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« La réforme du code du travail proposée permettra plus d’agilité » selon Samuel Tual, le patron du Medef en Mayenne qui a bien voulu répondre à nos questions. « Agilité » sans qu’on ne sache trop par lui ce que cela veut dire, c’est l’élément de langage boutique du Medef que le PDG d’Actual - 190 agences d’intérim en France - utilise à deux reprises pour répondre. Si celui qui avait écrit à la ministre lui demandant de« libérer le Travail » emploie bien le terme de « flexibilité », le PDG d’Actual ne parle pas en revanche de « sécurisation » pour les salariés. Pour lui et même s’il ne le dit pas explicitement, on comprend que nous devons aller vers la primauté du contrat sur la loi, alors que la ministre est en train justement de tenter de mettre au point un projet de loi. D’ailleurs pour le patron du Medef 53, « [...] La loi décide pour tous. Elle est d’une rigidité qui mène à la catastrophe et ne tient pas compte des spécificités ni des territoires, ni des entreprises, ni des individus. » écrit Samuel Tual dans son livre paru en mars 2015, et joliment titré Le travail pour tous.

Entretien

-  leglob-journal : Le Medef est peu présent médiatiquement sur les questions du droit du Travail, ou bien de la négociation sur la convention Unédic qui doit se faire avec les partenaires sociaux, est-ce parce que le travail est fait par le gouvernement ?

Samuel Tual  : Non, le Medef a largement contribué en amont sur les travaux préparatoires au projet de loi El Khomri. Nous nous sommes d’ailleurs publiquement réjouis de ce projet. Même si nous saluons les avancées et le courage de ceux qui portent cette réforme, nous restons très prudents sur ce qu’il restera à l’issue de son passage dans les deux chambres. En ce qui concerne la négociation sur la convention Unédic, comme vous le savez, les travaux ont commencé la semaine dernière et sont prévus pour une durée de 4 mois ; le Medef, comme à son habitude, tiendra sa place et apportera sa contribution à la nécessaire réforme.

- Sur la réforme du code du travail, le Medef trouve favorable les mesures annoncées et notamment : plus grande facilité de licencier, heures supplémentaires payées moins chères, déconstruction du symbole des 35 heures...Est-on certain que cela pourra faire revenir de la croissance ?

Les conditions du retour à la croissance sont une plus grande compétitivité des entreprises, une plus grande agilité et bien sûr de la confiance. Le pacte de responsabilité a permis de corriger pour partie les nouvelles charges supportées par les entreprises. La réforme du code du travail proposée permettra plus d’agilité et est la condition nécessaire au retour de la confiance. Sans confiance, pas d’investissement possible et donc, pas de création d’emploi pérenne.

- Fallait-il que les 35 heures mises en place par la gauche soient défaites par la gauche, alors que l’heure dans la plupart des pays développés est au partage du travail ?

Le sujet du chômage de masse n’est plus un sujet de droite ou de gauche. Il faut sortir des postures idéologiques traditionnelles pour en faire une priorité nationale. Il est maintenant démontré que le partage du travail est une fausse bonne idée. A l’inverse, les pays européens voisins (Allemagne, Italie, Espagne) ont su faire les réformes et donner plus de flexibilité au marché du travail et ont des résultats 5 fois plus importants que chez nous. Il est urgent de copier les modèles qui fonctionnent.

- Dégradation des conditions de travail, burn-out et bore-out, recours à la rupture conventionnelle comme moyen de licenciement, envie de départ à la retraite de plus en plus affirmée, etc. quel regard portez-vous sur la valeur Travail actuellement dans notre société ?

Je souffre quotidiennement dans mon activité professionnelle de la dégradation de la valeur Travail dans la société. Je sais qu’une des plus grandes souffrances est d’être privé de travail. Le travail fait partie de l’essence de l’Homme ; il est urgent de réfléchir à la société que nous souhaitons laisser à nos enfants. J’ai eu l’occasion de développer ce sujet dans mon dernier ouvrage Le Travail pour tous * que je vous invite à découvrir.

- En Mayenne, vous présidez également la Médecine du travail, avec des rendez-vous pour les salariés de plus en plus espacés dans le temps, n’est-ce pas un problème pour la collectivité ?

Non, la question n’est pas d’espacer les visites médicales mais, avec la contrainte de la diminution du nombre de médecins du travail, d’assurer un meilleur suivi individuel et collectif des salariés de la Mayenne. C’est pourquoi, conformément à la réforme des services de santé au travail et en accord avec la DIRECCTE, nous avons décidé de passer la visite d’aptitude avec le médecin du travail de 2 ans à 4 ans et de rencontrer les salariés chaque année dans le cadre d’un entretien infirmier. L’enjeu n’est pas de faire moins de suivi mais au contraire, de le faire mieux.

- Votre prédécesseur était une femme, elle n’est pas restée longtemps en poste. Vous n’êtes pas élu alors que vous êtes sensé représenter les entreprises, n’y a-t-il pas là un problème de légitimité ?

Il n’y a, à ma connaissance, pas de problème de légitimité puisque, même si Marie-Christine PY a mis un terme à son mandat avant la fin de celui-ci, j’ai été officiellement élu à l’unanimité des membres présents à l’Assemblée Générale du 19 juin 2014.

 
- Enfin, et pour terminer, comment voyez-vous l’avenir en Mayenne ?

L’avenir de la Mayenne dépend évidemment de celui de la région et plus globalement du pays. Nous avons néanmoins la possibilité en nous mobilisant de réfléchir ensemble à ce que nous souhaitons pour notre territoire et nous avons la possibilité de peser sur le cours des choses. C’est tout l’objet de mon engagement à la tête du Medef Mayenne, d’être force de proposition aux côtés des élus. Nous aurons l’avenir que nous méritons !

- Propos recueillis par Thomas H.  


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Samuel Tual (Medef 53) : « Nous aurons l’avenir que nous méritons ! »

Publié le: 1er mars 2016
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