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Par Gildas Charlès - C’est la lecture d’articles sur leglob-Journal et notamment ceux récents de Julie Vandard, mais aussi ailleurs qui ont décidé Gildas Charlès comme il le dit lui même « à poser par écrit ces réflexions ». Des actes pour des paroles de citoyen conscient. Dans cette Tribune Libre, il nous fait part de ses ressentis et de ses points de vue, sur et autour de la politique pour laquelle il est allé jusqu’à s’encarter. Comme il l’écrit, « en 1988, même si je ne pouvais pas voter, (...) je courais pour Chirac... » et en 1995, ce fut le temps de « ma première vraie désillusion ». Le voilà à présent sur leglob-journal avec le recul et le temps nécessaire de la réflexion. Pour partager et réagir, car il sait comme d’autres, que 2017, c’est déjà demain.

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J’aime à reprendre cette interpellation soixante-huitarde «  D’où parles-tu camarade ? ». La réponse aide à la mise en perspective des propos qui sont tenus par tel ou tel.

Breton, père de trois enfants, divorcé, bachelier, autodidacte, travailleur indépendant, athée, membre de deux associations (photographie et astronomie), parent d’élèves engagé (public et privé) et Lavallois depuis presque 11 ans, je suis depuis longtemps intéressé par la politique.

Tribune Libre

Par Gildas Charlès

Aussi loin que portent mes souvenirs, j’arrive à l’élection de François Mitterrand en 1981. A l’époque, je n’avais que 10 ans, il faut croire que cela marque. Ensuite en 1988, je me suis plus impliqué, même si je ne pouvais voter, collages d’affiches, meetings… J’avais obtenu de mon prof’ d’histoire, M. Blanchot (Lycée de La Fontaine-des-Eaux à Dinan) de pouvoir présenter en classe une étude comparative des propositions des principaux candidats (Mitterrand, Chirac, Barre, Le Pen, Lajoinie, etc. ).

L’exercice était intéressant tant la confrontation des programmes de chacun mettait déjà à mal les notions de Droite et Gauche. Je revoit également M. Blanchot en ce matin du 9 mai 1988 nous accueillir en classe, ouvrir bien grand son Ouest-France affichant en une la victoire de Mitterrand et surtout le regard réjoui qu’il me jeta. Ah oui, j’ai omis de préciser qu’à cette élection, je courais pour Chirac… Ce qui m’a repris en 1995 ; j’ai même poussé jusqu’à prendre ma carte au RPR. Seule et unique fois d’ailleurs. Mais passons, il y aurait tant à dire.

De cette élection, date ma première vraie désillusion face à notre caste politique et sa propension à ne satisfaire au final que ses propres intérêts ? Je sais, je suis en train de faire dans le populisme.

Chirac avait fait toute sa campagne sur cette fameuse notion de « fracture sociale », ligne qu’il devait à Philippe Seguin et François Fillon. Et qui choisit-il comme Premier Ministre ? Alain Juppé, pas vraiment le grand animateur de cette approche. Sept plus tard, dont cinq de cohabitation, pas la peine de retirer son plâtre à la France, la fracture n’est pas résorbée.

Vient ensuite 2002 et le second tour que nous savons. Chirac élu avec les voix de Droite et de Gauche, l’occasion d’ouvrir - je suis naïf - une nouvelle façon de faire de la politique ? Cela aurait pu, cela aurait dû.

Arrive 2007, Sarkozy, de nouveaux espoirs ; enfin les choses vont bouger. Dois-je préciser que les cinq années qui viennent de passer n’ont pas vu la moindre amélioration sur le front du chômage pour ne prendre que cet exemple. Trente ans déjà que l’on nous joue cet air « avec moi, tout sera mieux !  » L’artiste semble(ait) prometteur. Tellement qu’en 2012, congés lui est donné.

Hollande, avec Le changement, c’est maintenant » prend la barre du navire France. Et en effet, il y a eu du changement. De président et de majorité, et… c’est tout ! La désillusion a été encore plus rapide. Mêmes recettes dans les mêmes vieux pots avec toujours les mêmes têtes au pouvoir ? Pire, la politique de Gauche attendue se transforme en social-libérale, voir sur les derniers mois, des approches que la Droite ne renierait pas normalement ; mais n’oublions pas, en France, il y a toujours une Majorité et une Opposition, la notion de consensus est rare.

Et donc voici venir 2017, l’élection de la dernière chance à lire certains commentateurs. La hantise de revoir se jouer 2012, Sarkozy-Hollande, ou pire 2002 avec Le Pen, fille cette fois, mais contre qui ???

e qui m’amène à ces réflexions :

Qu’avons-nous donc raté au cours de ces quarante dernières années pour en arriver à une telle déliquescence ? Un chômage qui ne cesse d’augmenter, devenu variable d’ajustement tant des entreprises que des politiques gouvernementales. Une dette abyssale, ah qu’il est agréable de vivre au-dessus de ses moyens !

Pourquoi, nous citoyens, avons-nous abandonné la politique ? Les médias faisaient leur miel il y a peu de ce constat : «  Seul 1% des français est encarté à un parti politique  ». Quand je dis abandonner, je dois préciser. Pourquoi avons-nous laissé la chose publique à une caste politique, qui ne parle et n’agit plus pour et par le peuple ?

Pourquoi tant d’abstention aux élections ? L’offre politique est-elle à ce point indigeste ? Pourquoi tant d’intérêt pour la forme alors que seul compte le fond ?

Comment pouvons-nous accepter de renouveler leurs mandats à des hommes et femmes qui au final ne le méritent pas ?

Pourquoi tant d’importance donnée à ces sondages dits d’opinion ; «  Les Français pensent que... ». Non les Français élisent des hommes et des femmes politiques, sur la base d’un programme, pour une durée donnée. Est-ce donc si dur à respecter ? Tant du côté des électeurs déçus, puis de ceux qui ne s’expriment pas ou plus, que de celui des élus ? Oui, nous sommes en démocratie, le Peuple doit pouvoir s’exprimer. A tout moment ? Sur ce dernier point, je pense qu’il y a d’abord les élections pour cela. Ce qui ne veut pas dire que nous devons nous taire entre ces moments.

Aujourd’hui nous avons une chance, il est possible à chacun d’interpeller beaucoup plus facilement et surtout de manière plus visible nos hommes et femmes politiques. Les réseaux sociaux peuvent montrer une utilité en cela, comme Twitter par exemple. Cela permet une veille par rapport aux dires et actions de ceux qui nous gouvernent. Une manière aussi d’amener les citoyens à se réengager dans une forme d’action politique. Probablement, mais cela doit trouver son prolongement sur le terrain, IRL (NDLR : sigle de In Real Life : dans la vie réelle, par opposition à la vie dématérialisée ) comme on dit maintenant. Des mouvements comme Nous Citoyens, Les Zèbres et d’autres en sont aussi la traduction.

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Tribune Libre - « Je [ne] suis [pas] en train de faire dans le populisme »

Publié le: 5 septembre 2016
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