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Il s’autoproclame député des champs, avec en ligne de mire 2012 . Et il prévient « Si Nicolas Sarkozy ne s’en préoccupe pas, ce n’est même pas la peine de faire campagne !. » Souvenez-vous le monde rural avait massivement voté pour le candidat de l’UMP en 2007 et depuis l’électorat du monde rural est en jachère. Et l’électorat des champs dans l’expectative. Ainsi le député du Nord Mayenne, Yannick Favennec (UMP), avec une bonne cinquantaine de ses collègues, fait donc partie du collectif Droite rurale, créé il y a quelques mois sous l’impulsion du député de la Lozère, Pierre Morel-à-L’Huissier.

-Par Thomas H.

e député du Nord Mayenne aime le collectif et aussi les sunlights, ce qui n’est pas incompatible, puisque comédien, il ne rechigne pas à monter sur scène pour parler sous les projecteurs.

Sur son blog on peut voir d’ailleurs voir qu’il a joué « pour la troisième année consécutive dans la troupe des Saltimbanques de Montaudin, les deux premiers week-ends de février. Il y interprétait un chanoine ».

« Baliser la route »

la Réforme Générale des Politiques PubliquesAu sein de Droite rurale soulignant donc "la forte abstention en milieu rural" lors des dernières régionales, Yannick Favennec pointe le déficit d’engagement de Nicolas Sarkozy, qui depuis essaie de se rattraper. « On est là pour baliser la route du président » , assure-t-il à nos confrères de l’AFP. Et sans doute aussi pour penser un peu à ses électeurs ! Yannick Favennec fait parti des 24 députés qui ont

Un beau champs de colza dans la campagne

été choisi sur les 55 pour « faire vivre le débat de Droite rurale au sein de l’UMP  », il a en charge le dossier « ruralité  ». Sur le blog de Droite rurale également, on peu lire ce qui ressemble à des incantations « Il faut créer des normes rurales, au delà nous proposons la création de Zones Franches Rurales, d’un observatoire du foncier, de mesures de simplification […] ».

Le collectif Droite rurale dont Favennec fait parti compte embrasser plusieurs thèmes qui bouleversent actuellement le monde rural français : exode urbain, territoires en difficultés, maintien des services publics, crise de l’agriculture, etc.

« Reconquérir le territoire

A l’approche des élections cantonales, des députés de gauche comme de droite se mettent donc sur le devant de la scène avec des propositions sur « la ruralité » pour dynamiser des territoires qu’ils jugent « abandonnés » par l’Etat alors qu’ils commencent à regagner des habitants.

Le PS et l’UMP ont même déposé le même jour, au début du mois de février, sur le bureau de l’Assemblée leurs propositions de loi : « bouclier rural » pour les socialistes contre « plan Marshall pour la ruralité » du côté de l’UMP. Les deux textes veulent faire la part belle aux services publics. Le Nouveau centre a également présenté une proposition de loi liée à l’agriculture, afin d’en « améliorer la « compétitivité ».

Christian Paul, député PS de la Nièvre, département où a germé l’idée du « bouclier rural » pour les socialistes, et qui se défend d’une proposition de « circonstance » juste avant les cantonales, accuse le gouvernement de mener « une Saint-Barthélemy des services publics  ». Et l’objectif, c’est de les développer, des services publics de proximité là où il y en a plus et d’inciter au dynamisme économique dans ces territoires où le vert domine et qu’ils jugent « abandonnés » par la République. Vaste chantier !

Bouclier contre Marshall

Grenelle, et maintenant plan Marshall ! Ce dernier prévoit « 200 mesures » pour « créer le socle d’une nouvelle politique rurale d’aménagement du territoire », écrit le député de la Lozère dans un communiqué.

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Parmi ces mesures : création d’un fonds de transport de proximité, « pass permis de conduire », médecin généraliste accessible dans un délai maximum de 30 minutes et maternité accessible dans les 45 minutes, micro-crèches, halte-garderie itinérantes, promotion du télétravail, etc.

Après l’exode rural place, toute proportion gardée, à l’exode urbain ! De 188.000 habitants en 1881, par exemple la Lozère est tombée à 72.000 en 1999 mais regagne maintenant « 3.000 habitants par an  ». Même chose en Mayenne mais plus modestement avec 2000 habitants de plus selon le dernier recensement. Le vert attirerait-t-il ?

Le « plan Marshall  » de la Droite rurale tient en ligne de mire la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et son non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite, une mesure chère à Nicolas Sarkozy. Et qui coute aussi à la société au final.

Le fondateur de Droite rurale milite « pour un assouplissement  » de cette règle, notamment pour la sécurité et la santé. « Les territoires ne sont pas uniformes, » plaide-t-il, d’autant que leur sociologie change avec l’arrivée de jeunes couples et de jeunes retraités.

Ca casse

Ruralité et modernité

Le monde rural compte 11 millions de Français et représente 20% de la population métropolitaine et c’est vrai qu’il a plus l’habitude de se déplacer pour aller voter. Il conserve ce reflex. En 2007, le candidat de l’UMP à la présidentielle a été crédité en Mayenne de 55,45% des voix avec une part d’électorat rural.

Un rapport de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) daté de septembre 2009, révèlent que les zones rurales de façon générale se fragilisent de plus en plus et concentrent des problèmes sociaux majeurs.

En zone rurale, 35% des actifs sont des ouvriers par exemple, souvent les plus précaires et les premiers frappés par les délocalisations d’industries peu nombreuses en plus. Seulement 8% sont des agriculteurs. Il existe une jeunesse ouvrière et une jeunesse précaire en milieux ruraux.

Alors Droite contre Gauche en milieu rural. Qui aura gain de cause ? Qui saura faire inverser cette tendance au dépeuplement des services rendus à la population en raison de l’abandon du recours à l’aménagement du territoire ?

Et si la ruralité méritait un autre comportement de la part des élus ? Si ceux qui sont en proximité de cette ruralité s’investissaient plus pour la défendre et pas seulement au moment de leur réélection ? Il y aurait sans doute moins de recours à des votes extrêmes qui remuglent le désespoir et le sentiment d’abandon.

Et si la ruralité, ce n’était pas uniquement « les tracteurs, et les jolies vaches qui donnent du bon lait ! » mais une façon d’être en France, de vivre dans un endroit éloigné des prises de décisions, soit par choix et le plus souvent par nécessité.


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Sauver le soldat rural

Publié le: 13 mars 2011
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