui distribuait des tracts. M’excusant régulièrement de ne pas avoir le droit de vote… Je ne suis pas encore réduit à leur demander l’asile politique…

À Valparaiso même, Sanchez cartonne à 36,8 %, laissant Pinera à 26,6 % et Guillier à 19 %. La clé du second tour sera l’attitude de ces électeurs du “Frente amplio” et des autres candidats de gauche. Mais sur CNN, les premières déclarations des deux candidats qualifiés sont déjà marquées par les habituels appels à l’unité. Le tout avec la classique langue de bois. Elle existe aussi en version chilienne. Verdict le 17 décembre. Je ne rentre pas avant le 22 décembre : ça tombe bien.

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Publié le: 22 novembre 2017
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