Derrière les Gilets jaunes : la bombe européenne – Par Henri Marteau

Au lendemain des annonces du Président Macron : le mouvement des Gilets jaunes. Vu par Henri Marteau qui nous parle régulièrement d’Europe et continue à le faire. Il a suivi le mouvement et est allé sur un rond point à Segré (Maine-et-Loire) et sur celui du Châtelier à Saint-Berthevin (Mayenne). Il raconte : « J’étais avec mon garagiste qui accorde un paiement étalé à partir de 200 € pour les réparations de voitures et qui n’a jamais été aussi mal payé. Ces artisans se prennent aussi en pleine figure la dégradation du pouvoir d’achat. » Henri Marteau a aussi remarqué, ce qui nourri son analyse, «un symbole fort sur les ronds-points : le drapeau tricolore, beaucoup de femmes » et surtout l’absence de l’Europe dans les propos tenus par les Gilets jaunes.

Par Henri Marteau


En mai 68, pour sortir de la crise par le haut, le SMIC avait été augmenté de 35 % et les salaires de 10 %. Ensuite, l’année suivante, pour maintenir la compétitivité de la France, le Franc avait été dévalué de 11% en août 1969, accompagné d’une réévaluation du Deutsche Mark de 5 % en octobre de la même année.

Malheureusement aujourd’hui, les revendications légitimes des Gilets jaunes, augmentation du SMIC et des retraites, retour de l’ISF, etc. sont impossibles à satisfaire en restant dans le cadre de l’ UE (Union Européenne) car la France a perdu sa souveraineté monétaire. Pour revaloriser les salaires et le pouvoir d’achat,  elle ne peut plus dévaluer sa monnaie comme au temps du Franc pour rester compétitive. Emmanuel Macron a donc les pieds et les poings liés.

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Malgré le drapeau tricolore très présent sur les ronds-points, symbole des valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité, l’UE est en revanche absente des mots d’ordre et des slogans. Pourtant, aucune des demandes formalisées n’est réalisable dans le cadre de l’UE actuelle, dans le Marché unique et dans l’Euro, qui sont le cadre, à l’intérieur duquel, prennent place les politiques nationales. Les gouvernements nationaux ne sont finalement plus que des relais consentants de l’UE, des fondés de pouvoir satisfaits de leur impuissance.

Les traités européens sont la «constitution économique» de l’UE. Leur position de surplomb explique pourquoi la politique économique menée en France est la même depuis le milieu des années 1980, bien que se succèdent à la tête de l’État des gouvernements de tendances politiques différentes. C’est « le pareil qui succède au même », tout en se donnant les apparences du changement. En Union Européenne, on a beau voter cela ne change rien.

Pour les gouvernements des pays membres de l’UE, aucune politique industrielle volontariste ne leur est possible puisque les traités leur interdisent de «fausser la concurrence» par le biais d’interventions étatiques. Aucune politique commerciale protectrice ne leur est possible puisque celle-ci est une «compétence exclusive» de l’UE.

Aucune politique de change n’est possible puisque dans le cadre de l’Euro, les pays ne peuvent dévaluer. Aucune politique monétaire n’est possible puisque c’est la Banque Centrale Européenne indépendante qui la conduit. Enfin, aucune politique budgétaire n’est possible puisque les pays qui ont adopté la monnaie unique sont soumis à des «critères de convergence», notamment la fameuse règle arbitraire des 3 % de déficit public. En outre, depuis 2010 et dans le cadre d’un calendrier appelé Semestre européen, la Commission encadre méticuleusement l’élaboration des budgets nationaux. Il ne reste aux gouvernants nationaux que deux outils disponibles : la fiscalité et le «coût du travail».

 «Un sujet tabou»

La fiscalité ? Ils choisissent généralement de diminuer celle qui pèse sur le capital délocalisable comme l’ISF et d’augmenter celle qui pèse sur les classes sociales qui ne peuvent échapper à l’impôt. En 1986 a été posé le principe de «libre circulation des capitaux» au sein du Marché unique. Depuis lors, le capital peut exercer sur chaque État membre de l’UE un véritable chantage en menaçant de fuir vers les États voisins. Les pays membres se livrent une concurrence fiscale effrénée, certains (Luxembourg, Irlande..) se sont même constitués en paradis fiscaux et vivent des possibilités d’évitement fiscal qu’ils proposent aux multinationales.

Quant aux revenus et au droit du travail, ils sont l’une des cibles privilégiées de l’échelon supranational. Il suffit, pour s’en apercevoir, de lire les documents de cadrage produits par la Commission européenne et rédigés chaque année dans le cadre du Semestre européen. Toutes les réformes du droit du travail ayant été mises en œuvre dans les pays membres, du Jobs Act en Italie à la Loi El Khomri et aux Ordonnances Macron en France, ont été prescrites dans l’un ou l’autre de ces épais documents.

Le drapeau français sous l’Arc de Triomphe à Paris, un 
«un symbole fort » des Gilets jaunes, selon Henri Marteau 

Enfin, les principes de «libre circulation des personnes» et de «libre prestation de service» à l’intérieur du Marché unique favorisent la course au moins-disant social. En dépit de la grande disparité des niveaux de rémunération d’un pays à l’autre, ces « libertés » mettent en concurrence tous les salariés de l’UE, les uns contre les autres. Elles favorisent toute une gamme de pratiques relevant du dumping social, la plus connue d’entre elles étant le recours aux travailleurs détachés. Pour les pays dotés de l’Euro, c’est encore plus grave : ne pouvant dévaluer leur devise pour doper leur compétitivité, ils sont contraints de pratiquer la «dévaluation interne», donc de faire baisser les salaires. Aucun parti politique et syndicat ne soulèvent la question européenne, sujet tabou.

«Les Gilets jaunes écrivent l’histoire»

L’un des principaux slogans entendus dans les manifestations de Gilets jaunes sur les ronds-points où je suis allé, c’est «Macron démission». Dans les conditions actuelles, le renoncement d’un homme demeurerait très insuffisant. On observera que du Rassemblement National à La France Insoumise, aucun parti politique ne soulève la question européenne. Alors à quoi bon dissoudre l’Assemblée Nationale ? « Les citoyens attendent autre chose de leurs élus que le vote d’une loi contre la fessée par l’Assemblée Nationale ! » Et « les syndicats qui enchaînent défaite sur défaite feraient bien d’y réfléchir s’ils ne veulent pas disparaître » pouvait-on entendre.

Or, l’existence même du cadre de l’UE et de la monnaie unique (l’Euro) sont maintenant devenus un sujet absolument tabou. Tandis que leur lien avec le mécontentement actuel est manifeste, les partisans de l’Euro font miroiter aux Français ses avantages largement illusoires sauf celle de la facilité de déplacement en Europe.

Pour redevenir maîtres de leur destin, les Français et tous les peuples d’Europe doivent exiger que soit restituée leur souveraineté nationale, autre nom du «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes». Les britanniques ont décidés de reprendre en main leur destin et les italiens qui tiennent tête à la Commission européenne, feront probablement de même.

Les Gilets jaunes qui sont en train d’écrire l’histoire sur les ronds-points ont une grande responsabilité : des économistes, intellectuels et philosophes jamais invités sur les plateaux médiatiques partagent leurs revendications. Puisqu’il n’y a plus grand chose à attendre de la classe politique, alors qu’ils se rencontrent, se parlent pour le bien du pays.

Car, s’ils ne s’organisent pas, d’autres le feront pour eux et ils n’auront plus que les yeux pour pleurer et l’insurrection Gilets jaunes aura fait le jeu des professionnels de la politique, même s’ils font carrière dans la critique de ce système. On ne peut vouloir mettre fin au chaos avec le cadre politique européen qui a causé ces dégâts !

Et que l’on se rassure : la fin de l’Union Européenne, qui n’est qu’un carcan de règles sans cap pour les peuples européens, ne sera pas la fin de l’Europe mais plutôt la renaissance des pays qui la composent.

6 thoughts on “Derrière les Gilets jaunes : la bombe européenne – Par Henri Marteau”

  1. Bonjour Leglob et M Marteau :).
    Tout d’abord merci de faire vivre le debat si vital dans ces semaines incertaines par vos analyses structurées absente de démagogie (c’est assez rare par les temps qui courent pour être noté).
    Il est vrai que la France et d’autres pays se sont associés à la construction d’une zone économique spéciale qui n’offre pas que des avantages, et qui implique quelques problèmes tant que nous resteront dans la situation actuelle à mi-chemin de l’intégration.

    Je souhaiterais néanmoins revenir sur ce qui constitue la base de votre raisonnement logique et qui le justifie en grande partie. Lorsque vous parlez de perte de souveraineté de la politique budgétaire et surtout monétaire à l’égard des institutions communautaires, il convient cependant d’aller plus loin dans le raisonnement économique que vous proposez. Mai 68, je reprends vos stats comme véridique, 30% d’augmentation du SMIC et 10% des salaires, puis une bonne vieille dévaluation compétitive pour restaurer la compétitivité de l’économie nationale à l’export. Vous avez l’air de rêver de cette période dorée pendant laquelle il suffisait de dévaluer la monnaie pour garder la compétitivité tout en ayant augmenté les salaires préalablement, donc d’avoir augmenté le pouvoir d’achat des français. Vous omettez malheureusement l’impact des dévaluation sur le pouvoir d’achat. Dans une economie ouverte dont une part quasi intégrale des achats visent des produits importés, ou des produits contenant des produits importés (dans les composants de ces derniers), ceux là coutent plus cher après la devaluation. Les dévaluations compétitives n’ont jamais été mise en oeuvre par bon vouloir, mais toujours contraintes par l’environnement international. Faire perdre 10% de la valeur de notre economie (patrimoine et production annuelle) exprimée en monnaie etrangere ne semble effectivement pas etre une mesure uniquement benefique pour les residants nationaux. Par exemple, je viens de faire l’exercice, aujourd’hui, une devaluation de 20% entrainerait la declassement immediat de la france de sa position de 10eme economie mondiale (mesurée par le PIB en valeur nominale (et non en PPA, qui corrige des manipulations monetaires) et hors l’inflation inerante à la devaluation) à la 11eme place, devancée par le Mexique. La devaluation competitive signifie une chose: ce qui est possedé et produit dans notre pays, dans notre monnaie, vaut en fait moins cher, exprimé en monnaie mondiale (qui n’est autre que l’aggregation de l’enselble des monnaies nationales), que ce que nous pensions avant. Devaluer le franc de 10% revient en fait à crier au monde : « regardez, le travail des francais et leur production coute 10% moins cher qu’hier, achetez leurs produits (moins chers en monnaie internationale) et investissez en France pour profiter de travailleurs avec des salaires moins elevés (en monnaie internationale). Vous en conviendrez, cela ne ressemble pas vraiment à une hausse du pouvoir d’achat des travailleurs nationaux. Vous le voyez bien, la devaluation competitive n’est pas une panacée comme vous (le croyez ?) semblez vouloir le faire croire, et c’est son imposition par les marchés financiers, oui oui, pas par le peuple (ou, il convient de le preciser par les temps qui courent, la majorité des francais) qui a poussé à une avancee de l’integration europeenne par la constitution de la zone Schengen et surtout le lancement de notre monnaie commune, l’euro. Car le commentateur, l’editorialiste qui souhaite demontrer le caractere mauvais de certaines choses oublie generalement de citer ses avantages pour se concentrer sur ses limites, il convient de retablir le grand apport de l’euro à notre pays et à tous les autres pays europeens: la stabilité monetaire depuis 15 ans, particulierement vis à vis du dollar (grand ennemi des peuples europeens avant l’euro, car c’est sa force vis a vis de toutes nos petites monnaies nationales qui permettait aux marchés financiers d’EXIGER des devaluations competitives, et je serais ravi d’expliquer par quel mecanisme à toute personne le demandant). Qu’est ce que la stabilité monetaire ? Et bien c’est en fait le pouvoir, grace à une monnaie plus large, de resister à ces exigences de devaluation des marchés financier internationaux, qui ne sont rien d’autres, je le repete, qu’une perte de valeur de ce qui est produit et possedé par les residents nationaux.

    Vous le voyez donc, la base de votre raisonnement qui vous amene à vos preconisations est un peu (je me permets) bancale. Il y a 30 ans, tout le debat etait de trouver un moyen de resister à ces devaluations competitives. Aujourd’hui, vous faite passer ce probleme (resolu !) Pour une solution à, sinon tous, au moins une partie de nos problemes actuels.

    Je suis convaincu d’une chose: on peut retourner le problème dans tous les sens, prendre tous les biais théoriques confortables que l’on souhaite, nous vivons dans un monde. Ce monde est basé sur un système généralisé de propriété personnelle. Nous pouvons, et devons, faire tout notre possible pour changer et améliorer progressivement ce monde pour qu’il devienne plus humains et moins financier, productif, et centré sur la croissance non renouvelable. Mais nous ne controlons pas, et nous ne controlerons jamais, la politique des autres membres du monde. Dans ce cadre, la seule et unique maniere d’augmenter notre niveau de vie global (hors structure de distribution inegale de la valeur), est de produire plus ou mieux. Dans le cadre de cette solution, nous sommes tous ensemble pas seulement en tant que francais, mais en tant qu’europeens. Nous avons liés nos destins par l’adoption d’une monnaie et d’une zone de libre echange commune pour etre plus forts, arretons de perdre notre temps à essayer d’esquisser les solutions qu’apporteraient une implosion de notre zone. Concentrons nous sur ce qui peut, ensemble, nous renforcer.

    Un dernier point sur l’autre cible de votre analyse, le carcan des 3% de deficit. Je ne pense pas que lorsque votre fils(lle) ou votre ami(e) vient vous demander de l’argent car il a consommé pour 105 alors qu’il n’a gagné que 100 au cours de l’année, vous lui opposiez un « amen, continue et reviens me voir l’année prochaine, on verra comment tu nous rembourse après (après quoi ?) ». Ce carcan est exactement la meme chose. Nous nous sommes alliés ensemble, mais le fonctionnement de cette alliance repose sur le fait que nous soyons tous capable de rembourser nos dettes, que nous soyons tous responsables. Cela sous entend que nous ne pouvons nous satisfaire d’emprunter constamment des sommes superieures sur les marches financiers, sans perspectives de repaiement. Ne nous trompons pas, ce mecanisme a été mis en place pour nous proteger des populistes, que je defini personnellement comme des personnes pretes à mentir sur les moyens financiers reels de son pays pour arriver au pouvoir, faisant peser la charge de la dette necessaire à son election sur les generations futures, ou au moins aux travailleurs lorsqu’il ne sera plus au pouvoir. L’Europe est inflexible sur l’objectif de 3% pour les pays deja surendettés. Mais un hypothetique pays avec 0% de dettes/Pib n’aurait aucun probleme à faire accepter par Bruxelles un budget en deficit de 6 ou 7% sur un an. La difference de reponse actuelle vis-à-vis des deficits Italiens et Francais en est la preuve ultime.

    Ainsi, contrairement à ce que vous insinuez, la vrai liberté qui nous permettrait de mieux piloter notre politique budgetaire, passe par la reduction de notre endettement national, et non par la suppression de mecanismes mis en place pour nous protegez. Ceux ci sont d’ailleurs, comme montré lors des relances budgetaires execrablement executées en 2009, flexibles car nous n’avons ne les avons pas respecté depuis 10 ans. Je doute fort que leur non respect une année de plus apporte vraiment quelque chose de nouveau à notre situation. Etes vous vraiment libre de demissioner de votre travail et partir au bout du monde pour 2 ans si vous etes surendetté ? Non. Etes vous libre de quitter votre travail si vous n’etes pas du tout endetté ? Oui. Ne vous trompez pas, le probleme est, en partie, ici.

    Enfin, je voudrais revenir sur l’une des conclusions que vous tirez de votre raisonnement: « Malheureusement aujourd’hui, les revendications légitimes des Gilets jaunes, augmentation du SMIC et des retraites, retour de l’ISF, etc. sont impossibles à satisfaire en restant dans le cadre de l’ UE (Union Européenne) car la France a perdu sa souveraineté monétaire. ». Si, les revendications de hausse du SMIC et des pensions revendiquées par les francais sont possibles à satisfaire dans le cadre actuel de l’UE. En effet, si on ne peut distribuer de la valuer créée par d’autres pays aux francais (deficit), on peut modifier la distribution de la valeur créée par les francais entre eux, cela s’appelle la redistribution, et il apparait aujourd’hui (merci les GJ) qu’une telle action est necessaire à notre unité nationale. Pas en traitant les « riches » de « sales riches » en leur disant qu' »ils ne l’ont pas merité », mais en instituant, par la negociation, un nouveau pacte social de distribution de la valeur entre nos « classes ». Les recents exemples de prise de conscience de nos elites et leur premieres actions VOLONTAIRES nous montrent que personne n’a interet à la fracture nationale dont les GJ, legitimement, menace notre société si rien n’est fait. Nous sommes francais, soyons ambitieux, pas betes, butés et violents.

    Cordialement,
    Quelqu’un qui a beaucoup de respect pour votre travail, mais qui ne pouvait vous laissez baser votre reflexion sur une meconnaissance de ce qu’est reellement une devaluation et ses effets lors de sa pause dejeuner.

    1. Bonjour Hugo et merci pour votre contribution à ce débat jugé tabou par le monde politique et médiatique.
      Quelques précisions :

      Le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) est entré en vigueur le 27 septembre 2012, a été validé par la Cour Constitutionnelle allemande de Karlsruhe à 2 conditions :
      1) Que la responsabilité financière de l’Allemagne dans le MES, fixée à 190 milliards d’euros, soit limitée à cette somme.
      2) Que toute hausse de la participation financière allemande au capital du MES soit soumise à un vote positif du Parlement à Berlin.
      Donc l’Allemagne tient absolument à garder sa souveraineté budgétaire et sa mainmise sur l’Euro.
      Voir : https://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120912trib000719077/la-cour-de-karlsruhe-valide-le-mes-et-le-pacte-budgetaire.html

      Le Marché unique mis en place le 1er janvier 1986 a mis en concurrence des pays aux systèmes sociaux, fiscaux et économiques différents. Conséquence : les multinationales ferment leurs usines en France pour les délocaliser dans les pays d’Europe de l’est où la main d’œuvre est moins chère.

      Greffer une monnaie unique sur des Etats souverains fût une très grave erreur.  L’Euro étant une moyenne entre plusieurs monnaies, il est donc sous-évalué pour l’Allemagne ce qui lui donne un avantage considérable pour exporter à l’extérieur de la zone euro, au détriment de la plupart des autres pays comme la France pour lequel il est surévalué. Il faudrait passer de la monnaie unique à la monnaie commune.
      Voir : https://blogs.mediapart.fr/jean-michel-naulot/blog/080417/euro-pour-un-passage-de-la-monnaie-unique-la-monnaie-commune

  2. L’euro n’est pas tout. Oui, la politique monétaire est malsaine parce qu’il n’existe pas de gouvernement européen élu et que chacun des états membres la joue perso’ au lieu de faire dans le collectif. C’est surtout la preuve d’un manque d’ambition pour ce « continent » qui représente l’une si ce n’est la première zone de commerce et de richesses. Et n’oublions pas la puissance non encadrée des multinationales et aux fonds de pension ou de placements financiers alternatifs qui nous épuisent avec des objectifs de rendements préjudiciables aux entreprises elles-mêmes.
    Encore un peu et le fruit sera mûr. Avec les gilets jaunes, ce n’est que le début de la fin d’un cycle économique et social.

    1. Plus de fédéralisme européen a peu de chance d’aboutir parce qu’il n’existe pas de peuple européen et qu’il est contraire à la position du gouvernement allemand qui refuse tout mécanisme de solidarité financière. Il est également en opposition frontale avec les convictions de la majorité des citoyens européens qui souhaitent de plus en plus retrouver leur souveraineté. La Grande Bretagne se retirera le 29 mars 2019 et la prochaine étape sera probablement l’Italie.

      1. Correction necessaire : le gouvernement allemand ne refuse pas tout mecanisme de solidarité financière. Pour ce qu’il a déjà accepté et qui est deja en place, je vous invite à prendre connaissance de ce que sont le MES (Mecanisme Europeen de Stabilité) et le FESF (Fond Européen de Solidarité Financière).
        Dire que l’Allemagne refuse toute forme de mecanisme de solidarité financière est faux, ou au moins incomplet.
        La position du gouvernement allemand est actuellement le refus de toute avancée dans la solidarité financière tant que certains etats membres (dont nous faisons partie, et l’une des actions de Macron depuis son election a été de nous en sortir à tout prix (là est peut etre l’erreur)) affichent une telle irresponsabilité dans leur gestion des finances publiques, basique)ent consommer plus que ce qui est produit. Là encore prenons une comparaison microeconomique: je suis solidaire et veux bien t’aider cette année car cela a été une année plus difficile pour toi que pour moi. Ainsi, je t’aide pour que l’année prochaine tu n’ais plus besoin d’aide. La situation actuelle dans laquelle nous demandons de la solidarité aux pays peu endettés : je dois t’aider, mais je sais tres bien que tu ne changeras rien dans ta vie pour que l’année prochaine tu n’ais plus besoin de mon aide => c’est mort et je pense qu’une majeure partie des Hommes adoptent cette vision.

        Vos autres arguments sur les sentiments de souveraineté etc.. semblent neanmoins fondés et observés.

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