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Une motion du Conseil d’administration. Encore une ! L’Université du Maine - Le Mans Laval avec 11 000 étudiants cette année souffre du désengagement de l’État. Des motions sont votées régulièrement depuis la mise en place de la Loi LRU qui donne plus d’autonomie en apparence. La dernière, à l’unanimité a été rédigée le 3 octobre 2013. Le Conseil d’administration, c’est lui qui « détermine la politique de l’établissement, notamment en délibérant sur le contenu du contrat d’établissement. Il vote le budget et approuve les comptes. » Quand c’est possible !

- Par Thomas H.


une motion qui a le mérite d’être claire. Les 30 membres du Conseil d’administration de l’université dont le siège est au Mans, avec une implantation en Mayenne écrivent : « Objectif de la LRU, le désengagement de l’État condamne de nombreux établissements à des difficultés budgétaires chroniques. Dans la continuité de la LRU, plusieurs des dispositions de la loi Fioraso (autonomie financière renforcée, accréditation, regroupements forcés d’établissements y compris privés...), couplées à l’acte III de la décentralisation, réduisent la régulation nationale, en déléguant la politique de l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) au niveau régional, au ris- que d’aggraver la concurrence et les inégalités territoriales déjà flagrantes. »

A Béziers, l’antenne universitaire Du Guesclin de l’université de Montpellier 3 Paul-Valéry est menacée de fermeture dès la rentrée 2014. Difficultés financières. Bien-sur, on n’en est pas là en Mayenne !

Vue générale de l'Université du Maine au MansMais le Conseil d’administration de l’Université du Maine où siège 2 représentants mayennais, un membre de Laval Développement et une élue du Conseil général de la Mayenne, observe que« la situation de l’Université du Maine, sans être aussi dégradée que celle des universités passées plus tôt à l’autonomie financière, devient cependant très critique (…). Les administrateurs écrivent d’ailleurs au ministre et décrivent une situation budgétaire en constante dégrada- tion(…). » Le mot déficit n’est pas utilisé. Comme par exemple à Aix-Marseille, 11 mil- lions d’euros, ou bien 5,2 millions à l’Université de Versailles.

Le bâtiment où est abritée l'antenne de la Fac de Droit à Laval sur le campus universitaireDéjà en décembre 2011 une motion « sonnette d’alarme » avait été adopté à l’unanimité. Elle portait sur le budget 2012 et dénonçait déjà « la pénurie à laquelle les universités sont progressivement condamnées par l’autonomie budgétaire et leurs corollaires, les Responsabilités et Compétences Élargies (…). » Il y était question de : « transfert de charges sans compensation, estimé à 1,2 million d’euros (…) l’université ne pourra envisager l’avenir proche qu’en puisant dans ses réserves pour suppléer au désengagement de l’État, mettant en danger son fonctionnement et hypothéquant de fait ses projets de développement ».

«  Puiser dans ses réserves  », c’est bien-là que le bât blesse car autonomie veut dire capacité à s’autofinancer ce qui n’est pas le cas. Un an plus tard, le Conseil d’administration de l’Université du Maine - Le Mans-Laval avait « conditionné son vote du budget 2013 à la publication des postes souhaités par l’établissement (…) »

Aujourd’hui, l’Université qui explique « se place[r] au tout premier rang national et international dans plusieurs domaines de recherche et en formation  » appelle à l’aide. Faute d’autonomie.

« Plus de 34% des étudiants sont boursiers , écrit le Conseil d’administration et l’Université remplit une mission sociale et de développement du territoire (…) le désengagement de l’État place les universités et leurs présidences dans des contraintes de plus en plus intenables (…). » Et surtout sa « marge de manœuvre se rédui[t] de plus en plus ».

L'antenne de la Fac de Droit vue de cotéRachid El Guerjouma, Président de l’Université du Maine - Le Mans Laval : « Nous avons jusqu’à présent géré avec prudence nos finances et avons fait le choix dans la mesure du possible de ne pas faire peser les difficultés budgétaires sur l’offre de formation, la recherche ou les conditions de travail des personnels et d’étude et de vie des étudiants, ni de ralentir les projets que nous avons initiés. La compagne d’emploi 2014 reflète ce choix même si nous aurions aimé qu’elle soit plus ambitieuse. »

L’établissement universitaire « réclame les moyens financiers lui permettant (...) de remplir sa mission de service public. » ajoute le Conseil d’administration qui exige pour l’année 2013 « le versement de l’ensemble des charges liées à la masse salariale soit 500 000 €/an, la compensation des frais d’inscription dont les boursiers sont exonérés, 650 000 euros. La motion continue en réclamant « le reversement du prélèvement sur [la] dotation globale de fonctionnement 2013 (…) 336 000 € ainsi qu’un accompagnement financier pour faire face aux évolutions des charges de fonctionnement (...) en constante augmentation (+ 5500 m2 en 2 ans) soit un accroissement de 250 000 €/an. » Selon les chiffres, il y aurait « pour la seule année 2013 un manque à gagner dans le budget de 1,7 millions d’euros. »

Mais le cas de l’Université du Maine - Le Mans Laval n’est malheureusement pas isolé. Tous les établissements publics de l’enseignement supérieur qui connaissent un processus d’appauvrissement quasi continu sont entrés dans « une zone de turbulence ». Et il n’est pas inexacte de parler de « crise financière », peut-être la plus importante jamais connue par les universités.


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Une motion à l’Université du Maine

Publié le: 7 octobre 2013
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