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Comment peut-on influer sur la globalité de son image ? Et comment percevoir derrière la carapace la réalité de l’homme ou de la femme politique qui se met en lumière ? Prenons par exemple le socialiste Jean-Christophe Boyer, candidat à sa propre succession à la maire de Laval qui a « Laval au cœur » et qui vient de rendre public son programme tiré à 30 000 exemplaires sur papier glacé. Comment est ressenti de part et d’autre l’exercice du pouvoir ? Et comment le maire de Laval est-il réellement perçu au delà de la communication ? - Analyse.

- Par Thomas H.

Sourire le plus possible - Il est « souvent crispé » par le poids de ses fonctions qui obligent un calendrier serré. « Concentré » disent au contraire ses aficionados. Avant qu’il ne prenne officiellement la parole en public ou dans un débat, on voit bien que manifestement il contient ses propos, qu’il les retient même, tout à ceux qu’il a décidé de mettre en avant. Il est fort de ce point de vue. Le sourire gomme une certaine réalité.

Son sourire le prévient de s’exprimer et devient presqu’un rempart. Pourtant, il aime quand il se sent en confiance les répliques humoristiques qui créent du lien. Ce fils de syndicaliste et d’une mère conseillère municipale a grandi dans un petit village de la Drôme où il est né en 1966. Mis sur les rails en ayant toujours entendu parler de la « chose politique ».

Guillaume Garot au centre, lègèrement à gauche et en soutien de Jean-Christophe Boyer - (c)leglob-journal.fr

Zones de turbulences - Jean-Christophe Boyer qui a choisi d’avoir « Laval au cœur » - c’est le slogan de sa liste aux municipales - connait ses dossiers presque par cœur ; cette compétence lui est reconnue par beaucoup. C’est une très grand avantage, ce qui fait dire à ce proche « qu’il fait le job et plutôt bien ! ». Jean-Christophe Boyer est maintenant installé dans le fauteuil du maire de Laval et renvoie l’image de s’y trouver confortablement calé, même si avec le scrutin des Municipales, il se met en danger en se rapprochant d’une zone de turbulences.

“L’ancien trésorier” de la municipalité est aux commandes depuis que Guillaume Garot, le maire de Laval élu en 2008 a été appelé comme ministre en Juillet 2012 sous les ors de la République hollandaise et qu’il a du se choisir un successeur. Non sans peiner. « Être maire, c’est assumer ses responsabilités (…) » twitte celui qui créa une agence de communication qu’il a dirigé jusqu’en 2001 avant de se lancer en politique.

Auréolé de l’expression d’« homme de la situation » que lui a décerné Guillaume Garot le ministre délégué à l’Agroalimentaire qui l’a « préféré » à son premier adjoint l’instit’ Yann Kissling, Jean-Christophe Boyer « n’a pas peur du mot d’autorité, celle du professeur, celle du policier, celle de la République » devait-il récemment twitter. Il est qualifié de « (...) dynamique par ce collaborateur qui ajoute on ne peut pas en dire autant de son principal adversaire ! ».

“JCB” , comme finissent par l’appeler les “modernes”, utilise souvent le “je”, et pas trop le “nous fédérateur” contrairement pourtant à ce que préconisent les leçons des experts en communication.

Jeune et dynamique - Sauf que derrière les apparences, qui sont là en raison de la représentation officielle, il se cacherait un homme très souvent décrié, « égo-centré » et que l’on décrit comme « distant, sec, souvent cassant ». C’est ce qu’avancent en tout cas les “anti” , ceux avec qui le courant ne passe pas franchement. Il suffit de poser la question et certaines langues se délient. Un temps d’ailleurs des diners d’adjointes en petit comités se seraient tenus secrètement pour échanger autour du « malaise ».

Les “anciens” comparativement aux “modernes”, celles et ceux qui ont eu « maille à partir » avec Jean-Christophe Boyer, et sont finalement belle et bien partis, ne figurant plus sur la liste, sont assez fermes sur « le bonhomme ». Et n’ont pas de mémoire courte. Il leur arrive de relater cet épisode qu’ils veulent emblématique lors d’une « réunion en interne », où le « spécialiste de la communication » aurait eu des paroles très dures et qui ont pu être ressenties comme « blessantes » envers un conseiller municipal qui insistait pour faire entendre sa point de vue sur un dossier économique. « Quand on a un mandat il faut savoir se tenir ! » abonde cet autre.

Langage et méthode. - Sur la méthode, les réunions de travail en référence aux sommets internationaux des chefs d’États, intitulées de la lettre G et flanquées d’un chiffre en disent beaucoup racontent certains sur la prétendue « mégalomanie ». Comme par exemple G25 ou G3. Une « tactique » pour les uns qui permettrait de sélectionner les participants autorisés à assister aux dites réunions. Un système de filtre pour d’autres qui conduirait à dénoncer une information qui serait distribuée de façon parcellisée et ciblée. D’où les rancœurs et le « manque de transparence ». Comme si on décidait sans concertation.

«  On ne peut pas faire l’unanimité !  » dit cet observateur qui gravite dans l’un des premiers cercles du maire de Laval.

Maire sortant, Jean-Christophe Boyer préside également Laval Agglomération, la communauté des communes qui forment les ceintures proches de Laval, tout en siégeant au Département. Il a été réélu Conseiller général en 2011. Ces différentes fonctions politiques ajoutées à celle de Conseiller spécial au sein du cabinet de Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique apportent évidemment du grain à moudre à ses détracteurs qui le qualifient de « cumulard ». Son principal challenger, avocat, sénateur a déjà fait savoir, comme pour se prémunir, qu’il abandonnera l’indemnité de fonction de maire s’il est élu.

Toutes ces critiques, Jean-Christophe Boyer n’en a cure. Il continue de renvoyer une image qu’il souhaite comme tout politique la plus lisse possible. Cela ne le fait pas ciller et il balaye les reproches récurrents qu’il entend et connait, en souriant encore. Pour lui, cela fait parti du rôle, de la fonction. Ne pas plaire à tout le monde, bien qu’on en ait envie. A la télé régionale, quelques temps après son installation dans le fauteuil de premier magistrat de la ville, n’estimait-il pas que « le mandat de maire, quelles que soient les circonstances, est quelque chose de formidable. Bonheur-malheur, on est accueilli comme le maire. Ça met en lumière disait-il, et ça motive ! ».


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Publié le: 9 février 2014
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