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Des caméras de vidéo-surveillance et une campagne autour de la nécessaire propreté en ville. Quel rapport entre les deux selon vous ? Rien en apparence. Rien, sauf qu’à bien analyser et quand on regarde de près, quand on zoome, dans les deux cas de figures, il s’agit en fait de surveiller. Surveiller des individus d’un coté qui voient leur circulation sur la voie publique “épiée” en quelque sorte et de l’autre coté, encourager à surveiller l’apparence des trottoirs.

- Par Thomas H.

C’est pour préserver justement les apparences, selon la formule consacrée que ces deux actions sont menées. Dire qu’on mène des actions, qu’elles soient de prévention ou de sensibilisation, c’est toujours nécessaire. La cible, dans les deux cas qui nous intéresse, c’est la voie publique. Et dans voie publique, il y a bien évidemment public.

Photo Ville de Laval : Un exemple d'une affiche Les caméras au nombre de dix seront là pour surveiller et dissuader. Rassurer les habitants qui ont à l’esprit que la technologie peut les épauler. La campagne de communication qui va investir la ville pendant 3 semaines est mise en place, elle, pour dissuader également d’avoir un comportement que l’on peut qualifier là aussi de déviant et toujours sur la voie publique.

Ne rien y jeter, c’est une recommandation de la campagne de com’. À présent cela sonne comme un avertissement comme on pouvait le lire sur les murs des grandes villes où il était « interdit d’afficher », grâce à la Loi du 29 juillet 1881. Tout cela ayant pour but de responsabiliser les habitants.

Canettes, crachat, chewing-gum, tracts, flyers et autres déjections sont ciblés, il s’agit de « préserver la propreté de la ville » nous dit-on. Car chaque semaine les 32 agents municipaux qui sont affectés au Service propreté ramassent selon la municipalité plus de 30 tonnes de déchets ; dans les rues, sur les places, sur les marchés, dans les caniveaux. Diantre ! Pas rien...Et du coup, ça a un coût tout ça ! Oui, un coût pour la collectivité.

Peut-être qu’à force de messages colorés, sous forme de BD, pour toucher les jeunes, on pourrait y arriver à couper en deux ou réduire les sommes que les lavallois sont amenées à débourser, pour leur tranquille propreté.

Déjà la campagne de com’ est menée sans appel d’offre, - en interne dit-on - et donc en faisant appel à l’optimisation des coûts. Elle aura permis à la municipalité de Laval de dépenser un peu plus de 1000 euros ; 1035 euros très précisément si l’on en croit le chiffre annoncé officiellement. C’est rien, presque rien. Trois fois rien ! Non ! en fait,100 moins que pour les caméras de vidéo-protection. La campagne pour la propreté est elle-même quasiment propre dans son approche financière. C’est presqu’une opération blanche ! Et par les temps qui courent faire des économies pour la ville de Laval, c’est loin d’être négligeable.

Née dans l’imagination collective, et conduite par un responsable en second de la communication de la Ville, le personnage central est une jeune fille au costume acidulé, masquée d’un loup rose, et de collants tout autant flashy, un costume qui n’a rien a voir avec ceux de Donald Cardwell. L’imaginaire est très BD en tout cas avec des onomatopées, reprises sur l’affiche qui a été réalisée par le graphiste maison de la ville de Laval. Les affiches sont visibles sur les panneaux publicitaires lavallois. Quand aux scénettes vidéos you-tubées diffusées sur la chaîne internet de la ville, elles n’auront pas été très onéreuses non plus. Les agents municipaux ont joué leurs propres rôles, les décors ne sont pas de Roger Harth, et on a fait appel à des élèves-acteurs du Théatre Jean Macé. C’est tout bénèf’... Bref, vraiment pas cher tout ça. Très cheap même, disent les détracteurs qui vont aussi sur d’autres registres. Oui sûrement, mais ça pourrait peut-être marcher ?

Un coût dérisoire donc, quand celui engendré par les caméras lavalloises à la Big Brother, elles, sont annoncées pour un budget de 100 000 euros, cela fait un rapport financier de 1 à 100 ; mais la technologie du 21e siècle coûte cher, c’est bien connu, pas autant que la biométrie, alors on est sauvé.

Aussi et pour l’année prochaine,voici une petite suggestion rigolote de votre journal. Et si la ville utilisait les caméras de vidéo de surveillance pour enregistrer les petits films qui seront diffusés dans le cadre de la prochaine campagne de sensibilisation des habitants sur la propreté de la ville ? Effet télé-réalité garantie, et en plus mutualisation des coûts optimum ! Mais attention, il faudra tourner avant 20 heures. Pourquoi ? Parce qu’après, en ville, il n’y a plus grand monde à se balader !


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Surveillance des trottoirs à Laval, un choix raisonné de la municipalité

Publié le: 24 avril 2016
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