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Changer ! Quoiqu’il arrive au soir du second tour des élections municipales sur Laval, il faudra compter avec le changement. Changer de braquet, dans le cas où l’équipe de Jean-Christophe Boyer reste aux manettes. Changer tout, si l’alternance joue son jeu. Et compter aussi. C’est l’outil démocratie qui l’impose.

- Par Edouard L.

Compter, il le faudra ! Sur la présence du Front National qui devrait siéger pour la première fois à Laval et qui s’en réjouit d’avance, pour mettre sur la table du Conseil municipal « les questions qui ne sont jamais posées ». Jean-Christophe Gruau, aux idées simplistes et xénophobes, entrerait dans cette salle de l’Hôtel de ville au même titre que des maires, des adjoints, et des conseillers municipaux, tous attachés à la démocratie. Quel gâchis !

Compter, également avec la pratique qu’aux États-unis on appelle le “système des dépouilles”. Si François Zocchetto passe comme c’est probable, au vue des résultats du premier tour (avec ses douze points d’avance) mais aussi en raison des consignes de vote des recalés du premier tour qui n’appellent à voter pour aucun des candidats restants, il y aura forcément du changement. Des départs, des montées, des arrivées. Bref du mouvement.

Exemple du "système des dépouilles", les sacs pour assurer l'alternance

Du changement dans un secteur comme la culture par exemple, avec un Didier Pillon pressenti pour prendre la main, qui renoue avec la politique, après s’être décentré du Sud-Mayenne pour se positionner en terre lavalloise. Pour sûr, ce sera « plus classique » ! Il devrait y chasser un Emmanuel Doreau, avocat et bâtonnier qui a somme toute réveillé la ville culturellement. Un adjoint à la culture parfois controversé qui a osé certaines expositions qui dérangent, des expos parfois iconoclastes comme celle sur Clovis Trouille dont l’œuvre picturale à fait tressaillir la population bien pensante de Laval. Et même une partie de l’équipe municipale.

Sur le thème de la “sécurité”, nul doute qu’il y aura aussi des changements ! Car l’équipe du sénateur Zocchetto s’y engage dès à présent pour rassurer et attirer l’électeur du FN. Avec un adjoint en charge de la question qu’il nommera, des caméras, dans les transports et dans les rues, qui vont fleurir pour la surveillance. Mais jean-Christophe Boyer y souscrit lui aussi pour attirer un peu d’électeurs de droite, qui sait ? Mais tout ça en fait pour sécuriser quoi, qui, où et pourquoi ?

Il y aura donc plus de sécuritaire dans l’air, et donc un affaiblissement des libertés individuelles. Pour la droite, la sécurité a toujours été son fond de commerce. Faire peur mais pas trop. Mais est-ce l’essentiel dans une ville comme Laval qui n’a vraiment rien à voir avec des villes en prise à la réelle délinquance urbaine.

Ce qui compte, c’est en revanche d’animer la ville, qu’il y ait de la vie dans les rues. Des commerces pour s’y promener et acheter, et des lieux conviviaux, de l’animation. Rendre l’espace public plus vivant pour éviter d’avoir le sentiment, celui-là bien légitime, d’être seul dans les rues, passée une certaine heure à la tombée de la nuit. Et d’avoir envie de se dépêcher de rentrer chez soi. Bref rompre avec l’ambiance d’une petite ville de province, plutôt morne et sans vie après 19 heures.

Plus de “sécurité” donc en projet. Et « rien de bien fun » finalement. Et aussi plus de « démocratie participative », un des axes de réflexions que François Zocchetto avait développé déjà en 2007 au moment de l’élection présidentielle, quand il pensait et expliquait publiquement qu’il devait y avoir moins de lois. Et plus de concertation.

Que fera celui qui franchira la ligne d’arrivée dimanche soir dans cette course à la municipale ? Va-t-il d’un coup de baguette magique rogner le taux d’imposition actuel qui plombe les finances des habitants de Laval ? François Zocchetto avance 10%. « Démagogie » rétorque et s’enflamme le maire sortant.

Peut-on réellement baisser les impôts ? Et si oui, pour combler où prélèvera-t-on le manque à gagner de la réduction fiscale accordée aux lavallois ? Sur quelles lignes budgétaires le candidat UMP-UDI va-t-il agir pour arriver à équilibrer son budget ? La question demeure entière faute de réelles réponses. La masse salariale comme le souhaite le candidat Front National pour éviter le clientélisme ? La culture ? Les aides aux associations ? L’équipe nouvelle ouvrira-t-elle l’ère des PPP, des partenariats public-privé pour financer de grands projets ?

Pour sa part si Jean-Christophe Boyer est reconduit par le vote, il devra changer de cap. Donner un souffle ample et fort de "gauche réelle" à son travail et à son équipe. Oublier les postures de « notables de ville de province » et s’emparer des dossiers qui fâchent et qui ont été mis en avant pendant la campagne par Carton rouge mais aussi par les candidats Zocchetto et Gruau.

L’équipe Boyer devra donc avoir une exigence de gauche, bien supérieure à celle qu’elle a montrée jusqu’à présent. Finalement, ce qui aurait dû être fait bien plus tôt !

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Publié le: 27 mars 2014
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