UNL-SD en Mayenne : des lycéen.ne.s déterminé.e.s

tribunelibrenew-20.jpgDes générations montantes, cinquante ans après Mai 68, bien décidées à en découdre. «Depuis qu’Emma-nuel Macron est au pouvoir, la seule chose qu’il ait réussie, c’est son entreprise de démolition de l’Éducation. Plan Étudiant, Parcoursup, tout ça n’est qu’écran de fumée qui cache les véritables problé-matiques des lycées et des universités de France.» déclare la Fédération de l’Union Nationale Lycéenne – Syndicale et Démocratique (UNL-SD), implantée en Mayenne sous le nom d’UNL-SD 53. Son porte-parole signe cette Tribune Libre sur leglob-journal.


Par Samuel Budimir*


L’UNL-SD 53 a décidé avec l’ensemble des syndicats professionnels de lutter contre la politique dévastatrice du Président de la République en menant blocus, manifestations ou occupations pour montrer à l’État que les lycéen.ne.s ne sont pas prêts à se laisser marcher dessus. Au nom de la fédération, je peux vous dire que la politique de M. Macron est impitoyable et injuste envers les personnes qui représenteront la société de demain. Cette politique de destruction ne mènera nulle part, si ce n’est à l’étranglement d’un système éducatif déjà à bout de souffle. La loi sur le Plan Étudiant en est un parfait exemple.

Selon le gouvernement, la loi de Mme Frédérique Vidal [Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, NDLR] devrait permettre d’«accompagner chacun vers la réussite». Je pense que cette loi n’a en fait de bon, que son nom. En effet, certains points de ce texte restent flous voir même inutiles à réaliser.

Tout d’abord, l’Éducation Nationale voudrait instaurer deux professeurs principaux dans chaque classe de terminale pour mieux accompagner les élèves dans leur projet d’orientation. Mais alors que certains lycées ont déjà du mal à trouver un seul professeur principal pour une classe de terminale, M. Macron prétend avoir un pouvoir capable de garantir ces deux professeurs principaux pour chaque classe de terminale de chaque lycée de France.

Ensuite, le Président de la République voudrait instaurer deux semaines d’orientation dans l’année de terminale afin d’affiner, avec l’aide des fameux «deux professeurs principaux», les vœux d’orientation des lycéen.ne.s et d’éviter ainsi l’échec en première année de Fac. Effectivement, il y a bien 60% d’échec en Licence 1 toutes orientations confondues, mais elle n’est pas due à une erreur d’orientation, mais plutôt pour une grande partie, au salariat étudiant. Ce salariat étudiant est responsable d’un tri social entre étudiant.e.s qui peuvent se permettre d’étudier sans devoir travailler et ceux qui ne le peuvent pas. Quand certains passeront leurs soirées à réviser, d’autres devront sacrifier leurs études en allant travailler d’où le pourcentage si grand de l’échec en première année de Licence.

Nouvelle trouvaille d’Emmanuel Macron, l’examen du dossier d’orientation des lycéen.ne.s par le conseil de classe, car en plus d’ajouter un examen d’un dossier et la rédaction de «fiches avenirs» aux professeurs, qui au passage ne travaillent jamais c’est bien connu, ce conseil de classe aura un droit de regard sur l’avenir des lycéen.ne.s. De quel droit, au nom d’une prétendue «aide à l’orientation», certains conseils de classe pourront statuer sur ce qui confirmera, dans le meilleur des cas, ton avenir et dans le pire des cas, le détruira.

La banderole portée à Laval par les lycéen.ne.s de l’UNL-SD 53 lors de la manifestation du 22 mars 2018 – (c) Photo leglob-journal

Dites adieu à APB et souhaitez la bienvenue à sa copine Parcoursup ! Avec cette grande avancée en matière d’égalité des chances, vous aurez le plaisir d’être sélectionné en fonction de votre dossier scolaire, vos notes, l’avis du conseil de classe, la réputation de votre lycée, votre quartierd’habitation… j’en passe, et des meilleurs !

Plus sérieusement, à l’issue de tes dix vœux d’orientations non-hiérarchisés que tu auras fait, ne seront donc plus entre tes mains. Charmant, n’est-ce pas ?Attention, le point à venir est à mes yeux, le moins démocratique. Amoureux de la République rangez vos idéaux et voyez. Si déjà tu as réussi à passer ce parcours du combattant, ton calvaire n’est toujours pas terminé.

En effet, le gouvernement veut mettre en place un système de «pré requis» qui permettent aux Facs de choisir ses universitaires en fonction des attentes imposées par la filière. C’est donc au nom d’une meilleure orientation des élèves que te voilà rendu à te dire que le Bac n’est plus la précieuse clef qui te permettait d’entrer dans l’université de tes rêves. En plus de dé-crédibiliser le rôle premier du Baccalauréat, tu devras te battre pour prouver la validité de tes acquis qui seront bien entendu fleuris d’une expérience de 17 ans sans précédent !

Le meilleur est pour la fin, comme on dit! Depuis 2009 les budgets des universités ont été réduits de 600 millions d’euros, l’État propose un investissement d’un milliard d’euros alors qu’il en faudrait au moins quatre pour pouvoir lutter contre la précarité étudiante, la vétusté des universités, le numérique, etc. Là encore, le gouvernement tente de saborder vos études, et à travers ça, votre avenir.

Tous ces points que j’ai détaillés ne sont que des exemples, car d’autres sont pires encore comme la suppression de la sécurité sociale étudiante, ou l’ajout d’une nouvelle mutuelle étudiant à payer. Le gouvernement remplace un système de sélection injuste, par un autre système de sélection injuste.

C’est simple, les étudiants ne choisissent plus leurs universités, c’est l’université qui les choisit. Avec des paramètres comme l’étude de ton dossier, tes notes, du type de bac que tu as passé, de l’avis du conseil de classe et implicitement, la réputation du lycée, cela va créer de fait, une réelle inégalité des chances entre élèves venant des «bons» ou des «mauvais» lycées.

Aujourd’hui, nous vivons dans une société où chacun peut participer au débat, que se soit dans la rue ou dans les instances, et les deux se valent ! Ce qu’Emmanuel Macron veut mettre en place est donc une atteinte à la démocratie car les deux instances consultatives lycéennes, le CSE (Conseil supérieur de l’Éducation nationale) et le CNVL (Conseil nationale de la vie lycéenne), ont tous deux voté NON à la loi de Mme Vidal et au projet qu’à Emmanuel Macron pour les étudiant.e.s !

NON à la sélection, NON à la destruction de l’Éducation, NON au Plan Étudiant, NON à Parcoursup ! C’est pour cela que l’UNL-SD a décidé de réagir, et de proposer un Contre-Plan Étudiant ! Ce que nous portons, est bien plus qu’une illusion irréalisable, c’est une idée de grand progrès. Son projet de Contre-Plan Étudiant propose une vision claire et adaptée de l’Éducation.

Lycéennes, Lycéens, je vous appelle à vous mobiliser auprès de l’UNL-SD 53 le 3 avril, le 19 avril et bien après encore ! Au nom de la Démocratie, du respect de l’Éducation, rejoignez nous ! Vous êtes dans le présent d’une lutte inépuisable face à un gouvernement qui veut vous imposer un avenir que vous ne voulez pas ! Osez le dire, et alors vous serez les témoins de demain qui direz «J’y étais», comme le disent aujourd’hui ceux de la révolte de mai 68.

*Samuel Budimir est responsable Fédéral de l’UNL-SD 53 en Mayenne

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