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Quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse, le passif après 4 ans de mandat sera toujours plus fort.

Les arguments sont dévalorisés. Le tempo n’est plus au beau fixe, et la perception est entachée de matières négatives qui plombent.

Le roi essaye de se refaire une image positive, le voilà en campagne, mais il a dès le départ mis sa culotte à l’envers et depuis il court à nouveau pour gommer ses propres erreurs.

Extrait du Discours de Saint Jean de Latran sur la laïcité

Passer en force

Les fastes du roi n’ont pas du tout été appréciés de son peuple. Dès le début. Dans un restaurant choisi en comité restreint du premier cercle il s’est donné en spectacle. Il s’est laissé griser sur le yacht prêté par un de ses vassaux. Et dans les airs, il a voulu un avion à sa démesure. Mauvaise perception !

Sans compter les agissements doués de paroles négatives, tout au long de son mandat qui l’ont éloigné du peuple. Comme l’épisode du Karcher en banlieue, le « casse toi pov’con ! » du Salon de l’agriculture, ou bien le « descend ! Si t’es un homme  » envoyé au pécheur du Guilvinec.

Rupture parfaite

Phrase emblématique du Président peinte sur un mur en villeLes réformes prétendument appelées par les Français ? Certaines sont passées mais à quel prix ! Le service minimum imposé par la loi lors des grèves est à présent entré dans les mœurs, mais les retraites ont permis de faire descendre dans la rue des millions de Français et de cristalliser contre le N°1 français et son équipe.

L’homme de la rupture a admirablement rempli son rôle. Le roi mâtiné de Thatchérisme intransigeant a imposé un épisode ultralibéral aux Français comme il s’y était engagé avant l’élection. Le pays a connu l’hyper présidentialisme à tout crin, mettant le Président toujours en première ligne, sur le devant de la scène médiatique, qui en redemandait. Aux risques de lasser et d’exaspérer, ce qui advint. Pour une rupture, manifestement c’en est une ! Sauf que la perception du rôle du Président de la République s’en trouve amoindri. Et la République aussi.

Manifestation du 7 septembre 2010 à Laval pour une réforme des retraites plus juste

Un pays replié</h3>

Sous ce mandat, à un an des élections, la France donne l’image d’un pays recroquevillé sur lui-même, même si des initiatives perçues comme positives sur la scène internationale lui redonne un peu de lustre. Mais dans l’hexagone le peuple s’est muni majoritairement d’une carapace pour se protéger des coups qui pleuvent.

Réformer, c’est mener un pays vers plus de progrès, or les Français ont le sentiment que c’est la régression qui mène les réformes.

Sous ce mandat, on a appris qu’il était possible pour des ministres de rester en place jusqu’à un remaniement providentiel même s’ils ont prononcé des paroles racistes tombant sous le coup de la loi. Montrer l’exemple en prônant les valeurs de la République : ce n’est plus concevable. Et dans le même temps d’autres ministres n’ont pas pu rester en poste parce qu’ils étaient en désaccord et qu’ils l’ont fait savoir publiquement.

Populisme, laîcité positive

Sous ce mandat, le populisme a fait sa réapparition. C’est une attitude, un mouvement dans la politique qui prétend incarner et défendre les aspirations, les préjugés du peuple considéré comme une entité. Le populisme incarne une corruption idéologique de la démocratie, et en révèle les dysfonctionnements.

Le flou a été savamment entretenu entre les excès de l’extrême droite et une certaine capacité à puisé en elle par cette droite décomplexée.

Journal indépendant en Mayenne

Sous ce mandat, on a apprit que la laïcité devait être « positive […] et ne pas considèrer que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. » Dès Décembre 2007 à Saint Jean de Latran lors du discours de réception par l’Eglise prononcé par le Président de la République, on découvrait que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. […] ». Oups !

Sous ce mandat, on a caressé (et on continue de le faire) dans le sens du poil les ouvriers uniquement quand il faut regagner des points au baromètre des intentions de vote et faire des images du Président au cœur du social. Alors que les réformes de manière générale les obligent à travailler plus longtemps pour une pension plus hypothétique et des salaires gelés. On a ciblé un électorat extrème en stigmatisant les étrangers en rupture avec les valeurs républicaines. Sans scrupules.

Communication hypermaitrisée

Trois façons d'être, trois styles différents

Sous ce mandat, la communication et le story telling ont fait florès. Raconter une histoire par jour c’était l’objectif au début, peut-être pour fatiguer les organisations syndicales débordées et tâter l’opinion publique. La retouche photographique a aussi sévi dans les magazines à grand tirage, ainsi que le limogeage au plus au niveau dans des médias privés, ou non, et détenus par des amis.

Sous ce mandat le pays a apprit l’indifférence, le désarroi et le découragement. Le laisse-faire et l’apathie, c’est-à-dire l’indolence à réagir. Individus, collectivités, institutions ou organismes syndicaux ne sont plus aussi actifs.

Ce sous mandat s’achève. Et après, qu’en sera-t-il ? En l’occurrence, quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse, le passif à son actif sera toujours plus fort.


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Un bilan de roi

Publié le: 29 avril 2011
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