François Zocchetto : «Travailler à Paris évite tout risque de conflits d’intérêt à Laval»

François Zocchetto rejoint « un des [cabinets d’affaires] leaders sur la place de Paris… » L’avocat lavallois et maire de Laval devient le 41 ème associé du cabinet parisien De Gaulle Fleurance & Associés. Un communiqué de presse, des tweets en français et en anglais, la nouvelle est tombée et intervient un an avant les municipales. Déjà en mai 2016, Le maire de Laval avait choisi la « séparation » ; autrement dit, de ne plus être associé à son confrère Olivier Rochefou avec lequel il avait fondé en 1987 un cabinet d’affaires prospère sur la place lavalloise. Le cabinet d’avocats d’affaires ZRA.

Par Thomas H.


« Le choix? C’est de travailler car je pourrai rester sans activité professionnelle… Mais j’ai fait le choix d’en conserver une, car je considère que la politique ne doit pas être un métier » avance François Zocchetto au Glob-journal. Dans le cas de ce rapprochement avec le Cabinet parisien, il devrait s’éloigner deux jours par semaine de Laval. Comme lorsqu’il était sénateur, au risque de se le voir reprocher par les lavallois.

Quand leglob-journal lui rappelle qu’il devient le 41ème associé de De Gaulle Fleurance et Associés, il sourit légèrement et rétorque « il faut bien comprendre qu’associé dans ce genre de structure, il n’y a pas de notion patrimoniale. Vous savez, soit on est avocat-associé, soit avocat-collaborateur. Évidemment avec mon âge, je n’ai pas vocation à être avocat-collaborateur… Mais n’en déduisez rien en terme financier ou par exemple en terme de participation aux résultats… »

« Éviter le conflit d’intérêts »

Et quand on lui pose la question : Pourquoi François Zocchetto ne travaillez-vous pas comme avocat à Laval ? Il répond : « Évidemment ce serait beaucoup plus confortable pour moi de travailler à Laval, mais comme je veux éviter tout risque de conflits d’intérêt, je ne veux pas travailler à Laval. J’estime que ce ne serait pas raisonnable, même si juridiquement ce serait possible… » Et quand on évoque Olivier Richefou son ancien associé dans le Cabinet qu’il a fondé sur Laval, il botte en touche : « Posez lui la question !… »

« Un concours de circonstances et une rencontre…», c’est ce qui aurait permis à François Zocchetto d’intégrer la structure parisienne De Gaulle Fleurance et Associés. Une opportunité.  «Nous investissons constamment dans de nouveaux talents pour compléter et renforcer notre expertise (…)» indique le Cabinet parisien.

François Zocchetto, au cours de son bilan de mi-mandat de maire – © leglob-journal

En tout cas, c’est écrit noir sur blanc. C’est « la double expérience d’avocat et d’élu de François Zocchetto » qui a semble-t-il séduit. Elle « renforce les compétences de la société d’avocats [De Gaulle Fleurance et Associés] au service des acteurs publics et privés, notamment sur les questions de droit des sociétés, droit fiscal et droit public. »

Inscrit au barreau de Laval depuis 1987, l’ex-sénateur avait créé à cette date une société d’avocats domiciliée sur l’un des quais de la rivière avec Olivier Richefou l’actuel Président du conseil départemental de la Mayenne dont il s’est « séparé », selon ce qu’il nous avait déclaré « en mai 2016 ».

En février 2017, quand la Haute autorité pour la Transparence de la vie publique (HATVP) publiait officiellement, avec du retard, sur son site cet « éloignement », ce changement important que constituait son départ de la Société d’avocats ZRA qu’il avait créée avec Olivier Richefou, leglob-journal écrivait : « rassurez-vous, François Zocchetto n’en abandonne pas pour autant la profession lucrative d’avocats d’affaires. Le sénateur a dans le même temps créé une autre société d’avocats joliment intitulé Apiane, et située 8 quai d’Avesnières à Laval. Il en est devenu le gérant, le 20 mai 2016, le même jour de sa démission du cabinet Zocchetto-Richefou Associés (ZRA). Interrogé par leglob-journal sur le fond de ce qu’il qualifie de « régularisation » François Zocchetto estimait « qu’Apiane est là pour éviter que des jeunes avocats ne soient gênés dans leur travail de tous les jours à ZRA. » Il est certain qu’il était nécessaire de clarifier la situation.

Aujourd’hui, avec le recul il déclare « je veux éviter tout risque de conflits d’intérêt, je ne veux pas travailler à Laval. J’estime que ce ne serait pas raisonnable […] Apiane, dans laquelle je travaillais en solo depuis quelques années, sera dissoute ; Travailler en solo ce n’est pas simple dans toutes les professions. Voyez les médecins... »

« Le Top 50 »

« Expérience pluridisciplinaire, connaissance des réseaux, enjeux de développement pour les entreprises de taille intermédiaire » en France et à l’international ont semble-t-il séduit du coté du cabinet d’affaires parisien. Ses compétences en tant qu’associés « viennent en soutien des moyens déjà déployés par De Gaulle Fleurance et Associés en matière de droit des sociétés, fiscalité et problématiques publiques – notamment grands projets, contrats, urbanisme, commande publique ou encore délégation de service public. »

L’entrée du Cabinet De Gaulle Fleurance & Associés dans le XVIIIème Arr. de Paris – Image site internet

L’élu, – italien de culture -, quand il était au Sénat présidait évidemment le groupe Amitiés France-Italie. Il lui arrivait donc d’aller régulièrement à Rome. Notamment pour déjeuner aussi avec l’ambassadeur italien en France pour évoquer des questions d’ordre juridique.

De même pour « le Proche-Orient« . Cette partie du globe est mentionnée dans le communiqué que le cabinet parisien a envoyé à la presse.

On se souvient, à ce propos, de son voyage « incognito » en Syrie – accompagné de trois autres sénateurs – alors qu’il présidait le groupe UDI-Union Centriste du Sénat et de sa rencontre polémique avec Bachar Al Assad alors que ce dernier était été déclaré officiellement personna non grata par le Président Hollande. « L’Italie, le Proche-Orient, pour le moment, il n’y a rien de concret, ce ne sont que des idées simplement qui ont été avancées. » lance le maire de Laval.

Avec De Gaulle Fleurance et Associés, François Zocchetto se retrouve à présent dans «  le TOP 50 des cabinets d’avocats d’affaires français » créé en 2001 par six avocats avec « aujourd’hui plus de 150 professionnels », et « un taux de féminisation de près de 60%. ». Le maire de Laval va rejoindre un staff d’avocats qui sont connus et reconnus. Des avocats primés « par leurs pairs » : « quatre associés élus Avocat de l’Année, onze autres désignés Best Lawyers dans le Palmarès Best Lawyers/Les Echos depuis 2010 » s’enorgueillit De Gaulle Fleurance et Associéss sur son site internet.

La plaque du Cabinet ZRA à Laval – © leglob-journal

Prépare-t-il l’avenir, à un an de l’échéance des Municipales ? : « Non sincèrement, ce n’est pas lié …Vous savez, si j’avais pu rejoindre De Gaulle Fleurance et Associés, il y a deux ans, je l’aurai fait aussi. Avec Apiane, je travaillais déjà sur Paris, vous le savez bien […].

Sans dire officiellement s’il sera candidat à sa succession, il préfère déclarer : « je ne vais pas vous lâchez un scoop comme ça [sourire]», il ajoute « c’est évidemment que la politique, pour moi, ce n’est pas un métier, je vous l’ai dit. C’est certain que vous ne me trouverez pas à 75 ans dans une fonction élective! ça je peux m’y engagez…mais il y a un travail à continuer sur Laval avec toute une équipe, et je ne suis pas tout seul… »

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