Une école bien malmenée

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Par Thomas H.

Les enseignants du service public en Mayenne comme partout en France sont majoritairement face à un mur. Ils s’interrogent sur le pourquoi de ce qu’ils vivent : «la lente dégradation de l’école» en général, comme si elle était stratégiquement programmée.

Ils défendent l’avenir de l’école de vos enfants et demandent que l’on soit respectueux de ce qui les anime. La passion d’enseigner. Mais en vain. Ils ont le sentiment de ne plus être entendus.

Comment ne pas être revendicatif quand on défend les valeurs de l'Ecole?

Ils ne veulent pas d’une école rabaissée, ni même écornée au nom de l’économie. Force est de constater qu’en cette rentrée, c’est le principe du « bouts de chandelle. » qui prévaut. On est loin de l’image idyllique véhiculée officiellement.

Ici en terminale, c’est un prof’ de maths qui manque depuis la rentrée (rien de plus banal!), mais dans une classe d’examen et donc avec le bac au bout : c’est ballot et c’est plus embêtant! Une absence pourtant prévisible car le titulaire du poste avait prévenu bien avant les vacances.

Pour essayer de combler le trou, l’administration a fait une proposition pour le moins étonnante : débaucher une instit’ de CE1 par téléphone qui est ingénieure de formation et qui enseigne à des élèves de primaire. Objectif, la catapulter devant des lycéens avec comme carotte la certification, c’est à dire l’obtention du Capes sans avoir à le passer. Une lettre de confirmation et hop, c’est dans la poche! C’est nouveau, c’est pratique et ce choix à la tête du client, sans passer par le concours, sans embaucher de nouveaux personnels, risque peut-être de se reproduire car « un texte est à l’étude ».

Dans le premier et le second degré à coté des classes à plus de 32, ce sont une quarantaine de jeunes enseignants stagiaires qui ont été nommés.

Ils ont souvent appris quelques jours avant la rentrée scolaire le lieu de leur affectation. Comme des numéros, mais ce n’est pas nouveau! Des jeunes sans expérience qui n’ auront à effectuer aucun stage, sauf deux fois 3 semaines non rémunérées, c’est tout bénef’ ! Jusque-là, c’était une année scolaire de stage en classe, en doublon avec un autre enseignant qui leur était proposé quand ils étaient formé à l’IUFM. Mais c’était un autre temps!

Pour cette rentrée, un trait sur la formation sur le tas ; la masterisation, c’est-à-dire l’apprentissage en amphi comme n’importe quelle autre matière est passée par là et les futurs enseignants sont priés, s’il vous plait, d’avoir la science infuse !

Sympathique!

Là, c’est une institutrice qui s’est retrouvée devant le fait accompli en apprenant la nouvelle la veille de la rentrée scolaire : en fait, la présence d’une enfant dans la classe avec des troubles du comportement prononcés, comme l’oblige et c’est tant mieux la loi de 2005.

 

Une élève « fascinée » par la chevelure de la maîtresse. Un comportement apparement irrationnel de la part de l’enfant qui a nécessité tout de même l’intervention de 2 autres personnes de l’école pour « détacher » ses mains dont les poings étaient fortement serrés dans la chevelure de l’enseignante qui s’est retrouvée à terre devant tous les autres élèves. Un spectacle étonnant!

L’instit’ n’avait même pas été prévenue qu’elle aurait à gérer ce genre de phénomène. C’est malin! Ici, c’est la fermeture de 2 écoles publiques en milieu rural sur décision administrative. Même si ce phénomène conduisant a des regroupements n’est pas franchement nouveau.
Les normes de sécurité sont invoquées (soit !), mais en fait c’est surtout par manque d’investissement municipal ( c’est souvent le cas ) qu’on en est arrive à cette extrémité, ce qui est nettement moins drôle parce que cela dénote un manque de volonté politique concernant l’Éducation!

Et du coup les enfants sont contraints de prendre le car pour rejoindre un troisième village distant de plusieurs kilomètres où là l’école est entretenue. Les enseignants se plaignent aussi dans les écoles de la mise en place du Livret de compétences. Dans une classe de Cours Moyen 2 eme année par exemple, cet enseignant devra remplir 8 pages par enfant dont il a la charge.

« On parle de liberté pédagogique mais ces livrets de compétences à remplir, les évaluations nationales… Tous ça est fait pour formater et enfermer l’enseignant dans un monde de petites cases à cocher, bien loin de la prise en compte globale de l’enfant » commente ce syndicaliste. Ce livret de « compétences de bases » complété en CE1, en CM2 et en 3ème sera nécessaire pour obtenir le brevet des collèges. De la négligence, de l’incohérence, et pour les élèves et leur enseignants beaucoup de fatigue en perspective !

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