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« 35 ans, cadre dans l’agroalimentaire, mayennais d’adoption », Simon Romanin, c’est décidé, va voter sans doute un peu contre son gré les 20 et 27 Novembre prochain. Ce mayennais appartient à ces électeurs de gauche qui ont prit le parti de voter à la primaire de droite et du centre. Pour ne pas à avoir l’année prochaine à « choisir entre un candidat de droite extrême et une candidate d’extrême droite ». Témoignage.

- Par Simon Romanin*

Après la réussite des primaires du Parti Socialiste en 2012, nous voici donc, nous Français, invités à désigner le représentant de la droite et du centre pour les élections présidentielles de 2017. En 2011, le Parti Socialiste avait fixé officieusement à 2 millions de participants le seuil pour qualifier de « succès » la participation. Au final 2.8 millions de français se sont mobilisés.

Les Républicains espèrent, bien entendu, dépasser ce chiffre. Paradoxalement, je n’ai pas pu voter en 2011 (un problème de listes électorales non mises à jour). Mais que l’exercice semblait plaisant ! Pouvoir participer à la désignation de son candidat, quelle avancée pour nous autres électeurs qui subissions le choix des partis !

Me situant à la droite de la Gauche et à peine remis du scandale DSK, mon bulletin aurait été pour Manuel Valls. Charismatique, il incarnait surtout à mes yeux un renouveau du paysage politique. Ses 5 % de votes lui auront finalement apporté 5 ans de ministères ; il est, au passage, sûrement celui qui a le plus gagné dans ces primaires ! Je laisse chacun porter son propre jugement sur le bilan de ses fonctions.

Des Gauchos à la primaire de droite

Revenons donc sur ces fameuses primaires de la droite et du centre qui auront lieu les 20 et 27 novembre. Avec 72 bureaux de vote répartis en Mayenne, chacun devrait pouvoir trouver un isoloir à portée de main. Et si chacun peut, alors pourquoi pas moi ?

Il y a bien cette charte à signer sur laquelle je dois m’engager à partager les valeurs de la droite et du centre ; mais après tout je reproche souvent aux députés et sénateurs leurs votes de postures qui les amènent à refuser des lois dont ils approuvent pourtant 80 % du contenu. Et comme une majorité de français, cela m’arrive de concéder que telle ou telle proposition est intéressante même si elle vient d’en face.

Certes mes opinions politiques ne me dirigent pas naturellement vers Les Républicains mais j’ai la conviction que sauf surprise de dernière minute, le prochain président sera issu de ce scrutin. Partant de ce constat, et selon les derniers sondages, je devrais choisir entre Marine Le Pen et le vainqueur de la Primaire à droite et du centre.

Un choix pas si facile

C’est donc sans honte et sans scrupule que j’irais voter pour un candidat de droite, 14 ans après ce fameux 21 avril qui nous a tous si traumatisés nous autres socialo-sympathisants.

Comment choisir mon bulletin de vote du premier tour ? Comme beaucoup de Français - l’avenir nous dira si ce « beaucoup  » est majoritaire ou non -, je ne veux pas revoir Nicolas Sarkozy au pouvoir. Les raisons sont multiples : dédain profond à l’égard du peuple de gauche, bling-bling , trop d’affaires et surtout le Sarko extrême de 2016 a tué le Sarkozy modéré de 2007.

Chassant sans vergogne sur les terres du FN, sa position d’ancien président lui permet d’orienter les débats de la campagne sur des sujets qui me laissent de marbre. J’en ai tout simplement marre qu’on me rebatte les oreilles sur des questions identitaires et de sécurité, moi qui, mayennais d’adoption, n’ait jamais eu à me plaindre de quoi de que ce soit à ces niveaux.

La menace terroriste reste importante, c’est certain, mais les moyens de nos forces de police et de gendarmerie restent les remparts les plus efficaces loin devant la personne qui endosse le costume de chef de l’État. Or ces moyens ont été considérablement affaiblis par ce même Nicolas Sarkozy pendant des années.

Paul Bismuth écarté d’office, que me reste-t-il comme choix ? Dans les candidats modérés qui peuvent attirer le vote des intrus de la gauche, nous avons Nathalie Kosusko-Moriset (NKM), Alain Juppé et Bruno Lemaire.

Sans rentrer dans les détails de leurs programmes respectifs, chacun présente au moins une grande qualité : NKM et Lemaire incarnent la jeunesse et le renouveau d’une classe politique. Juppé à l’inverse représenterait un échec sur ce même renouveau ; mais il joue avec succès sa carte de vétéran sage et loin de la mêlée, il surfe sur une vague antisarkozy grandissante.

Ce premier tour va définitivement être un profond dilemme pour ma part entre un vote de cœur et un vote de raison. Le second round devrait être beaucoup plus simple à gérer en me réfugiant derrière un antisarkozysme primaire.

Et pourquoi pas ?

Mon grand-père disait : « on nait à gauche, on meurt à droite  ». A 35 ans, je dois me situer proche du milieu de ces 2 évènements et effectivement, mon vote ancré à gauche depuis mes 18 ans tend à migrer vers le centre. Pourrais-je me laisser tenter par un vote Les Républicains au premier tour des élections présidentielles ? Cela dépendra du candidat socialiste, mais à l’heure où j’écris ces lignes, rien n’est acté.

Ce qui est certain, c’est que si le second tour oppose Sarkozy et Marine Le Pen ou (moins probable) Sarkozy à François Hollande, pour la première fois, j’irais rejoindre la horde des abstentionnistes avec le sentiment que ces primaires n’auront finalement pas débouchées sur autre chose qu’un grand gâchis.

* Le prénom et le nom ont été changés.


3 commentaires
  • Tentations Primaires pour un électeur de gauche 19 novembre 2016 22:16, par marrie de Laval

    Monsieur Ferron, n’est-ce pas un cirque que ces partis proposent, en nous demandant de choisir à leur place qui doit être leur champion ? Et pourquoi ne pas leur rédiger le programme ? N’ont-ils pas de conviction et des "candidats à la candidature" qui devraient être choisis par leurs propres adhérents dans le cadre d’une procédure transparente, comme devrait être la démocratie interne des partis ?

    Hélas, la démocratie interne est une utopie voire une vaste fumisterie en pratique. Il suffit de lire les statuts des partis. Alors, puis "qu’ils" nous consultent et que nous payons pour choisir, autant en avoir pour son argent et tant pis s’ils ne sont pas contents du résultat.

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  • Tentations Primaires pour un électeur de gauche 18 novembre 2016 19:46, par FERRON Michel

    NON, NON et NON ! la politique est une affaire trop sérieuse pour être assimilée à une partie de poker menteur, au cours de laquelle on avancerait les pions des autres ... Rentrer dans ce "jeu", c’est cautionner les petites et grandes combinaisons d’appareils, au détriment de ses convictions personnelles... Laissons donc s’opérer la sélection naturelle au sein du " zoo" de la droite et occupons-nous de notre propre "jungle" à nous. Le respect d’une moralité politique minimale commande, selon moi, le refus de tous les déguisements même stratégiques

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    • Tentations Primaires pour un électeur de gauche 21 novembre 2016 17:21, par Bernardino

      Plagiant Georges Clemenceau qui disait : “La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires.” J’aurais envie d’écrire : "La politique est une chose trop sérieuse pour la confier à des gens qui y font carrière..."

      Moi qui, du moins je le crois, moi qui suis profondément Républicain (au sens premier du terme avant que d’autres ne s’arrogent cette "étiquette" au profit d’un parti), voilà que je me prends à rêver des Etats Généraux.

      On me rétorquera que ce système était tout de même loin de la perfection ! Mais qu’en est-il aujourd’hui des Hommes politiques ayant pour la plupart fait l’ENA. Je ne me sens pas représenté dans les instances actuelles de la République.

      "Moi, Président", je fermerais l’ENA, j’essaierais de faire en sorte que tous les Français puissent s’exprimer, qu’ils soient réellement représentés à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Et ailleurs. Et pourquoi ne pas faire comme pour les jurés d’Assises ? Tirer au sort sur les les listes électorales ?

      Mais je suis sans doute beaucoup trop utopiste... Parce que pour adopter mes propositions, il faudrait modifier la Constitution... Or, qui peut procéder à cette réforme ? Les députés, voyons ! Mais peut-on imaginer un seul instant qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont (très confortablement) assis ?

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Tentations Primaires pour un électeur de gauche

Publié le: 16 novembre 2016
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