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Quand les pensées du passé plusieurs années après se télescopent avec la réalité. Certes « revisiter n’est pas jouer », mais ça aide à y voir plus clair. Comment la gauche en Mayenne, qui avait pu inverser la tendance en 2008 n’a-t-elle pas plus senti le vent tourner ?

- Par Thomas H.

Tout acquis à ses responsabilités, les équipes d’abord emmenées par Guillaume Garot puis par Jean Pierre Le Scornet, n’ont pas su anticiper et renverser la tendance de la “machine à perdre”. Refaire comme porte bonheur des affiches "orange" en niant les couleurs du PS, parce qu’elles permis la victoire en 2008, cela n’a pas été suffisant. Ni les porte à porte express des dernières minutes de la campagne. Pas plus que l’annonce au cour d’un débat d’une improbable arrivée d’une entreprise pouvant créer des emplois ! il faut remonter à bien plus loin.

« Chers amis, chers camarades, vous pouvez compter sur ma détermination sans faille pour faire avancer et gagner la Gauche en Mayenne. Chaleureusement, Guillaume Garot. » Dans un « éditorial » de juillet 2010, sur le site du parti socialiste en Mayenne, le patron du PS tentait déjà une opération re-séduction.

Relues après des années et des scrutins passées, ces phrases sonnent presque comme un couperet. Guillaume Garot alors Secrétaire fédéral du Parti socialiste en Mayenne commençait à vouloir rassurer les militants, les adhérents, les sympathisants qui se posaient des questions, au demeurant légitimes, sur l’avenir de la gauche sur Laval et en Mayenne. Et ça tanguait fort, au point par exemple que pour des militants coller les affiches, un temps le cœur n’y était plus !

Guillaume Garot poursuivait : « Ainsi avec le Parti socialiste, la Gauche unie s’enracine durablement et poursuit sa progression partout en Mayenne. Certes, en mars dernier, au scrutin cantonal, la Gauche unie a perdu deux sièges à l’assemblée départementale, mais nous avons rassemblé 44 % des voix dès le 1er tour (contre 36% en 2004) et 47 % au second tour.  »

Des phrases encore une fois qui rappellent le procédé de la méthode Coué. Parvenir à se persuader du bon cap, de la bonne direction, de la bonne intention. Mais était-ce suffisant ?

Pourtant en septembre 2009, en conseil municipal François Zocchetto à présent dans le fauteuil du maire de Laval , mais à l’époque dans l’opposition tirait la sonnette d’alarme de la défaite annoncée de la gauche à Laval. « C’est une hausse brutale et injuste qui va toucher les Lavallois aux revenus moyens, des familles qui sont à 200 € ou 300 € près. [...] vous allez prélever 5 millions d’euros sur le pouvoir d’achat des Lavallois, ce n’est pas raisonnable. »

Fallait-il « revenir dès 2010 à des taux plus supportables » comme le demandait au maire de Laval le sénateur de la Mayenne François Zocchetto ? Fallait-il juger que cette augmentation d’un coup des impôts qui allait se doubler de la mise en place d’un stationnement payant digne d’une très grande ville, signifiait l’ouverture d’un boulevard pour l’opposition et le début d’un changement ? Il est un fait que la droite qui buvait du petit lait semblait plus se préoccuper des « petites gens » que la gauche en responsabilité.

Certes le bilan de l’équipe sortante est là. Les écoles en partie rénovées. En partie. Mais que penser par exemple de celle des pommeraies en pré-fabriqués dont les travaux n’ont commencé que quelques semaines avant les élections ? Ou bien de la mise en jardin autour des tours du même quartier très tardivement ?

Pour les électeurs retraités lavallois qui n’ont plus d’enfants scolarisables depuis belle lurette, que signifient ces dépenses pourtant nécessaires et symboliques de l’action de la gauche. Rien ou presque. Car « payer des impôts pour ça !, je ne vois pas l’intérêt ! » ont souvent avancé les “désintéressés”.

Pourtant des signaux avaient été lancés. Des balises posées. Des avertissements donnés. Sous la forme d’un appauvrissement de la position de la gauche, comme la perte de ses deux sièges au Département évoqués plus haut par Guillaume Garot. Mais aussi en quelque sorte sous la forme de « supplique » de la part de l’opposition lavalloise encourageant l’équipe Boyer-Garot à changer de cap, à revenir à des fondamentaux plus acceptables pour le “peuple de gauche ”, qui avait permis l’alternance et l’éviction de François D’Aubert.

C’est-il s’agit d’autisme, comme certains l’avancent ? Ou bien de la“ stratégie de la grenouille” qui dans une casserole où l’eau devient de plus en chaude cuit l’animal qui tend à se rebiffer ?

Se rebeller, c’est sans doute ce qu’à fait une bonne partie de l’électorat dans les quartiers populaires, du moins celui qui ne se s’est pas abstenu. Les rares électeurs ont choisit de «  sanctionner » et de se tourner vers l’extrême droite. On a souligné les scores importants du FN (en moyenne 14%) dans le quartier de Saint Nicolas où la vie s’étire entre les tours, les grands ensembles d’habitations et les petits boulots de la précarité.

Des votes qui s’exonèrent de la dimension fondamentalement raciste et xénophobes du FN sur lequel les ténors frontistes font profil bas, pour être plus acceptables, hormis à Laval où le tête de liste ne se privât pas de propos qui auraient pu tomber sous le coup de la loi.

Alors maintenant ? La droite au pouvoir va devoir mettre les mains dans le cambouis. Déjà le nouveau maire a dû rendre une visite aux conducteurs de bus dont l’un des leurs avait été agressé. 3 écoles ont perdu à la rentrée prochaine une classe sur Laval, pourtant situées dans des quartiers où les effectifs sont selon les textes sont volontairement bas pour venir en aide aux plus démunis.

Mais ce qui intriguent fort les lavallois, c’est la promesse. La promesse qu’a martelé l’équipe du Maire actuel et qui a été qualifiée par l’ancien de « démagogie ». L’équation que ne peuvent résoudre pour le moment les habitants de Laval, c’est comment va faire la ville pour honorer la baisse de 10 % des impôts que François Zocchetto a promis ? De la parole aux actes, les lavallois attendent.

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Publié le: 19 avril 2014
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