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Dans le nouvel hôtel des ventes de la ville de Mayenne, dans la zone industrielle, les spectateurs-acheteurs potentiels s’installent un à un, ils arrivent par grappes. Logique non ? Le commissaire-priseur, lui, abaisse son marteau et frappe un coup sec, des Châteaux-Pétrus viennent d’être achetés. Ça n’a pas duré longtemps.

Cet article a été publié la première fois le 14 Janvier 2010

- Par Thomas H.

Ces Pétrus, tout le monde finalement les attendait et les lots sont passés en fin de vente, comme le dessert qu’on ne saurait servir avant les entrées. Car il s’agit de bouteilles pour spéculer, c’est-à-dire des lots achetées pour la revente.

Quand on sait qu’un millésime 2000 par exemple s’est adjugé 2 100 euros la bouteille, on imagine le bénéfice qui pourra être faite par la suite. Juteux le gain qui sera réalisé, tout comme le breuvage est mythique.

Des millésimes du tournant du siècle, ce jour-là, il s’en est vendu 3. Ce sont des négociants en vins français et étrangers qui ont raflé la mise. Un russe était là, calculette à la main, accompagné d’une jeune femme élégante. Tous les 2 semblaient sortis d’un film d’action anglo-saxon avec un titre au double zéro 7. Le russe qui parle très bien le français a fait ses comptes. Rapidement. Puis au premier rang il a jauge ce qu’il allait en tirer. Le bénefice de cet achat une fois de retour dans son pays.

Les Pétrus ce sont des grands vins qui ont pourtant été sous coté en raison de la crise financière qui freine aussi les ardeurs en matière de consommation de vins et spiritueux. C’est ce qu’explique un expert qui a pignon sur rue sur tout le Grand-Ouest.

Alors, c’est la crise ? Stéphane, le mayennais fait un geste de la tête qui ne veut pas dire le contraire. Il renverse l’idée reçue de l’argent gagné facilement. Sauf que jusqu’à présent, il ne se plaignait pas. Maintenant la crise touche aussi selon lui ses affaires. Malgré ses 600 000 euros de stock, en bouteilles bien-sûr , qu’il explique simplement entreposer sur 50 mètres carrés.

Les banques l’ont suivi jusque là, mais à présent comme pour tous, telles un bernard-l’ermite, elles sont plus regardantes. Comment dit-on ? Ah oui“ frileuses”. Il ne sait ou plutôt ne veut pas dire combien cela fait de bouteilles, ces 600 000 euros. «  Les temps sont durs et on ne fait plus pour l’instant des affaires comme avant, car la crise est passée par là. » dit-il à nouveau comme s’il souhaitait qu’on le plaigne.

Notre négociant russe, petite cravate étroite, veste bien coupée et jean non délavé, a acheté des Pétrus par lots. 6 bouteilles de plusieurs centaines d’euros. Des liquides précieux, « très prisés » par ceux qui ont fait fortune, les nouveaux millionnaires de son pays qui ne ratent pas un salon du luxe à Moscou où tout leur est proposé. Être ici on est sur de rafler la mise qui peut être vraiment en face ?

Les bouteilles de 75 centilitres achetées en France passeront simplement la frontière en voiture dans le coffre du négociant comme une simple valise, un vulgaire bagage. Mais pour ce faire le négociant devra s’acquitter de droits de douanes : « plus de 40% » explique le russe avec un sourire. Mais le jeu sans doute en vaut encore la chandelle. Même si lui aussi confirme que « les riches russes ne dépensent plus comme avant ». Plus de façon aussi dispendieuse en tout cas. S’il le dit !

Sous le toit en tôle de la salle des ventes, style hangar amélioré, la pluie rebondit et fait des claquettes. Et le commissaire-priseur, lui joue du marteau. Heureux !


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Pétrus : ces vins se vendent aussi en Mayenne

Publié le: 17 avril 2014
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