«Au Chili, le printemps est chaud» – Par Rémy Simon

Rémy Simon nous câble ces images du Chili où il est retourné en ce mois de novembre 2018. Ce Chili qu’il aime et qu’il a longuement dépeint sur leglob-journal à l’occasion des dernières élections présidentielles qui se sont déroulées dans ce pays. Le Chili qui a connu la violence en héritage de la dictature militaire née du coup d’État du 11 septembre 1973. Cette fois, ce sont des manifestations qui se sont déroulées à Valparaiso qui ont retenues toute son attention. Celle d’un citoyen du monde, curieux et engagé. Reportage instantané.

Par Rémy Simon


Point de populistes aux gilets jaunes au Chili. Mais cette photo à Valparaiso qui illustre la mobilisation des indigènes Mapuches. Une manifestation qui a lieu dans tout le pays depuis une semaine et demi. Les femmes sont en tête avec leurs tenues traditionnelles et surtout leurs tambours. Les hommes ont des bâtons. Leur colère impose le respect. La manif’ indigène a eu lieu le 21 novembre.

Pourquoi? Parce que le jeudi 15 novembre, dans le sud du pays, des policiers ont poursuivi des délinquants. Ils ont croisé sur une route de campagne un Mapuche sur son tracteur. Ils l’ont abattu. Ils ont fini par avouer qu’ils avaient effacé leurs propres vidéos de contrôle.

 

Devant le tollé, le ministre de droite de l’Intérieur a dû révoquer trois hauts responsables de la police locale. Quant au port de la ville et pour d’autres raisons syndicales, il est paralysé par une grève illimitée des dockers intérimaires. Le port est pratiquement bloqué et des navires se détournent vers un autre port chilien.

Le printemps chilien est chaud. Les intérimaires du port sont en grève illimitée depuis plus d’une semaine. Aujourd’hui dimanche 25 Novembre il y avait à nouveau une manifestation à Valparaiso. Là, ce sont les dockers qui sont en tête. Ils contestent les dirigeants syndicaux. Deux banderoles : ‹Dehors les dirigeants payés par les patrons» et «L’État chilien nous a abandonné». Suivent des soutiens aux Mapuches, des féministes et l’extrême gauche.

Dans la manifestation de ce dimanche des personnages déguisés animent l’évènement. Ils portent les masques de la «Tirana» , une danse du désert du nord du Chili. Ils ont foncé vers moi pour que je les prenne en photo.

Par ailleurs et rien à voir avec ces mouvements de contestation, mais j’ai fait un aller et retour à Santiago pour la cérémonie d’adieu à Danko. Un cadre du Parti communiste chilien que j’avais interviewé l’an dernier. Il est décédé dans un accident de voiture en rentrant d’un concert du groupe Inti Illimani ; un groupe musical célèbre en Europe dans les années 70 et 80. Il en était leur producteur.

 

Laisser un commentaire