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La Mayenne connait une situation atypique au regard du nombre de suicides important et elle enregistre une consommation élevée de psychotropes, pour tenter de soigner anxiété, mal-être, dépression. Ces médicaments représentent 9.3% des dépenses de médicaments 2010 soit 5,6 millions d’euros contre 4.2% pour le diabète. Entre 2009 et 2010, le nombre de boîtes d’hypnotiques et de tranquillisants remboursés a augmenté plus (+7.6%) comparativement à la France entière et aux autres départements de la région. Au délà du constat chiffré, sans doute faudra-t-il trouver des solutions !

- Par Thomas H.

u Nord du département se concentrent les cantons les plus touchés. Au Sud, c’est mieux quand on regarde la carte de la consommation.

Sur le secteur de la ville de Laval, il est consommé un nombre moyen de boites de plus de 20 par patient et les consommateurs de psychotropes représentent près de 14 % de la population totale.

Le canton de Villaines-la-Juhel, ainsi que celui de Mayenne sont dans le même pourcentage de consommation. Les cantons de Pré-en-Pail, Ernée et Evron ne sont pas mal lotis non plus, mais dans une moindre mesure.

Les femmes sont plus touchées, un tiers des femmes, car le syndrome dépressif n’existe pas chez l’homme. En revanche la dépression masculine est une vraie psychose avec des tendances suicidaires et des phases de délires.

Traitement longue durée

Une forme de dépression touche également les personnes âgées. Il faut savoir que 10% de la population en Mayenne a plus de 75 ans, avec des constats d’échec de leurs vies, ce qui les poussent à une consommation importante de psychotropes.

En 2009 en Mayenne, près de 40 % des personnes consomment des tranquillisants depuis au moins un an alors que ces médicaments ne doivent pas être pris pendant plus de quelques semaines.

C’est aussi un problème de démographie médicale en Mayenne. Notamment en milieu rural où la psychiatrie st quasiment inexistante. Faute de pouvoir diriger leurs patients vers des spécialistes, les médecins généralistes n’ont parfois pas d’autres solutions que de prescrire des médicaments.

Les traitements par médicaments ne sont-ils pas dus à un manque de structures véritablement adaptées à ces pathologies ? Il est possible de se poser la question car elles pourraient proposer des soins autres que médicamenteux.

Les psychotropes représentent 9.3% des dépenses de médicaments en 2010, avec ce découpage assez étonnant.

41% d’anxiolytiques ou tranquillisants qui diminueraient l’angoisse et les manifestations physiques de l’anxiété qui s’accompagnent de tensions musculaires, et d’insomnies. Ils sont prescrits à 75% par les médecins généralistes.

26 % sont dépensés en antidépresseurs. Ils permettraient de soulager les symptômes de la dépression que sont la fatigue, un état de tristesse, des sentiments d’incapacité, et d’anxiété.

20%, c’est la part de consommation des hypnotiques et de somnifères. Enfin 10% sont dépensés en neuroleptiques, qui traiteraient les symptômes de la psychose notamment la schizophrénie, mais aussi la maladie maniacodépressive, le délire, la dépression, le tout accompagné d’agitation.

RelaxationCela dit une personne sur cinq âgée de 30 à 50 ans est consommatrice. Une proportion qui augmente chez les plus de 80 ans : là, la proportion est d’une personne sur 2. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes.

Avec en moyenne 12.3 boîtes par personne et par an. Les médicaments anxiolytiques ou tranquillisants les plus délivrés selon cette enquête de la CPAM de la Mayenne sont le Xanax® et l’Alprazolam®.

Pourtant des méthodes de soins non médicamenteuses existent. Ainsi depuis quelques mois une expérience serait menée en Mayenne dans des résidences avec des séances de relaxation prodiguées par des professionnels formées à de nouvelles techniques. Les résultats et terme de mieux-être sembleraient concluants et plutôt encourageants.

Bien plus que la route ! - La prévention et la maitrise de la prise médicamenteuse semblent deux facteurs importants pour tenter d’endiguer le nombre de suicides en Mayenne.

Mais ce département n’est pas une exception. Même si l’on n’a guère d’informations sur cette surmortalité, il faut savoir qu’en Bretagne la région voisine la mort par suicide est supérieure à la moyenne nationale de 62% chez les hommes et de 70% chez les femmes.

En France, le suicide a touché près de 13 000 personnes (chiffres de 2003) et celui des jeunes a triplé en 50 ans. Par comparaison et selon les chiffres de la sécurité routière, près de 4000 personnes ont été tuées sur les routes en 2011.


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Publié le: 5 avril 2012
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