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Éffets de la crise économique sur le tissu industriel mayennais. La Mayenne qui doit « élargir ses horizons » comme le préconisait un slogan il n’y a pas si longtemps, connait à présent les contrecoups de la mondialisation.

2 exemples d’entreprises touchées par la récession. 2 unités industrielles différentes, Sora et MPO qui se voient contraintes de faire des « ajustements » qui ne sont pas sans effets sur les salariés. L’objectif, dans les deux cas, c’est bien d’adapter l’outil de production.

D’un coté Sotira qui fait figure de quasi « sous traitants » de l’automobile, de l’autre MPO « un vaisseau qui ne sait plus où se trouve la vitesse de croisière ». Dans les 2 cas, ce sont les salariés qui sont - comme on entend souvent ici - « impactés ».

- Par Thomas H.


L'automobile de pointe

Sotira ? Il faut dire qu’elle est spécialisée dans les pièces composites pour l’automobile. Et donc elle subit les revers du secteur qui ne se porte pas très bien.

Elle a annoncé vouloir réduit ses effectifs par un plan social qui devrait permettre selon la direction « d’alléger ses charges et atteindre l’équilibre ». Le PSE de Sotira devrait toucher 56 postes sur les 196 emplois que compte l’usine de Meslay-du-Maine en Mayenne.

F1 et voitures sans permis - Reliquat du groupe Sora composites, la société Sotira travaille beaucoup pour l’automobile avec des clients comme Lotus, ou JDM concepteur de voitures sans permis, mais aussi le machinisme agricole (John Deere), les poids-lourds (DAF ou RVI) ou bien encore la signalisation urbaine comme JC Decaux.

Sotira n’a pas toujours été un « modèle de vertu », il suffit de poser la question aux Inspections du Travail départementale et régionale pour comprendre. Ils ont une liste fournie.

Actuellement le site de Meslay-du Maine en Mayenne est dirigé par Vincent Py, frère de Jean PY qui lui-même fut un ancien président du Stade Lavallois, le club de football. Marie-Christine Py l’épouse de ce dernier est devenue récemment la « patronne des patrons » en Mayenne.

Présentée comme « une femme de tête », avant d’être à celle du Medef départemental, elle était la dirigeante de la SPP, le site de peinture basé à Saint-Berthevin en Mayenne, qui a été repris par Jean-Romain Py, fils du PDG Jean Py. Une boucle bouclée !

Photo extraite du site de Sora composites

Histoire familiale - « […] Jean-Romain Py s’est d’ailleurs associé à BNP Paribas Private Equity et au Fonds de Modernisation des Équipementiers Automobiles (FMEA) Rang 2 pour poursuivre le développement de SPPP en France et à l’international. SPPP possède des lignes de peinture en France et en Slovaquie et emploie un peu moins de 250 personnes dont 150 en France […] » déclare le communiqué de presse en date d’octobre 2012 que l’on trouve sur internet.

Rappelons que Sora Composites avait pourtant déjà reçu le soutien du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) en 2009, avec une enveloppe à hauteur de 9 millions d’euros mais cela n’a pas empêcher les nuages de s’amonceler.

« BNP Paribas Private Equity est une société de gestion de fonds d’investissements non cotés pour le compte de tiers et agréée [..] » et « FMEA Rang 2, un Fonds commun de placement à risque […] ».

« Appartement » - Des risques, quand on est chef d’entreprise, il faut savoir en prendre. Cela fait parti du métier. D’ailleurs, le PDG de Sotira ne s’en est pas privé. Il a eu maille à partir avec la justice à plusieurs reprises. Il a défrayé la chronique plusieurs fois parce que son entreprise voulait notamment se séparer d’un Délégué syndicale.

Mais à chaque fois, le salarié protégé devait être réintégré sur décision de justice. Et même le recours auprès du voisin sarthois alors ministre du Travail n’a pas empêcher le Délègue syndical CGT de partir simplement à la retraite comme n’importe quel salarié de Sotira.

En externe cette fois, l’épisode Henri Pescarolo est symptomatique selon les « partenaires sociaux ». L’écurie de l’ancien pilote de F1, Pescarolo sports rachetée, l’industriel mayennais le licencie pour finalement placée la société en question en redressement judiciaire en 2010. De quoi mettre en pétard.

CD, DVD et autres compacts discs, vers le déclin ?

« Grosse machine » - Sotira, c’est le dernier élément du groupe Sora composites. Il a été « démantelé » l’année dernière « par appartement » comme ont dit dans le milieu économique : les usines de Saint-Méloir-des-Ondes en Ille-et-Vilaine et de Theillay dans le Loir-et-Cher ont été reprises par le groupe Faurecia, rapporte l’Usine Nouvelle. Celle de Pouancé en Maine-et-Loire a été purement et simplement fermée.

Résultat : 214 personnes sur le carreau qui ont du aller à Pôle Emploi. L’addition est salée. De part et d’autre.

Grand boom

Une grosse dame discrète - MPO est à l’autre bout du département, et c’est un vent contraire qui souffle sur cette « grosse machine » discrète et qui s’expose peu médiatiquement en Mayenne. MPO est pourtant présentée dans les années 90 et début 2000 comme une entreprise de pointe dans son domaine.

Basé à Averton, un village au Nord du département de la Mayenne, elle s’était fait un nom à cette époque dans le milieu du pressage de CD, et de DVD au moment du grand boom.

MPO possède à travers le monde 3 sites de fabrication (Bangkok, Madrid en Espagne et Villaines-la-Juhel en Mayenne), 3 centres logistiques, des bureaux commerciaux en Europe et en Asie et Australie, et un « partenaire américain », Americ Disc basé au Québec.

En Mayenne, le PDG de MPO avait été « traduit » à la fin du siècle dernier devant la justice locale mais il ne s’était pas présenté au Tribunal. Il devait répondre d’avoir empêché un Inspecteur du Travail d’entrer, alors qu’il en émettait le souhait comme la loi l’autorise, dans une « chambre blanche » où sont fabriqués les Compact Discs. La procédure avait été diligentée par l’Inspection du travail qui avait agit après une plainte déposée par des salariés.

Plus récemment MPO comptait sur le Blu-ray après avoir assis sa notoriété sur le CD. Mais la bulle du Compact Disc qui a longtemps durée a finalement éclaté. Et le «  leader sur le marché européen » comme disent les experts économiques, l’entreprise des frères Loïc et Serge De Poix connait à présent les effets de la crise. Et le disque est rayé ?

Graver, enregistrer et lire

Big Bulle - Un an après le plan de sauvegarde de l’emploi en tout cas qui a concerné 96 postes dont 30 qui devaient être supprimé, les salariés de MPO en Mayenne connaissent actuellement le chômage partiel. Pas simple à vivre, mais ils n’ont pas le choix.

Tassement important des ventes des CD et des DVD. Les premiers ont été concurrencés vivement par les Smartphones et autres baladeurs et les seconds par les Boxes internet dotées d’un système enregistreur sous la forme d’un disque dur. C’est tellement vrai qu’on ne trouve plus dans le commerce de lecteur enregistreur de DVD.

Ces nouveautés arrivées sur le marché seraient à l’origine de la lente descente de MPO du podium. Et puis plus récemment l’absence de décollage du Blu-Ray n’aurait fait qu’entériner les choses. Le concept n’a pas su capté l’intérêt du public. Tout cela serait à l’origine des difficultés de MPO qui selon plusieurs observateurs locaux « n’a pas su anticiper ».

Disques : 45 et 33 tours

CD : comme Coup dur. - D’où le besoin sérieux de reconversion. Presque radicale. Et la solution qui passe par le photovoltaïque. Pas si éloigné du Blu Ray se plaisait à dire récemment le PDG Loïc de Poix lors de la venue à Vilaine-la-Juhel en Mayenne de la ministre de l’Environnement Delphine Batho. MPO a d’ailleurs créée une filiale dédiée à cette fabrication. Baptisée MPO energy, elle a le soutien de l’Institut National de l’Énergie Solaire.

Le Bourget - « L’INES est le centre français du Solaire qui est situé sur les rives du Lac du Bourget. Il est porté par le Conseil Général de la Savoie et la Région Rhône-Alpes avec les équipes du CEA, du CNRS, et notamment de l’Université de Savoie », peut-on lire sur son site. Les résultats des essais de MPO energy ont été tellement positifs que les premières séries ont été lancées. MPO souhaite construire une usine de 10 000 m2 à Villaines-la-Juhel en Mayenne. Avec à la clef jusqu’à 200 emplois.

Sauf que dans ce domaine du photovoltaïque la concurrence de la Chine est implacable. Mais MPO présentée souvent comme une « société leader européen indépendant du disque optique depuis plus de 50 ans et dirigée par un Directoire composé de Serge de Poix, Loïc de Poix et Louis Mery de Bellegarde » jouerait à fond la diversité disent les communiqués de presse. Les communicants ajoutent même que le groupe d’Averton a comme objectif affiché, la « valorisation de son savoir faire industriel », et « la poursuite de sa politique d’innovation » qualifiée de « constante ».


2 commentaires
  • Mayenne : récession, crise et PSE 25 mai 2013 00:42, par MF53

    petite correction et complément sur la saga PY ; Vincent PY est le frêre cadet de Jean PY, il a été appelé à la rescousse pour ses compétences en matière de gestion, il est arrivé en octobre 2012 à Meslay du Maine, il arrive directement de la région parisienne ou il dirigerait toujours une Société de mécanique générale ; il passe beaucoup mieux que son frère aîné, avec une attitude plus humaine et de dialogue, mais il n’est que Directeur du site... (les mauvaises langues dit qu’il n’est pas en concorde totale avec sa belle sœur, omniprésente à Mesaly du Maine) quant a Jean PY quasiment absent en permanence depuis des années, actuellement est empêtré dans l’usine de Pouancé, anciennement SOTIRA49 ou il cherche vainement à loué les mètres carrés inutilisés, il s’est engagé personnellement pendant 12 années, dans des remboursements de crédit auprès d’une société financière, pour avoir de l’argent frais à l’époque de son aventure dispendieuse, suite à la vente des bâtiments.

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Mayenne : récession, crise et PSE

Publié le: 12 mai 2013
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