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« Laissons les enfants croire au Père Noël, il leur permet de se rendre compte qu’ils sont les “bienvenus” sur terre ». Ne dénigrons pas cette coutume semble dire en filigrane cet expert en sociologie qui pense que cela les aide à grandir et à devenir des adultes. Et donc les Père Noël sortent un peu partout. Sur les affiches, à la télé, dans les grandes surfaces et même sur leglob-journal. De l’utilité donc, semble-t-il de la croyance en cet individu bien intentionné - on veut le croire - qui a enchanté et continu d’enchanter ce qu’on appelle les Fêtes de fin d’année. Aussi aurait-on de plus en plus en plus le besoin et l’envie de “croire au Père Noël”. Et dans tous les domaines. La politique, l’Emploi, les relations internationales, etc. En tout cas, à coté des thématiques compliquées, il subsiste celles qui sont d’une simplicité quasiment enfantine, comme celles que véhiculent les contes de Noël mais qui finalement font du bien. Ce conte de Noël là écrit par Lionel B. en est la preuve immédiate.

- Par Lionel B.

Georges n’était pas vraiment vieux mais pas tout jeune non plus. Du haut de ses 82 ans, il avait encore l’allure légère et l’esprit vif. Il habitait en plein cœur d’une grande forêt où les grands chênes côtoyaient les sapins et les hêtres. Il l’a connaissait bien dans tous ses recoins depuis que lui et Léontine, sa brave jument, l’arpentaient de long en large. Tous les deux partageaient une petite cabane dans une clairière. Durant les mauvais jours, ils se réconfortaient mutuellement d’un regard ou d’une caresse suivie d’un hennissement de joie.

C’était cela sa vie à Georges depuis que sa brave femme l’avait quitté pour rejoindre un autre monde. Le mois de décembre tirait à sa fin et déjà le temps prenait une autre allure. Le ciel gris annonçait l’arrivée des premiers flocons et le vent glacial secouait les branches d’arbres. Georges avait passé sa journée avec Léontine à sortir des troncs d’arbres tombés au beau milieu de la forêt. Cela lui fera un bon stock de bois pour brûler dans sa cheminée. Fatigué et engourdi par le froid, il se mit en route dans sa charrette pour rejoindre sa maison. La nuit tombe vite dans la saison, mais Léontine connaissait le chemin par cœur. Georges lui faisait confiance.

Les premiers flocons commençaient à virevolter. « Il va être grand temps de rentrer Léontine si l’on ne veut pas coucher dehors ! Je crois que la neige est au rendez-vous ce soir ! » cria-t-il à Léontine qui se mit aussitôt en route. En effet, petit à petit le sol se mit à blanchir. Les flocons minuscules au départ tombaient maintenant à grande volée. Ils étaient aussi gros que des billes ou même des boulets.

Christmas is getting a brand new look - © Chappatte, dans The International New York Times (22 Déc. 2015)

Georges les regardait et s’amusait à en attraper quelques-uns au vol. Il alluma le falot de sa vielle guimbarde afin d’éclairer le sentier d’une lueur blafarde. Puis la fatigue et l’obscurité qui tombait eurent raison de lui. Ses yeux se fermèrent doucement tandis que Léontine poursuivait tranquillement son petit bonhomme de chemin. Elle connaissait bien la route et avait hâte de se rouler dans la paille pour se réchauffer. Un vieil homme endormi dans une charrette tirée par un cheval sur un chemin couvert de neige au milieu d’une immense forêt, voilà une drôle de situation. Le silence était total hormis le crissement léger de la neige sous les sabots de Léontine. Seul, le hululement d’une chouette lointaine perturbait cette tranquillité.

Pourtant Léontine avançait à son allure malgré les bourrasques de vent qui faisaient tourbillonner les gros flocons. Tout à coup, elle s’arrêta net ! La secousse réveilla Georges. « Qu’est ce qui se passe ? » se demanda-t-il. « Allez, hue avance Léontine ! ». Léontine ne bougeait pas comme paralysée. On aurait dit que quelque chose la bloquait et l’empêchait d’avancer. Le vent se mit à souffler beaucoup plus fort. Les rafales devenaient presque inquiétantes. Les flocons se plaquaient sur le visage de Georges et les oreilles de Léontine.

Tout à coup, parmi ses milliers de petits nuages blancs tombant du ciel en apparut un, plus gros, étincelant d’or et d’argent. Il se mit à tourner autour de la charrette de plus en plus vite, avant de venir se poser délicatement à côté de Georges. Un grand coup de vent obligea Georges à fermer les yeux un instant. Quand il les rouvrit ce qu’il vit le fit sursauter et lui donna des frissons. Léontine se mit à hennir doucement en grattant de sa patte et la neige s’arrêta de tomber. Georges n’en revenait pas ! Assis près de lui se tenait un bonhomme avec un manteau rouge et une grande barbe blanche : Le Père Noël en personne !

Encore sous le choc de cette rencontre, Georges se frotte les yeux et soudain prends peur. « Qu’est- ce qu’il m’arrive ? Je rêve ou quoi ? » . Alors le Père Noël lui prends délicatement le bras et d’une voix douce lui dit : «  Georges, j’ai besoin de ton aide et de celle de Léontine. Je sais que tu es un homme brave en qui je peux avoir confiance. Mes rennes sont tombés malades hier et je n’ai plus de traîneau pour effectuer ma grande tournée de ce soir. Prête- moi Léontine et ta charrette je te la ramènerai dès demain matin ».

Mais oui, nous sommes le 24 décembre se rappelle tout à coup Georges. Demain c’est Noël ! Ma brave Léontine et le Père Noël, je n’ose pas y croire. « Alors, acceptes- tu de m’aider ? », demande d’une voix pressante le Père Noël. « Ben oui  », murmure notre vieil homme «  Je vous accompagne si vous voulez  » ajoute-t-il avec un large sourire aux lèvres. « Cela ne sera pas nécessaire Georges, néanmoins je te remercie de ta proposition. Repose-toi et laisse-moi faire mon travail. Bonne nuit !  ». Un éclair violent se produisit alors, plongeant Georges dans un profond sommeil.

Le jour commence timidement à se lever. Un léger rayon de soleil caresse les vitres de la chambre de Georges. Celui-ci pousse un soupir au fond de son lit et ouvre un œil. « Tiens, il ne neige plus ! ». En se relevant doucement il aperçoit sa cheminée où un bon feu de bois crépite joyeusement. « Ben c’est quoi ce paquet ? » s’exclame- t-il. En s’approchant pour se réchauffer, il saisit ce cadeau tombé du ciel et l’ouvre. Surprise ! Une belle paire de bottes toute neuves, noires comme celle du Père Noël ! « Sapristi ! Mais alors ? ».

Il se précipite dans la pièce qui sert d’écurie à Léontine. Il n’en croit pas ses yeux. Les vielles planches, le sol humide et les murs fissurés ont laissé la place à un magnifique enclos garni de paille aux mangeoires remplis d’avoine. Léontine pousse un léger grognement en lançant un regard plein d’émotion à Georges. Dans la cour la charrette ne ressemble en rien à celle que possédait notre homme des bois. Toute rutilante et brillante avec des coussins capitonnés, Georges n’en croit pas ses yeux. Sur le sol un message écrit dans la neige. « Merci à vous et joyeux Noël ! » Les rayons du soleil commencent à faire fondre les lettres. De retour auprès de Léontine, Georges l’embrasse. Les larmes lui coulent le long des joues. « Tu vois Léontine, je n’ai pas rêvé !  ».

Dessin reproduit avec l’aimable autorisation du dessinateur de presse Chappatte que vous retrouverez régulièrement dans leglob-journal.


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« Tu vois, je n’ai pas rêvé ! »

Publié le: 24 décembre 2015
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