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Un rassemblement devant la Mairie de plusieurs dizaines d'agents Ville et Agglo Au conseil municipal de Laval du 19 décembre 2016, la délibération concernant la ré-organisation du temps de travail des 1550 agents de la ville et de l’Agglo a été adopté. Malgré 7 votes contre et une abstention coté majorité. Les demandes, et incantations n’ont pas touché le sénateur-maire de Laval qui n’a pas souhaité montrer un signe de fléchissement et reporter la délibération à un prochain conseil municipal. Une attitude conforme à la droite. Mais un bras de fer réactivé de fait et qui n’apaise pas le conflit.

Par Thomas H.

Dehors des dizaines d’agents sifflent, chantent sur l’air du Petit Papa Noël et crient. Ils tournent aussi autour du bâtiment de la mairie. Ils s’arrêtent de faire du bruit de circonstance quand dans la salle d’honneur de l’hôtel de ville où se tient le conseil municipal, la déléguée du personnel représentant les agents, puis l’opposition municipale prennent la parole devant les élus. Les cris remontent de plus bel quand c’est François Zocchetto ou le représentant de l’extrême droite qui s’expriment. C’est de bonne guerre ; la manifestation de la contestation a ses codes.

Jean-Christophe Boyer ouvre le bal des arguments. « Nous ne comprenons pas votre entêtement lance-t-il à François Zocchetto ; ce soir vous passez une délibération politique de principe que vous imposez en plus. La Chambre régionale des comptes de Nantes n’a jamais imposé, mais a simplement parler de régulariser ce que les maires précédents Pinçon, D’aubert, Garot et moi, avons accepté ». L’ancien maire de Laval demande alors solennellement le report de ce vote.

« La méthode n’y est pas »

Pour l’élu écologiste d’opposition, « la méthode n’y est pas. Améliorer le service public nous sommes d’accord, mais ça pêche sur la façon de faire, et puis il semble que vous considériez les agents comme des charges, et pas comme une richesse. Ce ne sont pas des robots, d’ailleurs vous mesurez mal la démotivation des agents qui doivent être reconnus et respectés. » Claude Gourvil continue : « combien d’agents sont encore fiers de travailler pour la ville de Laval ? »

Même tonalité avec le représentant du Parti communiste français, Aurélien Guillot qui invoque la possible sagesse du maire qui peut « encore sortir par le haut en retirant la délibération pour ouvrir des négociations, car la politique, c’est l’art du compromis  ».

Ceux qui n'ont pas pu entrer dans la Mairie attendaient devant en faisant beaucoup de bruit

Aurélien Guillot, mais il n’est pas le seul, est dans le collimateur de Jean-Christophe Gruau, le représentant de l’extrême-droite qui aime aussi s’en prendre à Jean-Christophe Boyer qu’il qualifie de «  bobo ». Aimant les bons mots, Jean-Christophe Gruau arrive à placer « coco » et « bobo » dans la même phrase. Mais le vrai personnage apparaît quand il vitupère, et crache sa haine des fonctionnaires en brandissant un exemplaire de Valeurs Actuelles - « un journal de cendre droit » selon lui - qui fait sa Une sur les « avantages de la fonction publique ». Ceux qui ont « un emploi garantit à vie, un 13e mois, des congés, des RTT (…) » En se tournant vers les agents de la Ville et de l’Agglo qui étaient nombreux dans la salle derrière les journalistes, criant pour surmonter les sifflets et les cris de ceux qui étaient restés dehors, l’élu de la République dans son emportement leur a fait un bras d’honneur, après voir essuyé des huées.

« Pas un acte politique »

François Zocchetto, presque impassible prend alors simplement la parole. Calme, et paraissant même serein, sans rappeler à l’ordre à tout le moins celui qui vient de s’exprimer, il déroule d’une voix normale son argumentaire. « Cette délibération , c’est un retour à la légalité, pas un acte politique !  » Pourtant, cela ressemble à « un manque de sagesse  », une « mauvaise stratégie » de la part de l’élu UDI qui a officiellement soutenu François Fillon en Mayenne quand les autres de ses collègues UDI avaient choisi le favori Alain Juppé. Montrer qu’il ne fléchit pas, ni ne plie, François Zocchetto a envoyé ce message, celui du « droit dans ses bottes » à l’image de son candidat sorti vainqueur de la Primaire à droite.

Cette attitude, sans compromissions, conforme à la droite qui se décomplexe, qui ne se démet pas de sa parole, peut-elle être préjudiciable, à moyen et long terme ? Les organisations syndicales et les représentants du personnel pourraient-ils faire monter crescendo la pression et le bras de fer peut-il déboucher sur des actions encore plus importantes ? Et quel sera l’effet sur le vote futur d’après Présidentielles ?

« La poursuite du dialogue social »

ssise à coté du maire - plus à sa droite - celle avec qui Zocchetto a réaliser le ticket gagnant pour reconquérir la municipalité, sa première adjointe Samia Soultani-Vigneron ne montre aucun signe apparent durant les échanges. La candidate Les Républicains pour les législatives dans la première circonscription - celle du député PS sortant Guillaume Garot - avait pris fait et cause pour Nicolas Sarkozy et ne prend pas la parole.

« Ce n’est pas une décision personnelle, continue à argumenter François Zocchetto, la question se pose aussi au niveau national dans d’autres villes comme Saint-Brieux, Périgueux, Albi ou Auch. C’est la solution la moins mauvaise possible ou la meilleure, c’est selon son opinion. »

Le maire égraine les données de la réforme ; le passage 32 à 34 jours de congés, les RTT, celles qui, non-prises seront capitalisables dans un compte épargne temps. Et puis, il émet un vœu. « Je souhaite que le dialogue social se poursuivent sur 3 points principaux, l’aménagement du temps de travail de nuit, les conditions de travail et le dossier prévention et complémentaire santé. Sur ce dernier point, la collectivité pourrait prendre en charge une partie des cotisations des agents. » Il tente alors une ouverture, en finissant sur une note positive.

Avant le passage au vote, Jean-Christophe Boyer reprend la parole : « après cette déclaration d’amour, on vous demande une preuve d’amour : retirez donc cette délibération de l’ordre du jour  ». L’incantation restera vaine.

La délibération est passé, malgré les 7 membres présents de l’opposition qui ont voté contre. Et malgré Philippe Vallin qui a levé le bras lui aussi. Il n’a pas la même lecture en public que ses collègues de la majorité qui suivent très souvent comme un seul homme François Zocchetto. Et courageusement, le délégué à la Lecture publique à Laval s’est abstenu.

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Publié le: 20 décembre 2016
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