Sous l’arbre de la connaissance

#Arts & #Actu n°8 – Les immondes sirènes ne se sont jamais formellement éteintes. Elles se sont mises en sourdine et les serpents qui sifflent sur leurs têtes provoquent toujours ce terrible chant, celui de la haine et du racisme intimement chevillés au corps.

La Garde des Sceaux, mais aussi l’actuelle ministre de l’Éducation qui veut réformer le Collège avec «une conception humaniste de l’Éducation» subissent les mêmes traitements publics – toutes proportions gardées – que ceux qui ont été infligés à Jean Zay qui vient d’entrer légitimement au Panthéon, ce génial modernisateur de l’École qu’il souhaitait pour le plus grand nombre.

Le Républicain Jean Zay, toujours à la pointe des combats antifascistes, allant jusqu’à créé le Festival de cannes pour contrer la Mostra de Venise propulsée par Mussolini, fut la proie de la hargne vindicative et répétée de l’extrême-droite antisémite. Celle qui avançait « franco » à l’époque et s’étalait partout et dans les journaux, mais aussi celle qui n’assumait pas, et comme cela se passe de nos jours, avance masquée.

Ainsi il y a ceux qui font référence à un poème de jeunesse qui fit dire à Jean Zay que le drapeau français «[…] pour toutes les misères que tu représentes…[est] […] de la race vile des torche-culs.» Zay s’en expliquera en plaidant des années plus tard l’utilisation volontaire du «pastiche littéraire».

Il n’empêche l’opprobre aura été jetée. Le terrible mal aura été fait. Et 65 ans plus tard, les mêmes refrains sont repris Sous l’arbre de la connaissance. La salissure du gouvernement de Vichy, pilotée par le ministre Henriot de l’Information qui orchestra la manœuvre, a été ressortie, inhumée, utilisée, et propulsée sur le devant de la scène pour obscurcir, noircir. Ainsi la grenade est dégoupillée. Et les masques tombent!

#leglob-journal


Sous l’arbre de la connaissance – Par Valérie R. de Passeur d’Arts

allegoriesimulation.jpg«Du masque et de l’apparence, il ne faut pas faire une essence réelle…Ils enflent et grossissent leur âme, et leur discours naturel à la hauteur de leur siège magistral.» écrivait Montaigne. Et c’est ce que nous rappelle aussi Lorenzo Lippi dans sa toile intitulée Allégorie de la simulation.

Sur un fond sombre, sans décor, une femme au regard énigmatique, fixe le spectateur. Sa main droite tient un masque, et sa main gauche, une grenade entrouverte.

Le masque est l’emblème du théâtre, des grandes tirades, mais aussi celui de la fausseté et du mensonge. La grenade est le fruit de l’arbre de la connaissance, mais aussi le symbole de la richesse et de la puissance du fait de son grand nombre de grains. La femme nous les montre dans un geste de balancement.

Melpomène pour la tragédie, Thalie pour le comédie, au pied de l’arbre de la connaissance, c’est à en perdre son grec et son latin !
Qu’ils apprennent «ce qu’ils doivent faire étant hommes», écrit Montaigne qui, par cette formule, signe une conception humaniste de l’Éducation.

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