Des tweets et des idées fugaces

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En Mayenne aussi, Twitter bouleverse le petit monde des communicants. Sur le réseau des gazouilleurs, des élus ou des décideurs mélangent allègrement vie publique et vie privée et s’expriment au même titre qu’un citoyen ordinaire. Désacralisation à double tranchant? En tout cas, le “réseau social” a provoqué indirectement des changements de fond sans que l’on ne s’en aperçoive. Démonstration avec des profils en lien avec la Mayenne.

Par Édouard L.


Sur la Twittosphère qui s’est construite peu à peu, l’âge moyen d’utilisation serait 40 ans, nous dit une étude et 21% de ceux qui ont des comptes seraient des femmes. Tout le reste soit 79%, seraient des Twittos. Le message sur twitter aurait donc un genre, en l’occurrence masculin. Twittos et twittas, pas très beau, vous en conviendrez!

Deuxio, le cycle classique de l’information est rompu. Ce n’est pas la fin du communiqué de presse à destination des journalistes priés de relayer l’info, mais presque.

Des discussions privées se déroulent sur le réseau social au sein desquelles des citoyens, mais aussi des journalistes et des élus de tout bord sont sur le même plan d’égalité. Ce qui ne va pas parfois sans poser question.

On ne sait pas toujours – car en règle générale, on ne le distingue pas clairement – si le “responsable” politique, par exemple, utilise Twitter dans sa vie publique ou bien s’il se trouve dans sa vie privée. Le mélange des genres, en théorie c’est plutôt fascinant et déboussolant!

Car dans son profil suffit-il de se prémunir en prévenant? Comme dans le cas de Béatrice Mottier par exemple. Mayennaise, elle est devenu adjointe de François Zocchetto en charge de l’attractivité à la mairie de Laval et fut responsable de la communication et des relations presse de François D’aubert avant que Guillaume Garot ne le détrône. Elle se présente sur Twitter comme ça : « Communicante et engagée. J’aime la Culture, c’est peut-être un détail pour vous…Mes twitts n’engagent que moi.»

Fin 2013, elle se désencarte de l’UMP pour rejoindre l’UDI, ce qui est très tendance en Mayenne. Pressentie pour figurer sur la liste de François Zocchetto, à la mi-février 2014, elle écrivait à ce mmoment-là notamment sur le réseau : « @libre53 @Zocchetto2014 soyez patient, Il arrive. Sinon, vous pouvez aussi venir à nos réunions publiques. #toutvientapoint:-) ».

A Gauche, de l’autre coté de l’échiquier politique, Claude Gourvil se présentait sur Twitter sous cette forme là, avant le premier tour des municipales. Mais entre les deux tours, il a changé son profil parce que ça a plutôt « chauffé » pour le maire sortant qui a finalement été battu. Avant on pouvait lire ça :

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Un profil fourni avec une série de mot-dièse comme «#NDDL #THT #PCB #ENERGIE #BIODIVERSITE». C’est vrai que ce sont ses chevaux de bataille, la Ligne à Très Haute Tension, l’aéroport de la discorde (NDDL), ou bien les effets du Pyralène, pour PCB. Sans oublier les essentiels, ceux qui sont « identitaires » comme #Laval – #Mayenne. Un peu chargé, il faut bien en convenir, mais c’est le signe que sur Twitter, la plupart du temps on ne fait pas attention franchement à soigner son profil.

Sur Twitter, c’est la présence qui compte! Si vous twitter pas assez on le fait remarquer. Mais cela crée de la lisibilité et cela permet d’exister. On se lâche, comme si tout était autorisé. Sur la planète des gazouilleurs, en fouillant un peu on trouve donc de tout. Tous les profils. Un jeune animateur de site internet mayennais qui souhaite un bon anniversaire à une élue qui le remercie beaucoup. Essentiel!

Mais aussi des mayennais qui sont là depuis peu comme par exemple « Julie Vandard @jvgazouille. Mayennaise d’adoption, bourguignonne de naissance, joueuse d’ukulélé, j’écoute encore des vinyles, j’adore mon mac et mon nikon. » Elle annonce faire partie de la #teammayenne! On sait presque tout!

Plus politique, et pour cause car il s’agit d’un parlementaire. Celui-là a été un des premiers à gazouiller en Mayenne en allant même jusqu’à envoyer des messages alors qu’il participait à une réunion à huis clos avec des collègues, des parlementaires comme lui recevant la bonne parole du Président de la République précédent. Il était déjà sans doute en rupture de parti! En tout cas cela lui a valu à l’époque les foudres d’un ancien député mayennais lui aussi, manifestement moins branché, et qui lui a reproché de rompre le silence du huis clos en parlant presque de trahison.

L’ancien patron de l’UMP en Mayenne Yannick Favennec, c’était lui, possède un « Compte certifié @yfavennec.» Il a cédé également aux sirènes du “transfuge” et est maintenant « Député UDI de la Mayenne Vice-président national de l’UDI en charge de l’agriculture et de la ruralité – Mayenne France. » Voilà son profil Twitter.

Twitter cela permet d’être “in” et sur son profil on peut y mettre aussi un lien qui renvoie à sa propre communication comme par exemple : favennecactualite.com.. Le réseau social, c’est aussi fait pour ça! Cette présence sur Twitter, c’est aussi l‘occasion d’entériner des alliances et de les officialiser et même d’aplanir, mine de rien, des situations politiques compliquées.

Ainsi Yannick FAVENNEC ‏@yfavennec , encore lui, écrivait le «18 oct. 2013 » : « Je suis convaincu que l UDI et l UMP de la Mayenne vont pouvoir travailler en bonne intelligence avec O. Richefou et Samia Soultani. » Olivier Richefou est le patron de l’UDI dans le département, et Samia Soultani-Vigneron est la Présidente de l’UMP en Mayenne élue après la démission de Yannick Favennec de ce poste en 2012.

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Autre exemple de l’existence de la “chose politique” sur Twitter. Cette jeune femme souriante possède un lien direct avec la Mayenne. Elle a été journaliste et attachée au ministre délégué à l’Agroalimentaire. Elle se présente sur sa page d’accueil de son compte Twitter comme «Conseillère spéciale de @guillaumegarot Team @RoyalSegolene /Grand Reporter avant. Si un âne te donne un coup de pied, ne lui rends pas. Mes tweets sont à moi – paris ». Notez au passage le conseil donné!

Finalement dans tout cet “écosystème” virtuel où l’on voit toutes sortes d’animaux qu’ils soient politiques ou pas, il faut jouer des coudes pour apparaître, simplement exister et être retwitter.
Twitter, ça donne de la chair aux fonctions, aux statuts et aux titres. L’apparition au sens propre comme au figuré permet de se montrer, d’être exposé, d’être visible et d’obtenir éventuellement des followers qui vous suivent. Mais derrière cette pseudo convivialité, cette envie irrésitible de vivre avec son temps, il y a une bonne grosse part d’égo non?

En fait ce n’est pas simple de nager et de surnager dans ce bain continu du vituel que constitue le fil Twitter. Cette configuration de réseau où l’apparition d’un message peut bousculer et changer le cours du quotidien de l’information. Twitter, c’est un bouillon de culture numérique déversé en continu et qui crée parfois du concret sur un écran d’ordinateur ou sur un smartphone. De la matière, comment dire? qui se veut constamment première, et en «140 signes maxi».


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