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Le "numéro 1 mayennais" vient d’écrire au Ministre de l’Intérieur pour réclamer le départ « dans les plus brefs délais » d’un islamiste assigné à résidence en Mayenne. Le président du Conseil départemental le fait savoir en rendant publique la lettre qu’il a envoyée au N°1 de la Place Bauveau.

- Par Thomas H.

Le moins qu’on puisse dire c’est que ce transfert ne fait pas les affaires de l’avocat et président du Conseil départemental de la Mayenne. L’attitude semble procéder - quand on y regarde de plus près - du principe du "partout ailleurs mais pas chez nous !"

L’UDI Olivier Richefou ne souhaite semble-t-il pas plus que cela, prendre sa part dans l’accueil en France d’un islamiste assigné à résidence sur le territoire français par la force de la Justice et ce depuis des années. Il l’a écrit directement au ministre en demandant que « cette situation imposée par l’État français et la Cour européenne des Droits de l’Homme (...) s’inscrive dans un temps le plus court possible ».

Dans un courrier adressé officiellement au ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve l’élu mayennais réclame le départ d’un islamiste algérien qui vient d’être assigné à résidence à Évron en Mayenne en rappelant que cette assignation se fait « au frais du contribuable malgré quelques libertés contraintes, et conditionnelles (couvre-feu personnalisé, pointage régulier à la gendarmerie) ». Il craint la contamination par sa présence sur le sol mayennais.

Ce que craint donc Olivier Richefou, c’est qu’il ne « se fonde à la population locale ». Car il écrit qu’il s’agit Mayenne d’une mesure touchant « un individu dont le parcours est inspiré par un fanatisme religieux qui ne peut se prévaloir d’aucune cause défendable et [qui] bafoue le sens et les règles de notre République (...) »

Déplacé de département en département depuis 2011, Merouane Benahmed a été « condamné en France pour des actes terroristes avérés » souligne Olivier Richefou qui souhaite que cette présence en Mayenne soit la plus courte possible, car pour lui c’est « une situation qui échappe totalement au principe de précaution de notre constitution ».

Merouane Benahmed est un membre du Groupe islamique armé (GIA) qui a été condamné à mort par contumace en Algérie, et qui ne peut donc être extradé en raison de cette condamnation contraire aux Droits de l’Homme. Il a été transféré de Saint-Affrique dans l’Aveyron où il était assigné à résidence depuis le 10 octobre dernier. Il arrive donc à Évron, vivra sous haute surveillance, dans une commune mayennaise située entre Laval et Le Mans.

« Même si elle est déconnectée des attentats du 13 Novembre insiste l’élu mayennais en invoquant dans son courrier la “bienveillance” du ministre, le moins qu’on puisse dire ajoute Olivier Richefou est que la concomitance des faits est pour le moins choquante (...) Comment le département de la Mayenne, confronté comme d’autres à des phénomènes de radicalisation clairement identifiés, peut-il héberger un ancien membre d’un groupe islamiste radical en étant complètement certain qu’il ne profitera pas de lacunes potentielles dans le dispositif de lutte contre le terrorisme », interroge Olivier Richefou dans sa lettre dont leglob-journal a eu une copie.

Estimant que cette assignation à résidence constitue « une menace pour l’ordre public », il demande donc solennellement au ministre de l’Intérieur de l’informer et d’organiser « dans les plus brefs délais le départ » de Merouane Benahmed. Cet Algérien de 42 ans avait fui son pays en 1999, et avait été condamné à dix ans de prison en France dans le cadre de l’affaire dite des filières tchétchènes, soupçonnées de projeter des attentats à Paris.

Libéré en 2011, il vit depuis sous le régime de l’assignation à résidence, la Cour européenne des droits de l’Homme ayant refusé son extradition - comme le veut la loi française - en raison de sa potentielle condamnation à mort s’il rentre dans son pays en Algérie. Quant à ses demandes d’asile formulées auprès d’autres pays elles n’ont pas eu de suites, selon son avocate.

Cet homme marié et père de quatre enfants a été déplacé de commune en commune. Il avait été écroué à Brest, après avoir vécu à Châteaulin dans le Finistère, en Anjou et puis dans l’Aveyron. Avant de se retrouver donc à Évron en Mayenne où le N°1 du département - logiquement et sans plus de ménagement - vient de le déclarer officiellement persona non grata.


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Un islamiste algérien condamné à mort dans son pays, persona non grata en Mayenne

Publié le: 26 décembre 2015
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