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Jean Arthuis choisit d’être européen. Il a fait savoir qu’il se positionnait sur cette élection de 2014, comme tête de la liste centriste dans le Grand-ouest. C’est sans doute parce que le sénateur de la Mayenne est chargé au sein de l’UDI de la « refondation du projet européen » qu’il choisit de « repartir au charbon ». En 2014, à 70 ans, il s’imagine donc parlementaire européen. Euro-député. Est-ce pour montrer qu’il faut continuer à travailler le plus longtemps possible ? Ou bien est-ce pour son expérience de l’Europe et ses connaissances en tant qu’expert-comptable ?

- Par Thomas H.

« L’Europe doit nous sortir de la crise » disait-il en février dans la cité malouine en Bretagne, invité d’une chambre consulaire. D’ailleurs depuis, il prend à cœur sa nouvelle ambition d’élargir ses horizons hexagonaux.

A la mi-mai, il s’est rendu à Luxembourg pour «  […] mieux connaître et faire le point avec les responsables de trois institutions qui participent à la gouvernance de la zone euro […] » et notamment la « Cour des comptes européenne, garante de la sincérité des comptes de l’Union européenne » peut-on lire sur son blog. Histoire de nouer peut-être des contacts et d’anticiper. Expertises et comptes, Jean Arthuis est un homme qui aime «  la rationalité », prépare ses actions et interventions, mutualise les moyens disent ceux qui ont travaillé avec lui.

Imposante et majestueuse bâtisse, le Sénat

Durée - Jean Arthuis est au Sénat - qu’il a eu le « génie » de préférer à l’Assemblée Nationale – depuis 1983. Un sacré bail ! S’il est élu eurodéputé, il devra le quitter après 31 ans de présence et devra abandonner son mandat de sénateur car il y a incompatibilité entre un mandat d’élu national et celui d’eurodéputé.

En 2014, l’actuel président de la Mayenne et membre au Sénat du Comité national de lutte contre la fraude aura presque 70 ans. Il aura été le puissant « patron » de la commission des finances. Descendu depuis de la fonction, il a du rendre berline et chauffeur afférant.

Résolument plus moderne est l'Europe

« Long terne » - Quand il arrive à Bercy, succédant à Alain Madelin comme ministre de l’Économie et des Finances du gouvernement Juppé, le Canard Enchainé lui taille le portrait de circonstance dans un article de quatre colonnes en avant-dernière page. Le journal titre sur ce jeu de mot L’avenir à long terne et écrit « croyant sans être papiste […] avec son allure de notaire, ses costumes gris, et son visage fermé, cet expert-comptable n’a pas le goût des déclarations fracassantes de son prédécesseur […]. » Pas très flatteur !

Comment lui est venue cette idée d’Europe comme prolongement de carrière ? Ses amis disent qu’il n’est pas un « sénateur à se trouver dans l’opposition », il ne se voit pas s’arrêter de faire de la politique simplement parce que la retraite le guette, qu’il a « toujours été européen » et que son « envie d’Europe » daterait de l’époque de la bascule du Sénat à gauche. C’est décidé, il sera tête de liste. D’autres pourtant dans sa majorité se demandent pourquoi lui et pas quelqu’un de plus jeune.

es listes aiment Jean Arthuis. Quand il est secrétaire d’Etat du gouvernement Chirac lors de la première cohabitation, son nom figure sur celle des « victimes à venir » d’Action directe relate l’article du Canard. Parce que chaque Vendredi soir, Jean Arthuis regagnait sa «  terre d’élection en Mayenne » en empruntant au volant de sa voiture toujours le même itinéraire. « Austère […] technicien tout en étant anti-technocrate […] » selon le journal satirique.

Depuis son élection sous les ors de la République, comme «  benjamin » de l’assemblée sénatoriale, il a beaucoup progressé. Sa parole est sure à présent, « un peu refroidis- sante » disent ceux qui ne l’apprécient pas, « arrêtée » en tout cas, à tel point que tout le monde ou presque l’écoute en Mayenne de façon religieuse. Peu, en somme, ont envie ou osent le contredire, car le « Roi Jean » comme il est surnommé dans son fief est capable de « couper des têtes ». Ce libéral « grand clerc » se veut prévenant pour son pays qu’il semble considéré comme un tout.« Nous sommes au pied du mur » prédit-il « bon prince », du haut de son poste de vigie douillet et confortable, lui qui dans l’ancienne majorité était beaucoup moins véhément.

Au Sénat pendant une séance de questions au gouvernement

Gouvernance - Sur les 35 heures, homme de droite, logique, il fait une “fixette”. Il prône une « révision de la durée du temps de travail » en imaginant que l’actuel Premier ministre de la France - selon lui « menacée de décrochage » - va prendre exemple sur la gouvernance européenne qui vient d’imposer aux fonctionnaires européens de travailler 40 heures au lieu de 37 heures et demi à salaire égal. Il lui a écrit une lettre en ce sens.

« La France doit faire les réformes qui s’imposent » répète-t-il à l’envie, avec un double positionnement que lui donne son cumul de mandats, à la foi le local et le national. Déclarations parisiennes médiatisées et plutôt retenues en Mayenne. Il donne l’impression de réfléchir politiquement surtout en terme d’économies et de gains.

Partir de plus pour aller vers du moins. Ainsi la réforme des retraites doit être « ambitieuse ». On saisit ce que veut dire ce mot. Il plaide pour une « retraite à point » pour tous les Français. Il faut « baisser les cotisations sociales de 50 milliards en 2014 » et augmenter la TVA. Il faut un contrat de travail unique.

Se voit-il simple parlementaire européen ? Dame ! non ! comme on dit en Mayenne. Certainement qu’il ne se contentera pas de faire les aller et retour sans un plus à la valeur ajoutée comme la TVA qu’il a enrichie du mot « sociale » - véritable oxymore - pour laquelle il milite et qu’il souhaite voir passer à 25%. Jean Arthuis est ambitieux. « Pour sûr qu’i va pas pour "bouiner" à l’Europe,  » comme peuvent le dire certains de ses administrés, petit sourire aux lèvres et qui parlent le patois mayennais bien loin de la capitale.


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A 70 ans, Jean Arthuis vise l’Europe

Publié le: 26 mai 2013
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