Laval Agglo : Le changement dans une certaine continuité – Episode 2

La nouvelle Laval Agglomération est à présent complètement installée. Les sept membres du Bureau communautaire sont élus ; ils viennent compléter les quinze vice-présidents qui siégeront autour du Président François Zocchetto (UDI), élus, eux, le mardi 8 janvier 2019. Mais à bien y regarder, il existe une drôle d’impression de déjà vu. Si la Communauté de communes du Pays de Loiron n’avait pas été absorbée par celle de Laval propulsant de nouvelles têtes sur le devant de la scène, on pourrait penser que, finalement, pas grand chose n’a changé.

Par Thomas H.


« Nous avons 14 mois de mandat devant nous… » a déclaré le Président Zocchetto assis aux cotés de son Premier vice-président Yannick Borde, tout comme dans la précédente « mouture» de Laval Agglomération (Cf photo ci-dessus). En préambule de l’élection, avant de procéder aux votes pour élire les sept conseillers communautaires délégués du Bureau communautaire, que des hommes, une voix s’est élevée. On serait tenté de dire, encore. Mais n’était-elle pas nécessaire en démocratie ?

Cette voix, c’est celle d’Aurélien Guillot qui a fustigé l’absence de femme dans le futur bureau, estimant qu’ à présent « il ne sagi[ssai]t pas d’un déficit, mais bien d’un gouffre ! ». L’élu communiste a parlé de « communautarisme » pour un bureau communautaire qui ne fait pas la part belle à la mixité. Ce à quoi François Zocchetto a réagit en expliquant qu’il s’était déjà exprimé sur la question lors de la séance précédente. Point barre. Avec une drôle d’impression de déjà vu.

De fait, dans la gouvernance de Laval Agglomération, peu de femme et à tout le moins une suprématie lavalloise au détriment des communes du Pays de Loiron. Georges Poirier, élu du groupe d’opposition à la municipalité de Laval a fait les comptes. Il confie d’ailleurs, au Glob-journal, son inquiétude de voir vingt élus de l’entourage de François Zocchetto truster les postes décisionnaires pour actionner les commandes du nouvel Etablissement public de coopération intercommunale (EPCI).

Argent public

Pour le faire fonctionner : 506 agents, dont 416 titulaires, 59 contractuels et 31 stagiaires. Et puisqu’on parle chiffres : 3250 euros, c’est le montant de l’indemnité que touche et touchera François Zocchetto, en tant que Président. (Les textes prévoient un maximum de 5300 euros pour la fonction de n°1). La délibération a été votée presqu’à l’unanimité. Un vice-président sera indemnisé 1300 euros ; un conseiller communautaire délégué 650 euros. Sans changement à priori. « Nous avons traditionnellement une politique de modération en la matière » a lancé François Zocchetto, ajoutant : « nous avons recours à un renoncement [financier] à hauteur de 38 % environ, car les montants de rémunération que nous vous proposons représentent 62,17 % de ceux prévus par la loi. » Trois élus se sont abstenus concernant cette délibération, Catherine Romagné, Jean-François Germerie et Aurélien Guillot.

Un peu avant, l’observateur assidu moyen aura eu sans doute, encore une fois, une drôle d’impression, celle de déjà vu. Avec l’échange – passe d’armes – entre le Premier vice-président Yannick Borde et l’élu communiste Aurélien Guillot. A propos des « dotations aux entreprises qui selon ce dernier doivent être traitées en séance publique, pas dans le secret du bureau communautaire ». Impression de déjà entendu car Aurélien Guillot était, par le passé, intervenu à plusieurs reprises concernant les subventions versées par la commission en charge du développement économique déjà présidée par le maire de Saint Berthevin.

Réclamant « transparence et débat entre tous les élus » sur la question des aides, celui de l’opposition s’est fait rétorqué un peu vertement par Yannick Borde qui a soulevé « son absence depuis des mois » à la dite commission. « Vous n’êtes jamais là et j’estime que les informations confidentielles concernant les entreprises ne doivent pas passer en séance publique. Je m’y oppose et les entreprises aussi. » Aurélien Guillot : « on parle bien d’argent public, je ne vois pas pourquoi on ne peut pas savoir comment il est utilisé ! » Yannick Borde : «  les dossiers sont visibles sur l’intranet de Laval Agglo, il faut arrêter de dire qu’il n’y a pas de transparence ! » Point Barre. Et là aussi donc une drôle d’impression de déjà vu.

En aparté, Yannick Borde a expliqué au Glob-journal, après la séance publique, en avoir assez d’entendre ce genre de discours. Ferait-il mouche ? Toujours est-il qu’il nous a expliqué qu’il est monté au filet en raison de la présence des nouveaux élus communautaires de l’ex-communauté de communes du Pays de Loiron. « Il faut arrêter, a-t-il dit, de tondre l’oeuf! ». Un Yannick Borde qui s’était un peu emporté en séance face à Aurélien Guillot et que le Président Zocchetto a souhaité gentiment rappeler à l’ordre.

Nouveaux élus, et nouveau trombinoscope : le travail du photographe Kevin Rouschausse – © leglob-journal

Phase d’observation, zone d’installation, périmètre de prudence, les élus du Pays de Loiron qui ont rejoint depuis le 1er janvier 2019, la Communauté d’agglomération de Laval, ce nouvel EPCI élargi, n’ont pas pris la parole. Avec quatre vice-présidents sur un total de quinze, et quatre conseillers communautaires délégués sur sept, la gouvernance qui se dessine devra, pendant les quatorze prochains mois qui restent à vivre à l’actuelle mandature, constamment faire preuve d’un savant dosage d’équilibre.

Il va falloir penser, encore plus qu’auparavant aux communes de la proximité de Laval et maintenant à celles de cette couronne plus éloignée qui s’étaient, par la force géographique, tournées vers Vitré et le début de la Bretagne… « Je nous souhaite bonne chance! » avait lancé mardi dernier à,la fin de son discours d’investiture, peut-être un brin prémonitoire, le « tout nouveau » Président de Laval Agglomération.

2 thoughts on “Laval Agglo : Le changement dans une certaine continuité – Episode 2”

  1. Bonjour, contrairement à ce qui est indiqué dans l’article ci-dessus, je n’ai nullement été « rappelé à l’ordre par le Président de Laval-Agglomération ». Chacun comprendre – sauf apparemment Monsieur Guillot – qu’il est impossible de dévoiler en séance publique des informations concernant les entreprises. ce n’est pas aux élus de le Faire. Ceux membres de la Commission développement Economique (dont Monsieur Guillot, mais qui brille par une absence chronique) ont accès à ces infos, y compris en cas d’absence via la plateforme documentaire de l’Agglo. Par ailleurs et contrairement à ce que laisseraient penser les agissements permanents de Monsieur Guillot, la transparence est totale puisque dans chaque dossier de conseil communautaire le nom de l’entreprise, le montant de l’aide et la nature de l’investissement objet de l’aide publique sont communiqués, et donc rendus publiques. La politique de développement économique conduite par l’agglo est quasi la même depuis 2008 et a porté ces fruits compte tenu de la bonne santé de nos entreprises et nous continuerons d’accompagner toutes celles qui auront des projets de développement sur notre nouveau territoire désormais composé de 34 communes.
    Yannick Borde, maire de Saint-Berthevin et 1er VP de Laval-Agglomération

    1. «…que le Président Zocchetto a souhaité gentiment rappeler à l’ordre.» Voici la citation exacte pour être précis.

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