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Capture d'écran du compte twitter de Richard Chamaret - Bruno Le Maire est au centre

Prôner l’ouverture d’esprit, nourrir le débat et faire entendre des points de vues et des voix différentes, ce sont les fondamentaux de la Presse dans une société démocratique. C’est ce que vous propose leglob-journal, et ce depuis son émergence dans le paysage médiatique mayennais. C’est aussi ce que dit Richard Chamaret, quand il écrit « Travailler ensemble n’impose pas de devoir renier nos convictions propres et encore moins de les gommer, bien au contraire. » Homme de droite, il a accepté de s’exprimer dans leglob-journal à propos de « [s]on ami Bruno Le Maire », qu’il a soutenu ardemment en tant que candidat LR à la Primaire de la Droite et qu’il continue à « estimer et soutenir » même s’il est devenu entre temps ministre LaREM de l’Économie et des Finances sous Emmanuel Macron. Voici la Tribune de Richard Chamaret sur leglob-journal.

- Par Richard Chamaret*

Jeudi 17 septembre 2009, en pleine "grève du lait", des éleveurs hurlent leur colère dans les allées du SPACE, le salon international de l’élevage de Rennes. Cette tension est à destination d’un homme, le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. Ce fut notre première rencontre. Brève.

Ma pensée est alors qu’il ne va pas rester longtemps à ce poste. Entouré par des éleveurs exaspérés, l’énarque semble froid. Semble seulement, car il écoute, analyse, donne la parole à un autre jeune éleveur qui l’interpelle pourtant maussadement. Vu la crise grave que traverse la filière, vu l’ébullition en cette fin de Space 2009, nombreux sont les responsables politiques à s’être excusés. Bruno Le Maire, lui est présent. Il estime que c’est son devoir. Il est ministre des bons et des mauvais moments. Il assume.

Cette crise, il l’a traversé aux cotés des agriculteurs sans promettre une hausse du prix du lait, ce sur quoi même le ministre de l’Agriculture n’a pas la main, mais en écoutant, en organisant des rencontres entre les représentants des éleveurs et des industriels. Bruno Le Maire le dit lui même. « Je me suis fait le cuir auprès des agriculteurs ». Il sait écouter, ceux que personne n’entend.

Puis est venue la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012. La droite a perdu, car elle a perdu son électorat des campagnes. La droite n’a pas écouté. Quand après la honte de la bataille fratricide entre Jean-François Copé et François Fillon, fin 2012, Bruno Le Maire lance son mouvement, c’est tout naturellement que je le rejoins. Il faut bien l’avouer, nous n’étions qu’une poignée à sa première réunion dans l’Eure. Mais en quelques mois, le Renouveau était présent partout. Cinq années plus tard, après autant de campagnes électorales, après avoir rassemblé tant de soutiens, après des très bons moments mais aussi des plus difficiles, j’ai toujours la même grande estime pour l’homme. Estime à laquelle est venue se greffer une amitié sincère.

« Des réformes du programme de la Droite »

Je sais que beaucoup de rancœur flotte dans les rangs de la Droite depuis son ralliement au Président de la République, Emmanuel Macron. Ne pas le suivre dans cette voie n’empêche pas de tenter de comprendre son choix. Bruno Le Maire veut agir pour la France et la servir. Qui peut l’en blâmer ?

Pourquoi l’ouverture à des personnalités politiques de Gauche, qui était sincère, en 2007, sous l’autorité du Président de la République, Nicolas Sarkozy et du premier ministre, François Fillon, ne serait-elle pas possible, aujourd’hui, dans le cas inverse ? De plus, Bruno Le Maire met en place des réformes qui figuraient dans le programme de la Droite.

Quelques exemples concrets. Bruno Le Maire supprime le CICE (Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi) administrativement complexe et mal ciblé, pour le transformer en une baisse pérenne des charges patronales, nettement plus durable et sécurisante pour les entreprises. Qui à Droite peut se plaindre d’une réforme qui était inscrite dans le programme de François Fillon ?

Également, la baisse de l’IS (impôt sur les sociétés) est une autre mesure qui figurait dans le programme du candidat de la Droite à l’Élection Présidentielle. Celui-ci proposait de passer le taux d’imposition de 33.3% actuellement à 25%. C’est exactement ce que Bruno Le Maire va mettre en place au ministère de l’Économie et des Finances.

Mais l’exemple le plus parlant est la suppression de l’ISF. La Droite la réclamait depuis sa création en 1982. Nicolas Sarkozy n’a pas osé aller jusqu’au bout durant son quinquennat. François Fillon proposait la fin de l’ISF. Bruno Le Maire passe à l’acte pour mettre un terme à 35 ans d’idéologie et d’inefficacité. Qui s’en plaindra à Droite ? Le fait que les parlementaires LR aient voté pour le texte est une bonne nouvelle.

Cependant l’ami que je suis, se doit aussi d’alerter quand il n’est pas d’accord. Par exemple, la suppression du PTZ (Prêt à Taux Zéro) dans nos territoires ruraux et recentré sur les zones urbaines déjà denses est un non-sens total. Pourquoi supprimer ce qui fonctionne, ce qui permet de redynamiser nos territoires ruraux ? Mais les remontées du terrain, ces derniers jours, semblent portées et écoutées.

L’écoute, toujours l’écoute !

Un ami peut ne pas toujours comprendre vos choix, mais il reste votre ami. J’avoue avoir été peiné en apprenant l’adhésion de Bruno Le Maire à La République en Marche. Également, je regrette que nos instances nationales LR, préférant rester dans une opposition assumée à Emmanuel Macron, aient trouvé dans l’entrée au Gouvernement de Bruno Le Maire, comme dans celle de Sébastien Lecornu, et des autres ministres de Droite, la raison de nos échecs à l’élection Présidentielle et aux législatives. Cette raison est plus profonde, plus ancienne. Et comme en 2012, la non-réalisation de l’audit de notre défaite conduira aux mêmes conséquences.

La Droite, pour revenir fièrement et incontestablement au pouvoir va devoir, d’une part, nettement moins s’écouter et d’autre part entendre beaucoup plus. Entendre le terrain et enfin y être attentif.

Dans nos collectivités locales, nous, élus de terrain, travaillons déjà tous ensemble au développement de nos territoires. Travailler ensemble n’impose pas de devoir renier nos convictions propres et encore moins de les gommer, bien au contraire. Cette obligation de dialogue continu permet à chacun de mettre en avant ses idées. L’opposition permanente ne fait jamais avancer un territoire. L’ouverture, nous la pratiquons déjà comme une évidence. Les exemples sont nombreux dans nos communes et intercommunalités mais également au Département et à la Région. Pourquoi en serait-il autrement au niveau national, dans le Gouvernement ? Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, entend, écoute, dialogue et construit, tout en imposant les grandes lignes du programme de la Droite. Pour toutes ces raisons, je continue à estimer et soutenir mon ami Bruno Le Maire.

*Richard Chamaret est adjoint au maire de Méral une commune du Sud-Mayenne, et conseiller national LR.


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Par Richard Chamaret : « L’ouverture, nous la pratiquons déjà comme une évidence »

Publié le: 22 octobre 2017
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