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Wikileaks inquiète l’establishment de la planète. A tort ou à raison. En tout cas il y a à présent un avant et un après. Maintenant on peut toucher la vraie réalité de certaines informations car il a été rendu possible d’appréhender encore un peu plus ce qu’on supposait et que certains qualifie de « cynisme politique » qui conduit des gouvernements, mais pas seulement, à agir à la fois pour leur propre intérêt et sans compter avec ceux des autres nations. C’est sans doute cela ce qu’on appelle en langage politiquement correct “la raison d’État”.

- Par leglob-journal.fr


Au Nigeria par exemple, première puissance pétrolière d’Afrique avec 35 milliards de barils de réserve avérée de brut, la compagnie pétrolière Shell se vantait d’« avoir des gens dans tous les ministères importants  ».

En France, en annonçant à l’époque à l’ambassadeur américain à Paris son intention de se présenter à la présidentielle, Nicolas Sarkozy évoquait la nécessité pour la France d’une période «  similaire à celle de Reagan ou Thatcher ». Depuis, les Français ont appris à se rendre compte de ce que cela voulait dire, concrètement.

Amplificateur - Obtenir des confirmations mais aussi et surtout des certitudes sur des informations sur lesquelles il n’y avait pas de preuve formelle, ce fut le cas dernièrement pour la Tunisie, et l’Égypte.

Les peuples qui se sont soulevés ont pu se rendre compte réellement de l’état de la corruption de leur dirigeants respectifs grâce aux mémos de Wikileaks qui furent diffusés sur les blogs des internautes après avoir été traduits en arabe. Tout cela aurait permis d’amplifier la nécessité et le sentiment de révolte.

Journal indépendant en MayenneC’est en cela que Wikileaks fourni un nouveau modèle de journalisme. Actif. Certains diraient activiste, dangereux, déstabilisateur. Et puis comment vérifier la véracité des informations fournies tonnent les opposants par Wikileaks ?

Les instigateurs de ce « portail révolutionnaire » travaillent en collaboration avec d’autres éditeurs de grands journaux du monde entier et leur offrent le moyen d’une information brute qu’il faut traiter. Là aussi, c’est nouveau et intéressant. Ce sont les journalistes des rédactions qui traitent l’info et la mettent en perspective. Ils la relativisent et l’éditorialise. C’est d’ailleurs cela le travail d’un journaliste. Mettre en forme et en perspective.

Wikileaks, au lieu de suivre le modèle traditionnel de rivalité entre média qui veut qu’on doit entrer en concurrence avec d’autres supports de presse, a choisi la collaboration et le partage de l’information.

Une vraie manne - Plus de 251 000 télégrammes ont ainsi été publiés en provenance des ambassades des États-Unis ; Wikileaks commence fin Novembre 2010 à révéler une partie des informations qui auraient dû être gardées secrètes parce qu’elles étaient jusque-là échangées par les diplomate américains disséminés à travers le monde avec leur hiérarchie.

Cette divulgation de documents en principe classés confidentiels constitue une première mondiale et redessine le rapport aux échanges bilatéraux entre pays. Ils les rendent palpables à leurs justes valeurs, loin des communiqués officiels. Loin de toute langue de bois diplomatique.

Tout cela est rendu possible par le développement des nouvelles technologies de la communication, mais aussi par une volonté de forte transparence. Cette mise sur la place publique des ressentis et des jugements de diplomates qui font de l’information, dans un premier temps à caractère restreint, puis sans le savoir pour le plus grand nombre par le biais de Wikileaks, est la plus importante démarche jamais opérée dans ce sens.

Instructif ! - On y trouve pêle-mêle des documents très courts sur les guerres en cours en Irak ou en Afghanistan, sur l’état des moyens de coercition utilisés parfois sur des civils comme la torture ou les représailles, mais aussi une photographie instantanée de l’appréciation des diplomates américains portée sur des dirigeants des régions sensibles du monde, ou des Pays, y compris ceux des alliés historiques des USA.

Cette publication est donc historique, car c’est le plus vaste ensemble de documents confidentiels jamais tombés dans le domaine public. Le journal Le Monde en France les a d’ailleurs compilés dans un numéro hors série : un gros livre d’histoire du 21e siècle.

L’information même obtenue de façon non légale, comme ce fut le cas aussi dans l’affaire Béthencourt est devenue d’utilité publique a reconnu la justice française en donnant raison au site d’informations en ligne Mediapart qui s’était procuré des enregistrements de conversations privées entre l’héritière de L’Oréal et son conseiller financier.

Avec Wikileaks c’est le même principe, mais c’est bien-sûr à un autre niveau et à une autre échelle. Celle de la planète. C’est ce qui le rend éminemment utile à la défense de l’intégrité des peuples en général. Cela permet de se construire une réalité tangible et objective, de conforter et de stabiliser, d’exister et de faire vivre des informations jusque-là difficilement vérifiables. Comme en Tunisie et en Égypte.

Quant au journalisme, cela le rend que plus légitime. Pilier de la Démocratie. Surtout le journalisme de ceux qui publient aussi des informations qui ne sont pas que complaisantes. Simplement par “désir de vérité” et de démocratie.


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Wikileaks, un livre d’histoires

Publié le: 21 février 2011
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