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Entre les deux guerres, les Ligues d’extrêmes droites défilaient. Autre temps, autre époque, au 21e siècle, l’histoire semble bégayer avec les manifestations « anti mariage pour tous » et « Jour de colère ». Des groupes se mettent en lumières, comme si après une phase de sommeil, ils se réveillaient avec des objectifs de déstabilisation.

- Par Thomas H.

Faire obstacle aux forces du changement, c’est leur objectif. Les manifestations organisées dernièrement à Paris et Lyon par des mouvements comme Civitas organisation catholique intégriste, ou bien le Printemps français, avec l’Action française, le Renouveau ou l’Œuvre française, le GUD, etc. rappellent l’époque et les slogans des ligues des années 20’ admiratrices du Fascisme qui est apparu au lendemain de la Grande guerre.

Fédérées d’abord autour du refus du mariage pour tous, puis contre la soi-disant familiphobie du gouvernement, il s’agissait de « coaguler les colères » contre le pouvoir. Celui qui « n’écoute pas le peuple, matraque les contribuables, enterre notre armée, libère les délinquants, déboussole nos enfants, pervertit notre système scolaire, réduit nos libertés, assassine notre identité, détruit nos familles. ». Ouf !

Oui. Tenter de faire un parallèle, à nouveau. Même si l’histoire ne se répète pas. On recycle finalement, on utilise et on remet au goût du jour. Pourtant nous préférons officiellement parler de “populisme, de racisme ordinaire, d’autoritarisme classique, d’identité nationale, de préférence nationale”, etc. La sémantique choisie dépend des groupes qui s’expriment et de leur stratégie de communication.

Avec le temps, et presque cent ans plus tard, l’imagerie fasciste a donc trouvé des « hagiographes » : des “reliseurs” de l’Histoire, des adeptes des écritures saintes qu’elles soient canoniques ou inspirées , des “détestateurs” du juif, des révisionnistes et des négationnistes. Mais aussi des observateurs acharnés du web revisité ou des complotistes.

Ouest-Eclair quotidien régional d’inspiration démocratie-chrétienne, qui après guerre deviendra Ouest France écrivait en 1922 « (…) descendue dans la rue, cette armée d’un nouveau genre se jeta à la chasse des communistes (…) » et le regrettait. Quant à l’Action française, journal inconditionnellement favorable au fascisme et se situant à l’extrême-droite, il analysait que « le fascisme est une réaction (…) c’est l’expression d’une faculté de résistance à la dissolution et l’anarchie (…) ».

Certes, encore une fois, comparaison n’est pas raison. De nos jours, il s’agit de socialistes qui sont au pouvoir et l’influence des communistes, très puissants à l’époque, s’est considérablement amoindrie. Et nous savons que nous n’allons pas vers une dictature.

L’argumentaire de la « réaction » toutefois a été repris aujourd’hui dans l’expression « vote protestataire ». Les manifestations de la droite et de l’ultra-droite qui apparaissent agrégées en mouvement, peu solidaire les uns des autres, sont comme dans une dynamique de « résistance », un rejet en fait d’une dislocation des conventions traditionnelles de la société qui leur fait peur, parce que cette dernière ne respecterait plus leurs valeurs fondamentales que sont par exemple le couple traditionnel hétérosexuel et la cellule familiale. Le noyau familiale traditionnelle.

Il s’agit, à priori, de manifestants ultra-conservateurs et réactionnaires. D’un rassemblement de bric et de broc. Criant des slogans antisémites et négationnistes ; des invectives violentes contre les homosexuels, les médias, des refrains dangereux contre ce qu’ils appellent le « système » présenté comme un bouc-émissaire.

Ils ont défilé sur Paris. Des manifestants, des hommes, mais aussi des femmes, des jeunes et des vieux, qui portent en eux des vestiges des ligues factieuses. Des saboteurs du processus démocratique, utilisant sans vergogne la liberté d’expression pour essayer d’imposer leurs normes sociales à tous. Fauteurs de trouble avec un esprit de désordre. Pas de construction.

Instrumentalisés par des associations religieuses, ou par des émanations groupusculaires de parti politique, nos “ligueurs” qui sont obnubilés par la bien-pensance des tenants du conservatisme familial semblent ignorer jusqu’à l’existence de la famille recomposée. Ce qui relève d’un aveuglement volontaire face à la réalité sociale contemporaine.

Un tel vomissement du discours, jusqu’au-boutiste, ne peut être que le fruit d’une idéologie contraignante et avilissante pour la pensée. Celle d’un ordre groupé qui porte et rassure. Hélas.

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Publié le: 11 février 2014
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