| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

Quand les deux sénateurs de la Mayenne, Jean Arthuis et François Zocchetto, oscillent. D’une tête politique à l’autre. D’un bord à l’autre. Les 2 mayennais ont montré qu’ils avaient cheminé du centre de François Bayrou (MoDem) à l’UMP Nicolas Sarkozy qui a fait 53,07% des voix dans le département. Un score en Mayenne à l’envers de celui mettant au niveau national Hollande gagnant. C’est ce qui s’est passé pour cette présidentielle mais c’est ce qui se pratiquait déjà depuis plusieurs années. Quitte à désarçonner les électeurs qui ne semblent plus comprendre. Ou trop bien !

- par Thomas H.

vec une régulation de métronome, ils savent naviguer en fonction de l’air ambiant. Les 2 sénateurs de la Mayenne Jean Arthuis, et François Zocchetto sont allés du soutien inconditionnel à François Bayrou et son MoDem, au ralliement de dernière minute, se rapprochant de Nicolas Sarkozy à quelques jours du second tour et ce malgré ses « dérives droitières ». Comme si, il fallait constamment aller du coté où le pouvoir serait évident, paraissait le plus fort ! Ils ont peut-être cru à « la vague »

Jean Arthuis

« Brisé » - Le Président de l’Alliance Centriste écrivait dernièrement sur son blog : « Je voterai Nicolas Sarkozy parce que le programme économique et financier de François Hollande est illusoire. Nous n’avons cessé de le souligner pendant cette campagne présidentielle.

C’est dire mon étonnement et ma tristesse. Mon étonnement tant François Bayrou a stigmatisé l’irréalisme du candidat socialiste. Ma tristesse puisque l’espoir d’un partenariat confiant avec le président du Modem est brisé. La refondation de la famille centriste se fera au centre droit. »

Allusion au fait que Bayrou ait déclaré voter Hollande à titre personnel. « Brisé » à moins qu’en 2017 ! Tout ce beau monde, situé au centre, se rabiboche !

« L’incohérence » - François Zocchetto « voulait ne pas changer de style de présidence  » et regrette sur son blog que « François Bayrou [ait choisi] l’incohérence en votant pour un candidat qui promet plus de dépenses et qui ne dit pas la vérité aux français.

Le choix de François Bayrou n’est pas le mien et je le regrette profondément. Pour ma part, je confirme mon soutien à Nicolas Sarkozy dont le programme me parait le plus proche de ce que souhaitent les centristes, et en particulier les élus ».

Mais pas les Français. Car la Mayenne fait figure de vilain petit canard en ayant voté à 53% pour le président sortant. A rebours de la France.

François Bayrou La tactique politique de Jean Arthuis - ou est-ce un hasard ? - c’est à n’en plus douter ressembler à « un centre à géométrie variable  ».

Et la tactique, cela a été de tenter de se positionner sur « le bon cheval  », en raison de la perception que l’on a du bon numéro. Comme s’il s’agissait de parier. D’ailleurs en Mayenne, terre équine, l’emblème du département, c’est Pégase, le cheval ailé. Alors !

Miser sur le bon cheval - Et Jean Arthuis qui possède des chevaux connait bien la musique ! En Octobre 2010, le président du Conseil général de la Mayenne écrivait publiquement au premier ministre François Fillon : « une fois encore, je ne peux que déplorer la complaisance du Gouvernement qui s’acharne à dépecer durablement le département de la Mayenne de ses services au public ». Presque des accents de leader Gauche, à tout le moins dans l’opposition.

En Avril 2010, Il dressait sur Mediapart un réquisitoire sévère contre la politique fiscale du gouvernement de Nicolas Sarkozy. L’ancien ministre des finances plaidait pour un véritable contre-projet fiscal.

copyright : leglob-journal.frRemise à plat en creux - Il n’avait pas toujours été aussi en désaccord avec la politique menée pendant les 5 ans du mandat qui s’achève. Interrogé par exemple par Libération le 19 mai 2008, quand les choses allaient encore bien pour Sarkozy, il avait souhaité une « abrogation des 35 heures  » qualifiées d’« usine à gaz  ». Le sénateur avait expliqué que cette suppression devait aller selon lui de pair avec une remise à plat du financement de la protection sociale. Ni plus ni moins.

Jean Arthuis estimait aussi qu’il ne fallait pas fléchir sur les suppressions de poste de fonctionnaires partant à la retraite. Déjà une approbation de la politique menée par le gouvernement de François Fillon. Et pour aller plus loin encore ! Mais Jean Arthuis peut faire « volte face  », car selon certains de ces détracteurs en Mayenne ; il « a du mal à se stabiliser ».

3e homme - Il avait misé un temps sur le ticket Bayrou pour les présidentielles de 2007 comme en 2012 et très vite, après la défaite, il avait pris du champ. En privé, il expliquait, que Bayrou était une « lessiveuse » capable dans un scrutin de blanchir des voix ; capable de report de voix de la droite à la gauche, ce qui pour lui n’est pas concevable.

Juste avant le deuxième tour de la Présidentielle, Jean Arthuis n’a pas fait autrement ou différemment. Il s’est décentré et a glisser tout à droite.

De retour dans le staff de campagne de François Bayrou en 2012 et après l’avoir bien critiqué, ils se sont exposés au premier plan. Nous les avons vu dans des réunions de préparation de l’élection au coté du patron du MoDem. Quant aux 2 sénateurs, ils se « voyaient déjà » comme dit la chanson. Quand François Bayrou, lui, se rêvait à nouveau en 3e homme.

Le président sortant - Sifflé sur le podium du Président sortant au cours d’un meeting des derniers jours quand il expliquait qu’il était avec Bayrou, Jean Arthuis a très vite calmé le jeu quand il a déclaré aux militants UMP qu’il était devenu sakozyste. François Zocchetto à fait de même.

Mayenne ancrée à droite - En 2007, Yves-Marie Adeline président de l’Alliance royale qui fut le directeur de cabinet de Jean Arthuis en Mayenne avait annoncé publiquement sa candidature à l’élection présidentielle avant de la retirer.

Ce royaliste qui a travaillé en Mayenne près de Jean Arthuis voulait proposer « une alternative aux institutions que [les Français] connaissent depuis si longtemps […] ». Quelque chose de royal assurément !

Yves-Marie Adeline qui enseigna à l’Université de Poitiers de 1986 à 1989 est marié. C’est le père de huit enfants, peut-on lire sur le site de Alliance Royale.

Le FN à Toulon - En 1989, il avait quitté l’enseignement universitaire, et en 1992, il fut recruté comme directeur de Cabinet de Jean Arthuis au conseil général UDF de la Mayenne, puis en 1997 conseiller pendant 18 mois de Jean-Marie Le Chevallier, le maire Front national de Toulon. Voilà qui devait être rappelé.

Les électeurs mayennais ne pourront que se souvenir des changements de barre du Président du Conseil général de la Mayenne. Ils retiendront les revirements. Les passages d’un camp à l’autre, les positionnements un temps dans le camp de François Bayrou qui se revendique, à droite, de l’humanisme pour finalement gagner celui du « candidat sortant » qui a tout mis en œuvre pour draguer les voix du Front national.



Réagir

Tourner casaque pour finalement « prendre une veste » !

Publié le: 11 mai 2012
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-mayenne
Politique Droite LR
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Nous contacter : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2017 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS