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Dans le hall du théâtre de Laval, on s'occupe comme on peut - Photo leglob-journal

Les concerts organisés par Les folles journées de Nantes sont décentralisés pour la 13e fois à Laval les 27, 28 et 29 janvier 2017. Et ça marche : plus de 7 000 spectateurs-mélomanes ont été ravis et comblés l’an dernier. Cette année, la danse sera le fil conducteur des œuvres proposées par diverses formations « amateurs » ou professionnelles, nationales ou internationales avec ou sans soliste. Marrie de Laval, témoigne de sa course à la place pour un spectacle le jour de l’ouverture de la billetterie début Janvier. Récit comme un opéra en 3 actes.

- Par Marrie de Laval

Acte 1 : ouverture des portes et conversations

Comme tous les ans, le premier samedi du mois est consacré à faire la queue devant le Théâtre dans l’espoir d’obtenir rapidement les places convoitées pour des spectacles de qualité.

Après avoir connu les affres des files en serpentin dans le hall d’accueil où le public subissait des compressions corporelles dignes d’une œuvre de Christo, nous apprécions tous le système des tickets d’attente délivrés dès l’ouverture des portes du théâtre, à 9 heures. La chance veut également que désormais il y ait plusieurs caisses ouvertes en même temps pour servir plus rapidement le public. Nan mais Je dis ça parce que j’ai connu la version « caisse unique » mal informatisée, un truc antédiluvien.

Muni du précieux ticket d’attente, plusieurs options se présentent : attendre son tour sur place, profiter des boissons chaudes, des transats et du coin lecture de la mezzanine, partir faire ses courses au marché (encore que ce matin, je n’ai pas vu de caddies dans la file, trop tôt ou effet Vigipirate.) Beaucoup retrouvent des connaissances et entament la conversation dès la file extérieure. Mais, de fait, point n’est besoin de se connaître pour causer !

« Le début de la galère »

Cette année, fatiguée d’être servie vers midi et risquer un spectacle complet, j’ai préféré venir une heure plus tôt que d’habitude. J’étais donc dès 7h30 à battre le pavé avec une cinquantaine de personnes toutes emmitouflées, déterminées et droites dans leurs bottes fourrées. Si j’ai obtenu le numéro de passage 53 (ça ne s’invente pas !), j’aurais dû gagner 5 places. Je ne remercie pas le chauffeur du bus qui a oublié de s’arrêter au bon arrêt, m’obligeant à descendre en catastrophe « un peu » plus loin … C’était le début de la galère mais je ne le savais pas !

Bienheureuse, je rejoignais mes compagnons mélomanes d’infortune et entamais bien vite la conversation avec eux, glissant de la difficulté à trouver un bon accordeur de piano, aux soucis des déserts médicaux, en passant par la ségrégation financière pour l’accès aux soins, à l’Éducation, en France, aux USA et en Grande-Bretagne, émaillée d’exemples rencontrés par des proches de chacun des intervenants. Une dame évoque même ses souvenirs de guerre en lien avec les files d’attente dans le froid à cause du rationnement. C’est vrai que le public est âgé. Je passerai même pour la benjamine !

9 Heures, les portes s’ouvrent, enfin !!! Parce que si le froid est supportable (bien qu’avec l’aube, le froid se montre plus vif) et que l’absence de vent est bienvenue, voir les personnels du théâtre s’activer pour préparer notre accueil avec du café chaud et les bons de commande du programme, c’est cruel !

Le mouvement de foule est un soulagement : nous entrons au chaud, peu importe désormais à quelle heure nous serons servis. Oui, il est impossible de commander plus de 6 places par spectacle pour les acheteurs mais certaines connivences permettent de s’arranger entre mélomanes. Certains, gratifiés d’un ticket dans les centaines échangent leurs numéros de téléphones portables avec des voisins mieux placés, décidés à rester le temps nécessaire.

Prévoyant d’occuper mon heure d’attente (à 9 heures 30, pas moins de 34 personnes disposaient déjà de leurs billets), j’avais emmené de la lecture en retard. Croisant le régisseur du théâtre, ce dernier se rassurait de faire du « 50 personnes par heure » … « la billetterie roule comme une voiture en ville ! » gloussa mon voisin de transat. Un autre regretta le quota de sièges par spectacle pour les comités d’entreprise.

Acte 2 : réservation des places et coup de théâtre

10h03 : c’est mon tour ! Deux heures trente d’attente et une matinée encore disponible pour faire des emplettes, un vrai bonheur ! Je présente ma commande, extirpe mon chèque pré-rempli et mon crayon. Le caissier et son adjointe se saisissent de mon formulaire et entrent les informations nécessaires pour la billetterie en lien avec Nantes.

Et là, le croirez-vous ? Le bug informatique c’est pour MA caisse !!! Les deux autres postes fonctionnant sans soucis ! Damnation ! Le régisseur s’inquiète de la rupture de sa moyenne de passage de client à l’heure.

Heureusement une rapide collaboration entre les personnels permet de constater que mon chèque est enregistré mais que seule la moitié des billets est éditée. Après réservation des places manquantes, je dois revenir dans deux jours pour récupérer le reste de ma commande et faire régulariser mon dossier par le théâtre.

Acte 3 : Dénouement !

Mardi matin, à l’ouverture des portes, je n’ai à subir qu’une file d’attente anecdotique de 6 personnes. N’ayant pas pu venir samedi, ou n’ayant pas voulu affronter la foule, le froid, l’attente, ces gens viennent retirer des places en espérant que le concert convoité ne soit pas complet. Je me présente à mon tour au guichet.

À la simple annonce de mon nom, l’hôtesse se dirige vers un placard duquel elle retire une pochette. C’est mon précieux sésame pour assister au concert tant espéré. Tout est bien qui finit bien ! Jusqu’au prochain concert ?


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Une folle équipée en prévision d’une folle journée !

Publié le: 25 janvier 2017
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