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En Mayenne, il y a un médecin pour 1928 patients. Des patients qui sont donc bien nommés car finalement ne sont-ils pas obligés de prendre leur mal en patience pour “goûter” les quelques minutes de consultation accordées par « le Docteur ». Souvent après avoir beaucoup attendu en salle d’attente, il faut bien le dire. Le médecins généralistes enchainent les consultations au pas de trot et parfois au galop, simplement parce qu’il en a trop et qu’ils ne sont pas assez !

- Par Alex B.

L’offre s’est dégradée en quantité - La Manche, l’Eure, l’Eure et Loir, la Haute Marne et la Corrèze par exemple sont les départements les plus désertés par les généralistes. La Mayenne tirerait donc son épingle du jeu ! Est-ce bien sûr ?

Par exemple, l’Eure compte un médecin pour 2.728 patients contre un médecin pour 869 dans le Rhône. La moyenne nationale se monte à 1.322 patients par médecin. La Mayenne est largement au dessus. Ce ne serait pas les médecins qui manqueraient mais le problème viendrait du fait surtout qu’ils sont mal répartis dans l’hexagone.

Ces dernières années, le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) a estimé que l’offre de soins s’est dégradée en quantité. Pas faux. C’est vrai. Lorsque 2 médecins généralistes s’installent, 25 partent en retraite. CQFD.

Pas assez « sexy » Alors les généralistes fuient les zones plutôt pauvres et accourent vers les départements les plus riches ? On serait tenté de le penser ? Ce n’est pas faux. Les Alpes-maritimes notamment attirent avec sa concentration de vieux porte-monnaies !

Mais pas uniquement. Le problème, c’est surtout que l’activité libérale de généraliste sans spécialité ne semble pas assez “sexy” et “fun” pour les étudiants en médecine. Un jeune interne, et il suffit d’en interroger quelques uns, ne se projette pas comme généraliste. Le blues des campagnes très peu pour lui. Le coté immersion dans un France profonde non plus. L’aspirant « toubib » aspire à « un métier plus valorisant dans le cadre médical  », c’est du moins ce qu’ils disent.

Le métier de généraliste : pas assez “fun”

De guerre lasse le Département de la Mayenne a fini par mettre en place, il y a une poignée d’années, un système d’aide à l’installation pour attirer des vocations en campagne. Mais il a fallu beaucoup convaincre. Après beaucoup de tergiversations, car le Président de Conseil Général expliquait "en off" qu’il ne souhaitait pas interagir sur la profession. Comme elle est libérale, elle devrait se réguler toute seule ? Certes facile à dire mais pas à réaliser.

Et puis c’était surtout oublier que les médecins ont suivies leurs études dans des établissements publics d’enseignements créés et entretenus grâce à l’impôt, et qu’ils pourraient peut-être se sentir quelque peu redevables. Rendre la monnaie de la pièce et mettre la main au porte-monnaie ! Au lieu de ça, ils réclament d’être plus payé.

8,6% des nouveaux inscrits à l’Ordre des médecins par exemple entre janvier et décembre 2009 ont choisi de s’installer comme médecin généraliste. C’est peu.

Une étude du même CNOM précise que contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la recherche d’une rémunération conséquente ni celle de temps libre qui primeraient dans le refus de l’installation, mais bien les problèmes d’organisation du travail et le poids des charges administratives. Les médecins libéraux voudraient-ils paradoxalement se sentir plus encadrés pour être plus libres ?

Continuité des soins - Quoiqu’il en soit les généralistes partis à la retraite jouent un rôle important en matière de non continuité des soins. Un médecin qui exerce en Mayenne mesure l’ampleur du problème, dénoncé pourtant depuis plus d’une décennie, quand il déclare : « cet été j’ai été obligé d’interrompre mes vacances pour assurer une permanence d’une journée par semaine, car je n’ai pas trouvé de remplaçant. C’est la première fois que cela m’arrive en 25 ans d’exercice  ! ».

Signe (peut-être ?) que le phénomène de « désertification médicale » comme il est convenu de l’appeler est donc loin d’être réglée. A l’horizon 2025, il y aura moins de 23 000 généralistes en cabinet contre 56 000 aujourd’hui selon des prévisions plutôt inquiétantes qui sont réalisées.

Et du coté des médecins spécialistes, c’est guère mieux pour les patients qui doivent maintenant devenir de plus en plus patients et s’y prendre longtemps à l’avance. Combien de mois actuellement pour obtenir un rendez-vous par exemple chez l’ophtalmo ? Alors, soyons sérieux et soyons donc un peu visionnaire !


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Publié le: 10 septembre 2011
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