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A Château-Gontier, le maire sortant Philippe Henry qui se représente s’est octroyé depuis le début de ses mandats la compétence dans le domaine du développement économique. Et très souvent, il est fier, et c’est normal, de se mettre en avant quand il s’agit de faire savoir qu’une entreprise a “choisi” le territoire de la Communauté de communes qu’il préside par exemple. Actif, il l’est comme le milieu économique du Pays de Château-Gontier qui se retrouve régulièrement au Club des entrepreneurs de sa ville et de la région. Il le fait « dans un cadre convivial pour échanger autour de problématiques communes, partager les bonnes pratiques (...) et élargir [son] réseau » peut-on lire sur le site internet. Décryptage !

- Par Thomas H.

« Favoriser les échanges entre les entrepreneurs locaux, profiter de l’expérience des uns et des autres, le Club des entrepreneurs castrogontérien est d’abord un lieu d’échanges informels et conviviaux. Il compte près de 80 membres » et il est fort d’« environ 3000 salariés » se targue le site internet. Sauf que ces derniers, normal, n’y ont pas accès !

C’est entre patrons qu’on se retrouve car « l’emploi local passe aussi par une solidarité économique ». Hommes et femmes présents peuvent donc « échanger librement sur les problématiques et la vie d’un créateur ou d’un manager d’entreprise ».

« Actions concrètes sur le terrain, visites d’entreprises, conférences, actions de communication », la palette des interventions du Club « sont mises en œuvre par les membres, organisés en commissions ». Comme à la jeune Chambre Économique ? Où les clubs d’affaires par exemple. Business et soutiens politiques.

Philippe Henry au pupitre - Photo Club des entrepreneurs

Aux cotés de la Présidente du Medef de la Mayenne Marie-Christine Py qui se trouve dans l’annuaire des membres du club de Château-Gontier, on trouve pêle-mêle, par exemple le Directeur adjoint du centre Hospitalier public de la ville, des huissiers de justice, les lycées de la ville, des représentants de la mission locale, mais aussi des directeurs de banques, d’assurance, des consultants, des directeurs d’usines ou d’établissements, comme celui des volailles SNV, du Joint Français, des Tôleries Services SAS ou bien de Veolia Eau.

Le Club de Château-Gontier et de sa région est présidé par Yves Rivain de la société de BTP Star qui construit des routes. Il est aussi le Président de la Fédération des Travaux Publics de la Mayenne et membre du Rotary Club de Segré Haut Anjou, ce qui n’est pas négligeable. Le secrétariat est tenu par une employée de la Communauté de communes du Pays de Château-Gontier qui s’occupe de la coordination en matière de développement économique près du Maire et Président Philippe Henry.

Dans la liste des membres se trouve également l’ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats au Barreau de Laval qui présente le mérite outre - d’habiter le pays de Château-Gontier, de participer à l’Harmonie du pays de Château-Gontier, et à l’Ogec « association loi 1901 initiée par l’Enseignement catholique » - l’avantage aussi d’avoir comme domaine de compétence le Droit du Travail du salarié et des employeurs, le Droit Social mais aussi le droit en matière de Représentant du Personnel (CE, DP, etc.) Nul doute qu’il doit être sollicité !

Le « Past-président », c’est-à-dire celui qui a cédé sa place de président au nouveau boss en titre le Directeur général de la Star, est le Directeur Opérationnel de la société Protect’Homs, elle-même présidée par l’ancien patron du Medef en Mayenne. Protect’Homs distribue des « solutions pour la protection, l’hygiène et la sécurité des personnels sur leur lieu de travail. »

Partager et sans doute asseoir des positions et consolider des marchés car « l’union fait la force ! » lit-on sur le site, et en « se rassemblant et en faisant connaissance, les entrepreneurs locaux s’entraident et pèsent sur le développement économique local » peut-on lire encore sur le site internet du Club de Château-Gontier.

La vie du Club des Entrepreneurs de Château-Gontier passe par celle des commissions qui se réunissent régulièrement et qui sont au nombre de 6 : Emploi, Développement durable, Communication, Visites d’entreprises, Challenges dont le but pour cette dernière est de mettre « à l’honneur une personne physique qui s’est particulièrement distinguée soit dans une démarche pérenne, soit par un exploit. L’objectif est de récompenser chaque année une action remarquable dans les domaines culturel, social, économique, sportif, etc. ».

Pour un Club d’entrepreneurs, l’École et l’Entreprise ne peuvent manifestement pas être éloignées, car et c’est rassurant l’enfant finira bien par devenir un salarié ! En Mayenne ses rapprochements sont chouchoutés et même encouragés, peut-être plus qu’ailleurs. Dans notre Club, cela passe par exemple par l’organisation de « débat ouvert » dans le cadre de la sacro-sainte commission École-Entreprise avec cette série d’interrogations éclairantes : « qu’attend-t-on d’un élève en entreprise ? » ou des rencontres « élèves/parents sur les métiers en tension sur le bassin ? Quelles opportunités locales ? A court et moyen terme ? ». Adapter l’offre à la demande ?

Les Assemblées Générales (AG) souvent en soirée sont aussi le moyen de faire de la communication plus politique encore. Le président de l’intercommunalité et Maire de Château-Gontier Philippe Henry a plaidé par exemple Juin 2011 pour son fief. il insistait sur la nécessité du développement économique du pays de Château-Gontier et de la place de Château-Gontier au niveau régional. Il faut flatter le public ?

Cela passe par le « désenclavement routier de la ville » ce qui lui fait capitaliser depuis des années des sommes conséquentes avec au moins 5 zéros en vue de la mise en route de la Rocade Nord grâce aux collectivités qu’il gère. Et puis les décideurs deviennent de bons relais d’opinion !

Jean Arthuis le Président du Département y est intervenu aussi mais sur des thématiques plus nationales, of course, comme par exemple « réflexions du Sénat sur les modalités d’accompagnement des entreprises ».

C’est le moyen de faire passer des messages ciblés aux « décideurs économiques » du style « s’il y a eu une reprise relative cela ne veut pas dire que la tendance est assurée. On ne produit plus : cela peut-il durer ? Et comment faire évoluer le système pour mieux gérer les finances publiques ? Revenir sur les 35 heures ? C’est peut-être une piste. ». On le voit, la communication politique exclue les alternatives et confortent des idées rebattues qui passent par le “toujours moins”.

La prochaine AG traitera d’ailleurs du Lean management. Le terme lean signifie amaigrissement en français. Il a été « utilisé pour la première fois en 1987 pour qualifier les méthodologies de gestion d’entreprise développées au Japon, dont la réalisation la plus aboutie est le Toyota Production System ». Alors le Lean management : « nouvel outil de réduction des coûts ou vraie démarche de mobilisation et de progrès pour l’entreprise et les salariés ? » Pas sur ! En attendant, voici des éléments de réponses ici.

En Septembre 2011, le Club des entrepreneurs de Château-Gontier s’est intéressé aussi à la gestion du conflit en entreprise. Résultat des remarques pertinentes comme celle-ci « sans conflits pas de changements ! […] Appel à un nouvel équilibre, les conflits sont la base de l’évolution des systèmes vivants. Source de destruction ou de construction. »

L’intervenant, un consultant d’un cabinet extérieur au Club castrogontérien, a développé aussi des arguments qui mettent en avant que « le conflit trouve sa source dans la frustration, l’ennui, le manque de reconnaissance. » Face à l’ennui, dans l’entreprise, il se créerait du conflit pour exister. Le consultant donne des réponses à cette question : « Comment faire pour perpétuer un conflit ? Il faut peut-être comprendre la réponse à l’envers : maintenir de la rigidité ! Le meilleur moyen de perpétuer un conflit consiste à rechercher des coupables. » En fait, rien d’extraordinaire dans tout ça !

Les « décideurs économiques » écoutent attentivement l’intervenant qui est consultant dans un Cabinet de Ressources Humaines et apporte son expertise. « Il faut veiller aux messages corporels qui représentent 70% de la communication, celle qu’on appelle le non verbal. » Et il poursuit : « chaque conflit est donc une occasion d’avancer. Accepter le conflit, c’est accepter le pardon. L’immaîtrisable de l’homme. En résumé, le conflit c’est la vie ! » conclue alors le consultant qui quitte le pupitre où il intervenait devant l’assemblée. Et d’ajouter avec un large sourire de communication non verbale « Merci à tous ! »


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"L’union fait la force !"

Publié le: 16 février 2014
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