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Incontestablement le Front National est en tête. Et même dans les têtes. Pas loin des manettes. Depuis le temps qu’on nous le prédisait, montré comme un épouvantail, et brandit à juste titre comme un danger pour la démocratie. Sauf que les idées du FN sont à présent dans le PPoF, le Paysage POlitique Français. C’est donc un cauchemar qui devient réalité. Une gifle pour tous les autres partis.

- Par leglob-journal

Le Front National et ses idées tentations du passé, c’est donc en France en référence aux élections régionales qui viennent de secouer le PPOF : 6 millions de voix en France. Pas rien, quand on sait que l’abstention a été très forte. Trop forte. Et qu’il existe donc encore des réserves. Et maintenant ? Que fait-on ?

Depuis le temps que l’on véhicule des actions pour tenter de lutter contre ce parti haineux et anti républicain, force est de constater que ce fut presque comme un coup d’épée dans l’eau. Depuis le Touche pas à mon pote  avec sa main de Fatma, l’imagination était au pouvoir. En vain ? Presque. Sans doute que les manifestations de rejet imaginées de façon médiatique et collective n’étaient pas à la hauteur. Pas ou peu d’influence sur ceux qui campaient dans leurs convictions racistes, xénophobes et de préférence nationale. Trop bobo aussi déjà à l’époque, et pas assez efficace. Sauf à entretenir la mèche de la flamme tricolore.

En 2007, quand il fut question de choisir un leader pour diriger la France, celui qui à droite voulait éliminer la candidate de gauche – pas assez crédible entendait-on même dans son propre camps socialiste - n’a eu de cesse de « siphonner » les voix du parti que Jean Marie Le Pen avait créé et qui « dédiabolisé » ensuite par sa fille a prospéré sur la rancœur et la démagogie. Mais la couleur - le brun - et l’odeur, des idées rancies en cramoisi ont séduit un électorat de droite extrême et même ceux qui s’était camouflé dans l’Union pour un Mouvement Populaire.

La responsabilité donc aussi au leader de cette formation, et à d’autres relookée en Les Républicains (LR) et qui à juste titre au lendemain du premier tour des Régionales et fidèle à ses croyances et ses valeurs conservatrices (Travail, Famille, Patrie) a proposé le ni-ni, et surtout pas la fusion qui entraînerait selon lui la confusion. Confusion justement, quand les électeurs sont floués et dupés, et pensent que l’adresse leur est destinée, eux les amoureux des idées du FN, quand il est question par exemple de « karchériser la racaille  » dans les banlieues.

Et maintenant ? Que peut-on faire si c’est encore possible ? Comment endiguer correctement et salutairement la montée de cet objet politique, qualifié le soir du premier tour par Marine Le Pen de « mouvement national » ? Fabriqué aussi, il faut bien l’admettre par la gauche socialiste qui l’avait fait grimpé dans les intentions de vote. Il avait suffit d’inviter Jean-Marie Le Pen à l’émission L’heure de vérité. L’objectif, (louable ?) était d’affaiblir la droite dite classique. A présent le FN est ancré dans le PPoF. Il est désormais un parti politique à part entière. Et pas aussi anti-système qu’il veut bien le dire haut et fort.

L’équation est à plusieurs inconnues et la solution l’est tout aussi. Mais comment accepter de nos jours dans la République, un parti politique qui manifestement n’est pas républicain. Un parti même anti-républicain, dans la mesure où il remet fondamentalement en cause le principe institutionnel de l’Égalité, une des composantes de la démocratie Républicaine, sans parler de la Liberté ni même de la Fraternité.

Quand le Front National propose par exemple la « préférence nationale » comme principe économique du vivre ensemble, en rejetant l’étranger, en proposant la « déchéance nationale », est-il dans la Liberté et la Fraternité ? Quand pour ces Régionales il propose de « supprimer toutes les subventions aux associations communautaristes et d’accueil des clandestins, de stopper les flux migratoires et de rétablir durablement nos frontières », il ne fait pas autre chose que de se mettre franchement “border-line” avec la République qui elle s’appuie sur l’Article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Alors le Front National est-il un parti politique qui a sa place dans l’esprit de la République ? Et faut-il encore le considérer comme un parti ? Et quid des obligations de la République ? La question globale est difficile, car le parti LR et même maintenant le PS depuis les Attentats de Paris, se sont mis ou se mettent à faire des propositions qui sont de nature à nuire à cette esprit éclairée, qui implique la tolérance et le non rejet de l’individu.

Et le peuple de gauche, on l’a vu au lendemain du premier tour et à la lecture des résultats, existe-t-il encore ? L’attention bienveillante que les progressistes de gauche se doivent d’apporter naturellement à leurs concitoyens dans la souffrance économique n’est plus dans l’ordre des choses. La France est entrée dans l’ère de la « société d’individus », des « replis sur soi », et qui ne peuvent malheureusement penser et agir qu’à l’aune de leurs difficultés, celles qu’ils rencontrent quotidiennement, et qui ont pour noms : chômage, précarité, logement difficile, peur du lendemain et des actions terroristes.

De fait la France, cette France généreuse et altruiste ne semble plus d’actualité. Les manifestations d’agrégation d’individualités dans des collectifs, par exemple celle du « je veux exister comme je suis et comme je pense et je veux l’imposer aux autres » de la Manif pour tous par exemple en est l’exemple le plus récent et le plus criant.

Mais il ne tient qu’à nous de la remettre en scelle, cette France de la solidarité, cette France de la générosité, où l’on s’intéresse à son voisin, où l’on n’est pas indifférent à l’autre qui n’a pas la même couleur de peau. C’est possible en agissant, pour ne pas sombrer dans l’indifférence.

Agir, voilà le mot d’ordre. Indignez-vous ! avait demandé Stéphane Hessel dans son essai du même nom. Il avait raison définitivement. Agir, en commençant par voter au second tour. En choisissant ceux qui sont dans la construction plutôt que ceux qui sont dans la revanche et l’extrême, xénophobes et racistes.


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Régionales 2015 : le Front National bien ancré dans le PPoF, et maintenant ?

Publié le: 10 décembre 2015
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