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Décidément, rien n’aura été conventionnel, rien de stable dans cette campagne pour élire le Président de la République. Nous avons eu à faire à une élection qui aura surpris de bout en bout. Et même à quelques heures du second tour, rien n’est figé et même rien n’est certain, comme ce fut le cas par le passé si l’on remonte dans les élections présidentielles de la Ve République, où l’alternance prévalait, forte des clivages politiques classiquement établis.

Par Thomas H.

Le PpoF, le Paysage politique français, ces derniers mois aura bien été malmené. Il a été même secoué par des forces politique balayées par un vent mauvais. D’abord parce qu’il aura connu de grands bouleversements. En commençant par l’élimination des « ténors » professionnels de la politique française, comme François Hollande, utilisant le « renoncement » pour la première fois sous la monarchie présidentielle ou bien Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy, à qui des signaux forts ont été envoyés.

La volonté affirmée par les électeurs à la Primaire de la Droite de ne plus voir œuvrer les mêmes au sommet de l’Etat, selon le message donné, a abouti à se porter vers « un outsider », François Fillon qui avait été un Premier ministre certes, mais discret, et même un «  collaborateur » selon les propres termes du Président Sarkozy.

Un François Fillon, objet d’une descente aux enfers, avec un feuilleton juridico-politique qui a défrayé la chronique et pris le dessus sur le débat de fond de la campagne électorale. Discrédité, dans l’impossibilité de se faire entendre tant sa propre parole a été reniée par l’intéressé lui même, inaudible donc, François Fillon a été éliminé lui-aussi ; comme l’a été l’autre candidat de l’autre parti politique de gouvernement, le Parti socialiste ; PS et LR ayant été victimes à la fois de leur ancienneté et de l’usure au pouvoir, mais aussi des Primaires. Les deux « systèmes » de sélection - système, anti système ces mots ont émergé et se sont installés dans le PpoF - mis en place par les partis politiques qui se sont usés à gouverner sous la Ve République. PS et LR se sont fait « sortir » du champs de visibilité de cette présidentielle, que les observateurs – tout comme leglob-journal - ont qualifié d’ « inédite ».

Des Primaires qui se sont retournées contre ceux qui les avaient initiées. De forts soupçons de contre productivité ont d’ailleurs été pointés. « Jeu de petits chevaux » a-t-on pu entendre ici et là, pré-campagne, campagne trop longue, et donc usure psychologique de l’électorat. Il ne faut pas être grand clerc pour prédire que ce genre de processus importé des Etats-Unis ne devrait pas ou plus se déployer dans le futur.

Au jeu du « chamboule tout », le résultat après l’élimination forcée des 9 candidats ne figurant pas au second tour, est exemplaire. Se retrouve paradoxalement seuls en lice deux prétendants qui veulent remettre en cause chacun à leur façon les données établies. Chacun à leur manière aussi. Un candidat du « renouveau  » par la stabilité des institutions d’un coté et une candidate du changement de l’autre mais par le bouleversement radical.

Le changement, le bouleversement voulu dans les pratiques de la Ve République - cette dernière étant accusé de nombreux maux - c’est aussi l’annonce de la part de la candidate du FN du nom de son futur Premier ministre et ce avant le second tour. Inédit là aussi dans une élection de cette importance ; certains diront même innovant. Un transgression volontaire à des fins électoralistes d’un coté quand le candidat d’En marche ! - porté depuis le début de la campagne par une vague « vote utile », et incarnant le recours indispensable contre le FN - ne déroge pas aux us et coutumes de la Ve République qui veulent qu’on attendent le lendemain du second tour pour choisir son chef du gouvernement.

Rien n’est donc plus respecté. Et que dire de ce débat entre les deux finalistes ! Tant et si bien que ces nouvelles donnes, stratégiquement mises en avant par les candidats finalistes rajoutent de l’insécurité à l’inquiétude. Sans oublier la part d’incertitude liée à l’abstention ou bien au vote blanc, qui pourrait émerger de façon significative. Car les deux candidats sont loin de faire consensus. Même celui que les sondages donnent favori ne rencontre pas d’adhésion unanime.

De ce point de vue, il sera difficile de parler d’état de grâce, après l’élection. Quelque soit le résultat d’ailleurs. Il faudra oublier les anciennes pratiques de comptabilisation des jours pour arriver à cent, ce moment ou en politique « pas mal de choses commencent à se dégrader  ». Là, c’est dès le lendemain que la dégradation pourrait se mettre en place. Car le vote Macron est soit un vote d’adhésion, soit un vote pour faire barrage au FN, et dans ce cas précis ce vote de circonstance ne porte pas le programme du vainqueur dans son cœur.

Ceux qui ont soutenu par exemple Mélenchon, Hamon, Poutou et Artaud pourraient « prêter » ainsi leur voix jusqu’aux élections législatives où là, il serait imposé une cohabitation forcée par ces électeurs pour disent-ils « rappeler que le vote en faveur du Président élu n’est pas un blanc-seing ». Election « chamboule tout », décidément, dans un scrutin majeur qui rebat toutes les cartes, jusqu’à compromettre dès le début la légitimité et l’action du locataire de l’Elysée.


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Une campagne et une élection « chamboule tout », hors normes sous la Ve République

Publié le: 5 mai 2017
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