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Après avoir basculer de droite à gauche en 2008, Laval bascule donc de gauche à droite. Et c’est un « nouvel objet politique » qui prend les manettes de la ville, plus en adéquation avec ce que réclament dans le fond les électeurs. François Zocchetto arrive en tête dans 25 bureaux sur les 32 de la ville. Déjà bien visible au plan national le sénateur renoue donc avec la politique locale.

Par Thomas H.

Pour sa campagne, celui qui va devenir le nouveau locataire de l’Hôtel de ville de Laval s’était adjoint un conseiller de poids. En stratégie et en image. Un conseiller avec « une formation de chef d’orchestre » dit son CV en ligne, autant dire que Olivier Ubéda connaissait la musique. Et ça été plutôt fructueux.

De 1993 à 2002 il a fait de ses centres de gravité les cabinets ministériels. Ceux de François Léotard, de Jean-Pierre Soisson, et enfin de Jean-Pierre Raffarin. Il s’est ensuite occuper des relations publiques de l’UMP, puis est devenu directeur adjoint en charge de la communication du parti.

Depuis 2010, Olivier Ubéda est à présent Président de Ubéda & Partners, une agence de « conseils en Stratégie, Image et Influence  », pour «  accompagner les décideurs d’aujourd’hui, préparer les responsables de demain » lit-on sur le net. Comme François Zocchetto ?

Et ça lui a réussi. Ce dernier est devenu « premier » et se sent surtout le premier des lavallois. Il se sent bien dans son Laval, lavallois bien plus que mayennais. En tout cas c’est en 1989, l’année de son mariage, qu’il se réinstalle en Mayenne après avoir passé plus de 10 à ans à voyager. A gauche et à droite.

Des voyages à l’étranger, Antilles, Nigéria, Djibouti. Mais comme la Mayenne lui manque, et que ses attaches parlent et le rappelle, comme en Afrique où il séjournera pour le travail pendant plusieurs mois, il s’abonne à un hebdo mayennais qui met plusieurs semaines à lui parvenir. Peu importe, l’essentiel c’est d’avoir des nouvelles du “pays” et des photos !

Sur les photos, justement François Zocchetto qui va avoir 56 ans en décembre prochain conserve cette allure de premier de la classe. Dans la vie, il donne toujours l’impression d’être pausé, presqu’immobile disent certains. Il parle doucement et calmement, la plupart du temps. Il est rare de le voir s’énerver. D’autres disent alors du nouveau prochain maire qu’il « manque de dynamisme ».

Classes prépa à Paris, HEC, Sciences Po, après ce parcours high-class, sans jeu de mots, c’est tout naturellement qu’il travaille à faire des passages plus ou moins appuyés dans de grands cabinets d’audit qui contrôlent les comptes de grandes entreprises.

François Zocchetto voit grand pendant toutes ces années, même s’il débute. Ça aide pour se faire un carnet d’adresse, ce qu’il fait, et engrange des relations pour les conserver précieusement. Mais la réalité côtoyée en haut permet aussi d’éviter de vivre sur un nuage. L’ambiance est rude, et ça forme.

En 2008, il connait un échec avec le retour de la gauche aux manettes, car François D’aubert est battu de belle manière par un Guillaume Garot qui revient de Paris. Garot ne s’attendait pas à cette alternance en sa faveur, du moins pas aussi rapide. Et pour François Zocchetto, c’est donc « un grand déchirement » de quitter le Conseil municipal de Laval où il a débuté sa carrière politique comme Conseiller municipal. Et occupé le poste d’adjoints aux finances. Comme Jean Christophe Boyer !

Sénateur, en son temps l’un des plus jeunes du moment comme Jean Arthuis l’a été aussi, le “jeunisme” lui joue des tours. Lorsqu’il arrive au Sénat un huissier lui fait barrage. Très vite s’apercevant de l’erreur, on lui donne du Monsieur le sénateur et c’est ainsi que commence son nouveau travail. Être « un législateur au Sénat », un parlementaire qui «  fait les lois au service des 261 communes mayennaises ».

Depuis, il est monté en grade. François Zocchetto est un produit de l’ascenseur sociale républicain parce qu’il n’est pas issu du sérail politique parisien, de ce petit monde de la cooptation dans la capitale contrairement à d’autres de ses collègues qui ont travaillé dans des cabinets ministériels. Il s’est senti différent.

Mais la cooptation, il la trouve en Mayenne, auprès notamment de Jean Arthuis l’actuel Président du Conseil général de la Mayenne, qui cette fois s’est fendu d’un simple communiqué entre les 2 tours pour dire que François Zocchetto, c’était en quelque sorte la meilleure solution pour les mayennais. La « voix de son maitre » disent ceux qui ne l’aime pas.

Pour François Zocchetto, la Mayenne reste un bel endroit selon lui où « il fait bon vivre, où l’air est bon », mais il a toujours pensé néanmoins que des jeunes familles, de jeunes actifs devaient venir s’y installer. Question d’expansion et même de survie. Car la Mayenne et Laval ont besoin de sang neuf. Parce que le département pêche de ce coté là.

Il pense bien que son job, c’est de faire la loi. Sans doute en tant qu’avocat associé à Olivier Richefou le maire de Changé, une commune voisine de Laval, est-il respectueux de cette loi qu’il discute en tant que membre de la Commission des Lois institutionnelles et de la Législation au Sénat. Il sait que le jeu national est de contourner la loi. Ici et là. Il pense que tout ce qui rigidifie la société comme “les 35 heures” par exemple, c’est une mauvaise chose. C’est l’une de ses croyances. Quoi de plus normal pour celui qui se dit issu d’une famille du « monde de l’entreprise et du commerce  » et qui a commencé au bas de l’échelle. Son padreétait un maçon débarqué d’Italie.

En 2007, celui qui préside le groupe interparlementaire France-Italie au Sénat plaidait pour « plus de démocratie participative ». Il pensait qu’il devrait y avoir moitié moins de lois, et il regrettait que l’on soit passé en France d’une démocratie d’élections vers une démocratie d’opinions, pour aller vers une démocratie d’émotions.

Mais au moment du vote, celui qui a fait au Sénat une “Proposition de loi visant à reconnaître le vote blanc aux élections” se plaisait à croire que les électeurs pouvaient corriger le tir. En tout cas pour François Zocchetto, c’est chose faite !  

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Publié le: 30 mars 2014
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