| Retour à la Une
leglob-journal
Journal d'informations, d'investigations, d'analyses et d'opinions sur la Mayenne

Guillaume Garot n’a pas pu sauver les meubles et rester au gouvernement. Le concept du « il faut sauver le soldat ! » n’a pas fonctionné. Consolation, il redevient député de la Mayenne au détriment de Sylvie Pichot qui l’a sagement remplacé pendant passage ministériel. Histoire d’un non-sauvetage.

- Par Thomas H.

C’est pourtant l’histoire d’un inconditionnel d’une ministre entrée au gouvernement Valls et qui fait son grand retour. Celle qui fut candidate à la plus haute fonction de l’État. Une femme qui n’a donc pas réussi à imposer l’un de ses protégés.

La première fois pourtant cela avait bien fonctionné. En Juin 2012, Guillaume Garot avait été nommé ministre délégué à l’Agroalimentaire et se félicitait : « C’est « un grand honneur. Je suis très conscient de la responsabilité qui m’est confiée, j’essaierai d’être à la hauteur […] Je connais bien les dossiers de l’agroalimentaire, qui concernent des milliers d’emplois dans notre département de la Mayenne. »

C’était donc un Guillaume Garot, « royaliste » incarnant le courant de la « Dame de Poitou », l’une des composantes du PS, qui pour être récompensé d’avoir gagné la mairie de Laval faisait son entrée au gouvernement Ayrault, deuxième mouture.

Cette fois, il n’est pas repêché, pas de « strapontin » rattaché à un ministère. Passer de ministre délégué à secrétaire d’État, ce n’est pas forcément simple ni très gratifiant. C’est même pour certains une « rétrogradation ». Mais ne vaut-il pas mieux tenir que courir même si c’est la fin de la présence honorifique et systématique en Conseil des ministres. Un Secrétaire d’État y assiste seulement si son ministre de référence le lui demande pour éclairer une question précise.

Alors qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? La principale raison, elle est à chercher dans l’exercice du processus républicain, l’appel au mérite qui prévaut et la reconnaissance du travail fourni. Pas de « prime au sorti  » ! De plus Guillaume Garot battu par l’entregent de Jean-Christophe Boyer qu’il avait choisi pour mener la bataille sur la ville de Laval, en « spectateur », il était « malvenu » qu’il soit maintenu au gouvernement.

Ainsi Frédéric Cuvillier, le Secrétaire d’État aux Transport qui certes descend mais reste toutefois au gouvernement. Celui qui a fait un bout de chemin en Mayenne, quand au détours d’une mutation de ses parents, jeune et fils d’ouvriers, il débarque dans le département. Sa mère a d’ailleurs « travaillé chez Besnier » [NDLR : actuellement la multinationale Lactalis].

Frédéric Cuvillier a notamment pu rester au gouvernement car il s’agit d’un “hollandais” , un proche du Président qui a signé en 2008 la contribution préparatoire au Congrès de Reims. Par la suite il devait rejoindre le groupe "Répondre à Gauche" constitué autour de François Hollande, qu’il a soutenu durant la campagne des primaires. De plus, il a su conserver son poste de maire à Boulogne-sur-mer. Ça aide !

Guillaume Garot certes a été un porte-parole zélé de Ségolène Royal, qui déclarait à Libération au lendemain de sa défaite aux primaires du PS : «  Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de victoire de la gauche en 2012 sans Ségolène Royal. Elle a fait avancer la gauche, ses idées ont irrigué le projet du parti socialiste. » Certes, mais cela n’a pas été suffisant. Avec le recul que donne le court terme historique en politique, on mesure bien le décalage. Ce genre de petites phrases, ces propos revisités et relus à l’aune de l’actualité sont très instructifs. Et révélateurs !

Et ce n’est pas le fait que Guillaume Garot ait été un « ministre suiviste », on l’a vu « souvent collé aux basques du président », notamment sur le Salon de l’Agriculture ; là aussi, cela n’a pas suffit pour ce diplômé de Sciences Po-Paris qui a pris sa carte au PS à l’âge de 19 ans. « Plus par solidarité avec les idées et l’idéal de la gauche que par militantisme forcené  » analyse un proche.

Ainsi donc les femmes et les hommes politiques sont ainsi faits qu’ils doivent être interchangeables, déplaçables et remis en cause. Un jour ici, en charge d’une question, un autre jour appelé à d’autres portefeuilles, ou bien pas du tout. Mais il y surtout une constance, c’est bien « la précarité » de la fonction gouvernementale. Cette « précarité » dont Guillaume Garot vient de faire la triste expérience, qu’il reconnaît à ses dépens et qui va sans doute le nourrir encore un peu plus dans l’exercice de son mandat de député qu’il va retrouver. Pour une plus grande proximité avec ceux qui sont dans la souffrance sur le marché du travail et soumis eux aussi à la « précarité ».

Lire aussi :

Guillaume Garot a perdu son portefeuille

Laval-ternance ?

Communauté d’intérêts

Laval, de droite à gauche et inversement !

Vite le non-cumul !

La force de l’empreinte


1 commentaire
  • "Victime" de la précarité, il redevient député 8 mai 2014 14:46, par Nico Nak

    Éloquente la photo, belles images qui en disent beaucoup.

    Trop marrant les chausses des beaux messieurs !

    L’un avec les bottes, déguisement obligé, sitôt enlevé, pour ne pas salir les moquettes de l’Élysée !

    L’autre, des protèges virus en pantoufles, sait on jamais, ce que l’on peut choper , chez les fermiers !

    Répondre

Réagir

"Victime" de la précarité, il redevient député

Publié le: 10 avril 2014
- Lire aussi d'autres articles de la rubrique: leglob-mayenne
Laval Politique Gauche Elections
Acteur et vecteur de la Pensée critique en Mayenne : leglob-journal
leglob-journal, votre journal indépendant en ligne - Informations, Analyses, Opinions en Mayenne - Nous contacter : redaction@leglob-journal.fr
© leglob-journal 2018 - Mentions légales - Editorialisé avec SPIP - se connecter - RSS RSS