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Denis Waleckx succède en Mayenne à Solange Deloustal à la tête de l’Inspection d’académie. Arrivant de la Seine Saint Denis, ce haut fonctionnaire sans grandes marges de manœuvre devra compter avec un « budget restreint » estime Yves Raymond, le secrétaire départemental du SNU-ipp, le principal syndicat d’enseignants du premier degré en Mayenne. Sans parler de rupture avec son prédécesseur - il est trop tôt pour se prononcer -, Yves Raymond estime que Denis Waleckx et son « profil artistique peut laisser augurer quelque chose de positif ». Le nouveau Directeur académique des services de l’Éducation nationale en Mayenne a fait sa thèse en 1995 sur le musicien Francis Poulenc qui a notamment écrit de 1940 à 1945 L’Histoire de Babar, le petit éléphant, une œuvre pour piano. Yves Raymond réclame aussi que Denis Waleckx mette fin à la « politique managériale » menée jusque-là.

Entretien

-  leglob-journal : La nomination de Denis Waleckx au poste de Dasen, Directeur académique des services de l’Éducation nationale en Mayenne vous parait-elle consister en une rupture avec son prédécesseur ?

Yves Raymond : La nomination d’un nouveau directeur académique est toujours un changement important pour un département. Il ne m’est pas possible de parler de rupture ne connaissant pas monsieur Waleckx et sachant que son action se fera dans le cadre restreint de son budget à savoir rendre 6 postes pour la rentrée.

- Denis Waleckx arrive d’un département, la Seine Saint Denis, 4 fois plus peuplé que la Mayenne avec de fortes préoccupations, pensez-vous que c’est un atout pour l’école dans le département ?

Monsieur Waleckx n’est pas le premier directeur académique arrivant d’un département de la région parisienne, les deux prédécesseurs de la directrice partie venaient du Val de Marne où ils occupaient des fonctions similaires à celles de monsieur Waleckx. Le fait d’avoir eu la responsabilité d’un secteur important en Seine St Denis est une sérieuse expérience pour aborder la responsabilité de l’éducation nationale dans un petit département rural tel que la Mayenne. Je pense que c’est un atout important, mais il lui faudra un certain temps pour apprendre le département, c’est-à-dire un fonctionnement de proximité où les rapports humains sont très riches à tous les niveaux de l’éducation, où l’école est surtout constituée de petites structures faites de classes à plusieurs niveaux. C’est une chose que la directrice sortie n’a jamais su prendre en compte, en cela - comme vous l’écriviez -, elle n’a pas défendu le département lors des répartitions des moyens dans l’académie.

- Comment abordez-vous cette nomination avec ce profil musical, Denis Waleckx étant notamment un spécialiste de Francis Poulenc sur lequel il a fait sa thèse ?

Je n’ai pas à avoir d’apriori sur la nomination d’un nouveau Dasen. Il est là pour appliquer la politique décidée au niveau du ministère et nous sommes là pour défendre l’intérêt des enseignants et des écoles. Maintenant chaque directeur académique apporte son caractère et un profil artistique peut laisser augurer quelque chose de positif. Quant à m’exprimer sur Francis Poulenc, je ne l’oserai pas sinon de dire que l’école a dépassé depuis longtemps le monde de Babar.

- Pensez-vous que la voix de la Mayenne sera plus forte pour l’obtention de postes auprès du Rectorat lors de l’élaboration de la Carte scolaire ?

Je pense qu’elle pourra difficilement être moins forte que ce qu’elle a été ces 6 dernières années. Toutefois, il ne faut pas oublier que la politique de l’académie est celle du recteur et que ce dernier a fait le choix du développement d’une métropole au détriment des espaces ruraux. C’est ce que nous avons dénoncé avec la FSU lors du dernier comité technique académique, les moyens sont concentrés sur la Loire Atlantique (Lire ici).

- Indépendamment des problèmes de postes, d’ouvertures et de fermetures, sur quels autres domaines allez-vous axer vos prochains entretiens avec le nouveau Dasen ?

Nous insisterons sur deux domaines en particulier. La formation professionnelle pour qu’elle puisse être choisie (et non subie) avec des contenus de qualité. Et puis, sur l’enseignement spécialisé, avec le respect des taux d’encadrement en ULIS (Unités locales pour l’inclusion scolaire) et en SEGPA, une véritable formation à l’exercice de ces missions (CAPA-SH : certificat d’aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap) avec la reconstitution de véritables réseaux d’aide (NDLR : aux élèves en difficultés) - RASED - sur tout le territoire afin d’accorder une égalité de l’offre éducative.

- Enfin, s’il y avait un seule requête, unique et prioritaire, à formuler au nouveau Dasen pour l’École en Mayenne quelle serait-elle ?

En revenir au respect des personnes, en finir avec la politique "managériale". Les professeurs des écoles souffrent du manque de confiance qui prédomine dans les rapports avec la hiérarchie, les remises en cause quasi systématiques de leurs compétences sont vécues comme autant d’humiliations. Pour nous quelqu’un qui est capable d’accorder davantage de confiance est quelqu’un qui se sent compétent.

- Propos recueillis par Thomas H.


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Yves Raymond (SNUipp 53) : il faut « revenir au respect des personnes, et en finir avec la politique "managériale" »

Publié le: 24 février 2016
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