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La parole politique en actionLes élections cantonales relèveraient-elles du simple scrutin local ?

L’idée, bien pratique, se répand. Comme ont commencé à l’entonner des ténors de la majorité gouvernementale au niveau national.

Dans le contexte actuel, il est bien opportun de ne pas laisser faire à l’opinion publique d’amalgames et de continuer à laisser penser qu’il existe une barrière hermétique, une non-porosité entre les niveaux.

Il s’agit pour les uns d’un « scrutin très local  » qui serait pourtant pour d’autres un « préalable à la présidentielle  » ou bien un « test ».

A l’UMP qui apparait comme tétanisée par une réédition des régionales qui furent « catastrophiques », il est important de botter en touche sur les cantonales, ce que la plupart font en les considérant comme un scrutin purement local où seules comptent les « considérations de personnes ».

La Mayenne aussi

Pourtant, c’est bien le local qui, à tout les niveaux, fonde le national, non ?

Quand François Hollande le président Socialiste du Conseil général présente ses vœux en Corrèze, toute la presse nationale est dans la salle s’en amuse le Préfet à la tribune, parce que les journalistes viennent voir le possible candidat aux Primaire du PS.

Ailleurs, c’est la même chose, quand un pacte par exemple est scellé en Gironde entre l’UMP et le Modem en vue des prochaines cantonales, c’est bien une alliance qui dépasse là aussi le simple niveau local.

Quand en Mayenne souligne perfidement le Parti de Gauche, un candidat de la Gauche Unie sur le canton de Laval Nord-Ouest se voit désigner comme suppléante « l’ancienne candidate de l’UDF sur le même canton en 2004 » [ndlr : il s’agit un transfuge de l’ancienne équipe de François D’Aubert devenue adjointe du Socialiste Guillaume Garot ] « c’est un bon exemple de la confusion des genres entre gauche et droite  » poursuit le Parti de Jean Luc Mélanchon.

Le mélange des étiquettes en vue de l’échafaudage de stratégies électorales, cela semble bien dépasser les simples frontières du canton en question, et fait appel à des références extra départementales.

Passer d’une étiquette à une autre, ce n’est pas franchement nouveau. Tenez, un ancien dirigeant départemental du Front National, dans l’extrême Sud de la France s’était fait une virginité en ralliant à l’époque la droite républicaine pour réussir à se faire élire à la tête de la ville Préfecture qu’il convoitait. Battu à sa propre réélection en 2008, il se présente maintenant aux cantonales.

Des transferts

Le magazine américain Time qui consacre un article de 2 pages à Marine Le Pen [« La Fille de son Père »] qui « revigore le Front National  » évoque bien-sur son précédent déclin en écrivant : «  Trois ans plus tôt le FN était déclaré fini - vidé et pillé par Nicolas Sarkozy […]  ».

Pas besoin en apparence de changer de camp, ni d’étiquette politique.

Le discours, la confusion, le rapprochement sémantique et la communication en général font l’affaire.

De l’autre coté de l’échiquier et à l’image de ce que rappelle en Mayenne le Parti de Gauche à propos du canton de Laval Nord-Ouest, « ce type de "transferts", comme on dirait au foot, est facilité par la grande confusion des idées qui s’est installée à gauche depuis 10 ans.  »

Chevaliers blancs très souvent de la dénonciation de ce qui se passe de négatif au Parti Socialiste, ceux qui ont rallié le Parti de Gauche ne se privent pas de dire qu’ils sont « la vraie Gauche  ».

« Le PS, les Verts, la droite et tous ses « satellites centristes » ont voulu imposer en 2005 le Oui à l’Europe libérale », rappelle-t-il, puis « en 2007, 20 % du gouvernement a été formé par Nicolas Sarkozy avec d’anciens membres du PS » note le tout récent parti qui fait alliance pour les cantonales avec le Parti Communiste Français dans le Front de Gauche pour préparer plus tard la Présidentielle.

Nécessaire clarification

Le mélange des genres s’oppose au clivage politique, le rend plus inopérant. Le clivage a cet avantage de permettre aux valeurs fondamentales d’être clairement identifiables.

Aux prises de positions au niveau national d’être en phase avec le discours et surtout les actes en local. Par exemple l’augmentation substantielle de la TVA prônée par le Président du Conseil général de la Mayenne, cela ne doit pas entrer en concurrence au niveau départemental avec la non augmentation décidée des impôts locaux.

La clarification et la cohérence du discours, des positions, des appartenances politiques, le cumul des mandats, et son corollaire le conflit d’intérêt en matiere de politique qui en découle, tout cela devient de plus en plus nécessaire.

Car la confusion dans l’esprit de l’électeur populaire le tétaniserait, et le conduirait à s’abstenir de voter et à prendre ses distances de la « chose politique ». N’y va-t-il pas sans doute, à tout le moins de la continuité de la pratique minimale de la Démocratie tout court.


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Vraiment locales ?

Publié le: 5 février 2011
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