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Le sandwich s’impose. Par la force de « la crise ». La Mayenne n’est pas épargnée par ce nouvel élément de société qui crée des attitudes. Le déjeuner du midi « vite fait sur le gaz  » détrône de plus en plus l’installation devant une table de resto même si l’établissement dispose d’un menu de type ouvrier ou une « formule : une entrée, un plat. ». En ville, les néo-consommateurs mayennais ne boudent pas le sandwich bien au contraire. Parfois, très onéreux.

- Par Thomas H.

Le sandwich, en question, dans cette boutique est à 5 euros 50 ! Certes, il est entouré d’une faveur grise, un petit ruban pour éviter que les deux parties ne s’ouvrent. La garniture est sans doute spéciale, certainement originale. Mais quand même pense ce consommateur :« est-ce bien raisonnable ? » Plus de 38 francs d’avant l’euro. C’est le prix, en tout cas le plus cher constaté en Mayenne. Un top, au palmarès, relevé dans un établissement situé dans le centre de Château-Gontier. Une mie, somme toute, pas aussi câline que cela pour le porte monnaie. Acheter un sandwich devient parfois presque un luxe.

En général le moins cher des sandwichs est très forcément très classique. C’est un "bête" jambon beurre. Ce qu’on appelle « un parisien » qui vous en coutera tout de même 2,80 euros. Avec un peu de fromage, il grimpe tout de suite à plus de 3 euros. Avec du "surimi et sauce mayo" dans certaines boulangeries, c’est « presque l’arnaque ! » pense cette cliente. Le plus cher là, c’est « l’américain » ! Avec tomates, œufs, jambon ou poulet. « Avec ou sans mayo ? » demande systématiquement la jeune vendeuse. Il se vend à plus 4 euros.

Presque un produit dérivé

Mais il n’est pas certain que les néo-consommateurs y gagnent toujours. Il faut dire que pour l’artisan-boulanger, le sandwich est un "produit dérivé", et c’est lucratif et facile à réaliser. D’ailleurs ce sont de jeunes femmes qui font les « marchandes », pendant qu’un employé-boulanger cuit le pain dans le fournil.

Le midi, il arrive que les personnels des bureaux et les affamés des alentours fassent la queue devant la boulangerie. Et les sandwichs partent vite. Comme le billets de 10 euros qui se transforme rapidement en pièces. Psychologiquement, « ce n’est pas très rassurant » estime cette femme qui range ses pièces dans le porte monnaie ; d’ailleurs les néo-consommateurs s’en rendent compte.

Les temps sont durs. Pour tout le monde. Les Boulangers ont cependant, même ’ils s’’n défendent bien profité du passage à l’euro. Les vendeurs de viennoiserie et de sandwichs franchisés ou pas, comme celui de Château-Gontier, imposent les prix à leurs établissements. « Pas possible de faire en fonction de la population locale » dit cet homme derrière son comptoir dans le point vente. Les vendeurs sont obligés de subir les remarques des acheteurs qui ne peuvent s’empêcher de faire la conversion en francs.

« Ne pas convertir, svp »

« [...] Surtout, il ne faut pas faire la conversion ! » parce qu’il faut dire que 4 euros en moyenne cela porte le sandwich même si sa garniture sort de l’ordinaire à presque 28 francs... Mais « Il ne faut pas faire la conversion ! » assène cette boulangère de Laval, un peu gênée parce qu’une cliente lui fait remarquer que « 3 euros ce n’est pas 3 francs ».

Gênée parce qu’en plus, un petit écriteau sur la caisse interdit le paiement par carte bancaire en dessous de 7 euros 50. « Pour ne pas payer de commission à la banque » explique-t-elle « C’est compliqué pour tout le monde, vous comprenez, il y a des clients qui sortent la carte bancaire pour régler une baguette ! C’est plus possible ! ». On est loin du porte monnaie électronique qui a du mal à prendre.

« La qualité a un prix »ajoute-t-elle. C’est en partant de ce principe qu’un charcutier de la 3e ville de la Mayenne vous vendra 2 euros 50 une quiche lorraine toute simple dont la circonférence ne devrait pas excéder 8 centimètres, avec une épaisseur de la croûte assez importante.

Déjeuner en voiture

D’ailleurs elles paraissent toutes ridicules, ces quiches bien sagement alignées sur leur plateau, dans la vitrine réfrigérée. Abandonnées et délaissées, leur apparence ne donne pas l’impression qu’elles aient été cuisinées le matin. Pas certain d’ailleurs qu’elles se vendent ! Tant elles paraissent défraichies.

Le phénomène du sandwich se répand. Il n’épargne pas les grandes surfaces du département. Parfois des hommes, mais le plus souvent des femmes déjeunent d’un casse-croûte dans leur voiture assis au volant. Ils se sont garés sur le parking de l’hypermarché qui se trouve à l’entrée de la ville. « C’est un moyen de faire une coupure, de s’isoler aussi disent certains pour ne pas subir aussi sur le temps de midi ces collègues. »

La fenêtre de la voiture est entre-ouverte, munis ou pas d’un journal ou de quoi lire, il n’est pas rare de remarquer ces salariés esseulés qui mâchent leur sandwich consciencieusement. Signe des temps.

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De plus en plus d’hommes et des femmes sandwich !

Publié le: 31 mai 2013
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