Guillaume Garot a perdu son portefeuille

Le ministre a perdu son portefeuille, il ne lui reste plus que la photo d’identité. Guillaume Garot n’est plus ministre délégué à l’Agroalimentaire. Par ici la sortie! Tout soumis au bon vouloir du Président, c’est «lui qui décide» avait-il dit au soir du second tour. C’est «lui qui décide» rajoute Guillaume Garot après la nomination du gouvernement «resserré» en espérant peut-être un lot de consolation comme Secrétaire d’État.

Par Thomas H.

Maigre consolation pour « le gars Guillaume » comme on dit en Mayenne, avant de quitter sa fonction de ministre, il aura participé à l’accueil officiel en grandes pompes du Président chinois. Sa visite d’État en France l’aura d’ailleurs empêcher d’être tout à la campagne électorale de l’entre deux tour. C’est d’ailleurs en fait ce que reproche globalement les lavallois au ministre «de ne ne pas avoir été tête de liste».

Une visite pour finaliser des contrats qu’il avait commencé à négocier en Chine en Mai 2013 et dont il ne fallait pas s’exonérer de la signature. Pour le développement économique, des jobs et peut-être même de la future croissance, qui sait?

«Trois accords commerciaux et économiques entre des entreprises françaises et des partenaires chinois» scellés lors du SIAL, le Salon international de l’alimentation de Shanghai.
«(…) Biscuits et yaourts à travers le réseau d’une quinzaine de supermarchés à Hong-Kong et Shanghai, (…) usine de production de foie gras (…) accord enfin concernant la génétique porcine destinées à améliorer la qualité de la viande porcine chinoise».

Guillaume Garot ici, au centre, très entouré en tant que ministre – Photo (c)leglob-journal.fr

Ministre même “délégué” – ce qui lui permettait de siéger au Conseil des ministres du mercredi, ce qu’il fera occasionnellement s’il est nommé Secrétaire d’Etat – cette aventure-là est terminée. En Janvier 2013 Guillaume Garot écrivait sur son blog : «Aujourd’hui, j’entame à Londres ma tournée européenne de lutte contre le gaspillage. Nous sommes face à un véritable enjeu de civilisation. 30% de la nourriture produite dans le monde sont jetés, alors que plus d’un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim. (…)»

Celui qui avait laissé les commandes de la mairie de Laval à Jean Christophe Boyer le qualifiant d’ homme de la situation, pour aller rejoindre le Conseil des ministres, redescend donc. François Hollande a souhaité au lendemain du second tour «un gouvernement resserré (…) de combat». Et le soldat Garot protégé de Ségolène Royal n’aurait pas été sauvé. A moins que!

Pourquoi? parce que la bascule ne pardonne pas. Un ministre ne doit pas être un « looser », il doit pour l’opinion publique incarner un élu qui «gagne aussi dans son fief».

leglob-journal.fr écrivait bien avant les élections municipales, en octobre 2013 que «(…) Laval devra rester dans la liste des villes françaises à Gauche. Guillaume Garot “le sauveur” , le socialiste gauche-catho qui rassure et fédère laisse la main en apparence à Jean-Christophe Boyer.»

Il passait ainsi du coté «des notables qui opèrent dans les parties obscures du pouvoir (…)» comme l’écrivait Jean Marc Bédue de la liste Carton rouge dans un long interview accordé à leglob-journal.fr.

Guillaume Garot, écrivait a cette époque leglob-journal.fr a prit «(…) un risque. Remettre en danger la ville de Laval sur l’échiquier politique. Et il a montré finalement qu’il restait attaché à sa mairie gagnée en 2008, mais pas avec les mains à proprement parler dans le cambouis. Son travail de député, la députation qu’il sera amenée à retrouver quasi automatiquement en descendant de son piédestal de ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot y tient aussi. Peut-être plus que les affaires municipales. Choisir l’Assemblée nationale, compréhensible, quand on a gouté aux ors de la République, à ses honneurs et ses pompes.»

Et le tout jeune ministre tout à la joie de réactiver son site internet officiel un peu en sommeil ne cachait pas sa joie sur son site : «C’est une grande fierté et un grand honneur pour moi de servir la République et notre pays. Je suis très conscient de la responsabilité qui m’est confiée et très heureux de porter un dossier, au sein de l’équipe gouvernementale, qui soit en lien direct avec ce que nous connaissons en Mayenne.»

Locataire de l’Hôtel de ville de Laval par hasard au gré de l’alternance en 2008, Guillaume Garot avait été conduit à choisir plus tard, entre la mairie d’une ville de province et le ministère une fois nommé. Entre le Vieux Pont, la Place de la Trémoille, celle du 11 Novembre, la rue des Déportés et Paris. Il avait choisi. Mais un portefeuille de ministre cela se refuse-t-il?

Avait-il néanmoins conscience à l’époque que localement, même en troisième position sur la liste“ Laval au cœur”, l’art allait être difficile pour l’équipe sortante face à la critique aisée? Se rendait-il compte que « le yoyo ce n’est pas bon » pour le département, et l’agglomération qu’il avait présidée?

Surement, il avait appréhendé que de ne pas gagner était une faute politique. Pour le département de la Mayenne qui est tout entier passé dans les mains de la droite, du moins dans la grosse majorité des plus grosses villes. Faute politique aussi pour lui qui est maintenant face à son propre avenir. Certainement plus compliqué.

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