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Après le départ de Flextronics, la même histoire va-t-elle se répéter sur Laval ? L’an dernier 2 élus mayennais de poids se sont rendus à Paris pour y rencontrer Laurent Burelle, le PDG de Plastic Omnium dont le groupe détient à 100% Inergy-Automotive Systems France à Laval. Le sénateur Jean Arthuis et le député-maire de Laval Guillaume Garot, président respectivement du Conseil général et de Laval agglomération sont allés plaider le maintien à Laval de l’activité du Centre Technique d’Inergy. Peine perdue apparemment.

Même avec une offre de terrain viabilisé et des accommodements attractifs pour séduire encore plus, le PDG n’a semble-t-il pas voulu répondre favorablement aux sirènes mayennaises. Le spectre de la délocalisation est donc toujours là. Une délocalisation à plus de 400 kilomètres de Laval pour les salariés et leurs familles.


Laval, chez Inergy-Automotive Systems France, c’est une terrible épée de Damoclès qui pèse potentiellement sur 200 personnes.

Les salariés du Centre Technique sont concernés par une délocalisation, car il s’agit bien d’une délocalisation même si elle ne se fait pas en pays étranger. Une délocalisation en France. Pudiquement, il est question de « regroupement ». Celui du Centre Technique de Laval avec celui du site de Compiègne. Sans que les salariés de Compiègne dans l’Oise ne soient plus au courant que ça. Pas de certitude et surtout pas d’informations.

Délocalisation - L’entreprise qui fabrique notamment des réservoirs en plastique pour Renault et Peugeot, deux poids lourds de la construction automobile appartient au groupe Plastic Omnium de Laurent Burelle qui en a fait l’acquisition.

Ce dernier donne du travail à 18 000 salariés dans ses 96 usines implantées dans le monde. A Laval, goutte d’eau dans l’océan, ce sont au total 300 salariés qui ne savent toujours pas s’il est question d’une délocalisation à Compiègne d’une partie de leur outil de travail. Inquiétude donc pour les salariés directement concernés et de fait pour ceux qui resteraient. Car si le départ se fait, il sera question d’une modification globale de l’organisation d’Inergy.

La production qui restera dans l’usine emploiera 100 salariés à Laval. Pourtant un terrain de 7 hectares a été acheté. L’annonce de cette acquisition a été faite début décembre 2011. Pas pour y voir « pousser l’herbe » disent les salariés, mais sans doute pour y construire le nouveau Centre technique chargé de regrouper les lavallois et les autres salariés du groupe.

Tabou - « Cela fait maintenant depuis 9 mois » que « l’idée » de « regrouper » fait son chemin. Elle a été « mise sur le marché  » dans la presse spécialisée d’abord, puis le mot « regroupement » a pris de la vigueur. Il s’est répandu de bouche à oreille, jusqu’à finir par devenir tabou. On n’en parle plus.

De fait, dans les réunions et notamment avec les représentants du personnel, le mot ne se prononce pas. Ni au Comité Central d’Entreprise ou rien ne semble filtrer. La Direction du Site lavallois ne s’exprime pas, sauf à dire que « c’est la crise qui est responsable de ce report », selon le Secrétaire du CCE, le Comité Central d’Entreprise.

Pourtant l’inauguration de ce centre technique devait avoir lieu en 2013 si l’on en croit un calendrier prévisionnel. Le regroupement pourrait, d’après ce que la Direction avait laissé entendre, permettre d’améliorer la compétitivité des centres techniques.

« Désindustrialisation » - Depuis 2000, il y a eu selon le syndicat de Bernard Thibault une sorte de « fragilisation du site à des fins de déconstruction » analyse le syndicaliste Pour lui presque de la « désindustrialisation progressive » car en 10 ans de 500 le nombre de salariés a chuté à 300. Perte sèche, insistent les représentants du personnel : 200 emplois.

Le syndicat tire-t-il la sonnette d’alarme pour faire peur, ou bien attirer artificiellement l’attention ?

Toujours est-il que dans un droit d’alerte demandé et effectué par un cabinet d’experts à la demande des représentants du personnel on peut lire : « (…) dans l’hypothèse ou un regroupement serait envisagé, les répercussions sur l’emploi et la qualité de vie des salariés et de leur famille apparaissent quoiqu’il en soit évidentes compte tenu de la distance géographique qui constitue un frein manifeste à la mobilité.Les conséquences sociales seraient d’autant plus lourdes compte tenu du contexte économique actuel et des difficultés du marché de l’emploi. »

Sous pression - A travers ces quelques lignes, on voit poindre le spectre du chômage et l’on saisit mieux encore le pourquoi de la démarches des 2 politiques mayennais. De plus dans un contexte tendu donc, « les sites industriels d’Inergy en France doivent faire face à plusieurs risques et notamment une baisse continue du plan de charge qui devrait se poursuivre à l’horizon 2014 voire au-delà. La fin de vie de Clio sur Laval […] pourrait notamment maintenir ces sites sous pression. » note le cabinet Apex pour qui « ses expertises sont rigoureuses et objectives » peut-on lire sur son site.

« Pour le groupe  » écrit Apex en conclusion « une fermeture de site coûte cher et ne permet pas des économies significatives sur les coûts de structure au regard des surcoûts de transport ; elle rendrait l’intérêt d’une telle opération particulièrement fragile alors même que le groupe souhaite préserver sa génération de cash pour se développer dans les BRIC. ». (ndrl : le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine.)

L’histoire se répéterait-elle mais à une échelle plus petite sur Laval ? Après le départ de Flextronics et le licenciement de 500 salariés en 2005, ce qui avait eu des répercussions importantes sur la vie économique du bassin d’emploi de Laval, sur les écoles et les commerces, la délocalisation du centre technique d’Inergy pourrait bien avoir, mais dans un moindre mesure, des conséquences identiques.

Mauvaise passe - Moins de familles employées sur Laval et la Mayenne donc moins d’élèves scolarisés, des fermetures de classe ; mais aussi moins de consommation et moins de retombées économiques pour les commerces et les entreprises, donc moins de développement et de croissance dans le département. Moins de travail sur place et finalement, plus de chômage, de précarité et de misère ! Laval a-t-elle besoin de ce nouvel épisode négatif ? La question est posée. La réponse ne nous appartient pas !


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Une épée de Damoclès

Publié le: 6 mars 2012
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