Il a choisi l’homme de la situation?

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Guillaume Garot ne conduira pas la liste en vue des prochaines municipales à Laval. Il reste pour l’heure ministre et ne briguera pas à nouveau la mairie en 2014. Jean-Christophe Boyer sera tête de liste. Garot en 3ème position. « C’est un choix de raison », avait commenté de façon sibylline un « ponte du PS local ». On comprend mieux à présent. Il était possible de s’attendre à un retour aux manettes pour celui qui avait éliminé de la course lavalloise François D’aubert en lui ravissant mairie et siège de député au début de l’aventure socialiste à Laval. Finalement non. Depuis « le jeune loup » s’est fait les dents, son discours s’est affirmé, il a su élaborer des stratégies politiques et électorales, fait des choix. Avec cette « volte face » le voilà qu’il fait un nouveau pari sur l’avenir.

Par Thomas H.


lettreibig2.jpgIl y a quelques mois, Jean-Christophe Boyer, c’était « l’homme de la situation », comme avait dit Guillaume Garot au moment de se trouver un successeur pour cause de montée au gouvernement . A présent, Boyer est toujours « l’homme de la situation ».

Fort de cette désignation, l’anchor-man devra surtout emmener 44 personnes derrière lui. Les emmener, mais aussi les conduire à la victoire. No choice ! Car pour filer la métaphore footballistique, il n’a pas le droit à l’erreur !

garot2.jpgL’homme de com’, le « cumulard », l’adjoint aux finances qui a « fait le job », certains disent le «sale boulot» sera donc sur les affiches.

Dur dur, le positionnement en perspective du socialiste en campagne quand l’électeur risque de lui renvoyer cyniquement – hausse des impôts, stationnement payant, mécontentements, gestion municipale et rythmes scolaires – tout cela devrait faire bon poids dans la balance électorale.

En attendant, l’homme toujours en phase, au sourire parfois figé, et à la « suffisance arrogante » comme le jugent ses détracteurs sera en première ligne. Celui qui maitrise ses dossiers mais fait« figure de repoussoir» continue d’incarner « l’homme de la situation ». Mais Laval devra rester dans la liste des villes françaises à Gauche.

«Guillaume le sauveur», le socialiste gauche-catho qui «rassure et fédère» laisse la main en apparence à Jean-Christophe Boyer. A lui, là aussi de faire le job!

Guillaume Garot va donc faire campagne dans ce scrutin-test pour la Gauche depuis qu’elle a créé l’alternance à la Présidentielle. Il devrait se trouver dans l’arène électorale derrière le candidat Jean-Christophe Boyer qui lui sera – selon toutes vraisemblances – face à un sénateur, François Zochetto (UDI) qui contrairement à Jean-Christophe Boyer « n’aime pas le contact et aller vers les électeurs ».

laval.jpgLe Sénateur, qui va «devoir se dynamiser» a pour lui un très bon ancrage parmi «les notables assis» de la ville. Mais son « ticket », son rapprochement avec Samia Soultani , semble le « gène [r] un peu aux entournures », en raison des attaches que sa colistière, encartée UMP s’est créées avec la Droite forte. Guillaume Garot a pour lui l’émiettement possible des voix qui pourrait résulter de la deuxième liste à droite sur Laval, à l’extrême droite, pilotée par le FN.

Guillaume Garot prend malgré tout un risque. Remettre en danger la ville de Laval sur l’échiquier politique. Et il montre finalement qu’il reste attaché à sa mairie gagnée en 2008, mais pas avec les mains à proprement parler dans le cambouis. Son travail de député, la députation qu’il sera amenée à retrouver quasi automatiquement en descendant de son piédestal de ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot y tient aussi. Peut-être plus que les affaires municipales. Choisir l’Assemblée nationale, compréhensible, quand on a gouté aux ors de la République, à ses honneurs et ses pompes.

Alors Guillaume Garot fait-il à nouveau le bon choix ? Fait-il « le choix de gagner » en se mettant en retrait même s’il sera présent et épaulera de tout son poids politique Jean-Christophe Boyer?

Les intentions de vote et les ressentis conduisent-ils automatiquement à mettre le bon bulletin dans l’urne? Pas sûr! Ses « convictions royalistes» sur le non-cumul l’ont conduit à choisir. Il sait aussi comme tout homme politique que « le yoyo ce n’est pas bon » pour le département, l’agglomération, et que «ne pas gagner serait une faute» pour tous, y compris pour lui et son propre avenir politique.


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