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Agro-alimentaire. Le secteur économique dispose d’un ministre délégué rattaché à celui de l’Agriculture. C’est le lavallois Guillaume Garot qui s’y colle et comme on dit, il a du « pain sur la planche ». L’épisode de la viande de cheval remplaçant le bœuf dans des plats préparés a été la « partie émergée de cet iceberg monumental qui pèse sur les consommateurs », et sur les politiques. Avec en filigrane l’épineuse question de l’emploi induit, de l’emploi chantage. Sauf que les pratiques agricoles et alimentaires doivent évoluer. C’est impératif !

- Par Thomas H.


Aller ! Sans être alarmiste, il va falloir apprendre à informer correctement les consommateurs. Car souvent ce qu’on mange fait frémir ! Pour éviter que les « forbans de l’alimentation » (selon les termes de Périco Legasse journaliste spécialisé à Marianne) ne puissent continuer à imposer les contenus de nos assiettes.

Il faut pouvoir manger, simplement. Alors ne faut-il pas faire une « révolution culturelle » dans l’agriculture. Car ce qu’on mange nous constitue, nous fait grandir certes, mais revers de la médaille nous sape aussi à petit feu.

L’agro-alimentaire a industrialisé nos campagnes avec tout ce que cela comporte de dommages collatéraux. Au nom du sacro-saint rendement, synonyme de réussite agricole, et avec la complicité de la publicité télévisée. Il faut donc réapprendre à nos enfants à se nourrir parce qu’ils seront les clients de demain. Facile à dire, mais encore faut-il en avoir conscience, et hélas, moins évident à mettre en œuvre.

« Changer ! - L’agriculture concentrationnaire aussi bien chez les poulets que les autres animaux, ce n’est plus possible. » estime le journaliste Alain Kruger. De fait réapprenons à faire de l’agriculture pour éviter que dans nos assiettes, il y ait 80% de nourritures issue du monde animal et le reste en végétal. Ne faudrait-il pas inverser la vapeur ?

Dans un récent rapport du ministère de l’Agriculture, des termes semblent paraître important aux spécialistes de « la chose agri-culturelle ».Le premier mot qui revient souvent, c’est agroforesterie. Selon le principe que la forêt est vivante et qu’il faut revenir à un équilibre nécessaire à sa survie et à la notre !

L’agroforesterie est un mode d’exploitation des terres agricoles associant des plantations d’arbres dans des cultures ou des pâturages. Imaginez des arbres sagement alignés dans les champs de blé mayennais ! Diantre ! Alors que jusqu’à présent pour ne pas gêner le tracteur, on les abattait ! Il faudra donc revenir sur ce qui continue à paraitre aux agriculteurs comme une évidence.

Ensuite, privilégions, dit en substance le rapport du ministère, ce qu’on appelle la permacul- ture. La philosophie de la permaculture consiste à travailler avec la nature et non pas contre elle, selon le principe connu que la monoculture tue l’agriculture.

Enfin, bien-sûr il faut tendre de plus en plus vers la biodynamie. Cette méthode a pour idée de départ le concept d’« organisme agricole » qui consiste à regarder toute ferme, tout domaine agricole comme un organisme vivant, le plus diversifiant et le plus autonome possible, avec le moins d’intrants en ce qui concerne le vivant ; par exemple les plants, les semences, la fumure etc. On ne parle même pas d’OGM et encore moins de pesticides ! Le bio, simplement et bien-sûr le bio vertueux !

Le prix de la vertu - Le bio, ce serait le « normal » selon les nouvelles orientations ministérielles. D’ailleurs, cela a été la pratique la plus répandue en France et par voie de conséquence en Mayenne jusqu’à l’entrée du premier intrant (engrais, etc.) dans les cultures. Et on s’en portait beaucoup mieux non ?

Sauf que le vertueux ça coûte. Et oui ! Mais ne pas y avoir recours nuit beaucoup plus gravement à la santé que le contraire. Les produits bio (logique ?) sont certes 25% plus cher que les autres. Mais la faute à qui ? Aux consommateurs que l’on veut nous faire croire plus intéressé par son porte-monnaies, que par la qualité et qui souhaite manger en payant le moins possible ? Mais au fait, si le Bio est vertueux et donc plus cher, quel est le prix du vice ?

Une toute petite poignée d’opérateurs de la restauration scolaire, ou bien de la restauration à l’hôpital, se partagent en France le gâteau du marché de l’alimentation collective. Et étant donné leur position de monopole et donc leur pouvoir de persuasion qui en découle, ils sont devenus de véritables lobbyistes. Du coup, quand le responsable du Conseil général en charge des cantines scolaires des collèges fait son cahier des charges, c’est l’opérateur qui fixe ses conditions ; Formidable ! Vite, il faut imposer sans jeu de mot une "restauration" !

Nourrir la planète - Mais prenons de la hauteur ! Et essayons de casser l’idée que seule l’agriculture intensive peut « sauver le monde ». Selon la FAO, si on remettait en culture 33% des friches existantes on pourrait nourrir facilement la population de la planète. Et puis tenez, selon une étude de l’INRA ( l’Institut Nationale de la Recherche Agronomique !), sachez que le contenu nutritionnelle des aliments est à présent 5 fois moins important qu’auparavant, où les intrants n’étaient pas légion. Alors ?

Ne faudrait-il pas faire finalement un véritable et salutaire bon en arrière ? Comme le laisse entendre Olivier Maulin l’auteur du roman Le bocage à la nage qui se déroule en Mayenne (Editions Balland) n’aurait-on pas intérêt à chercher « une vie libérée de l’aliénation économique  » et de ses obligations destructrices ? Pour tendre vers une vie plutôt saine, quant à faire !


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Publié le: 14 juin 2013
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