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Des entretiens qui s’enchainent. Emmanuel Besnier grand muet jusque-là n’en finit pas de donner des entretiens, de longs entretiens. Après avoir été questionné sans concession par les députés de la commission d’enquête sur le lait contaminé à la salmonelle à l’Assemblée Nationale et plus discrètement à huis clos par les sénateurs ; après le JDD, les Échos, voici « le grand entretien exclusif  » du Point. L’hebdomadaire parisien titre Emmanuel Besnier sort du silence, avec à la Une une photo du « milliardaire invisible  ». Un capitaine d’industrie aux cheveux ébouriffés qui semble vous regarder droit dans les yeux.

Par Thomas H.

« Je pense que Lactalis va tirer profit de cet événement pour évoluer positivement. » avait prédit, en Mayenne, Samuel Tual, le PDG d’Actual et n°1 du Medef au plus fort de la crise de la salmonelle.

Samuel Tual avait ajouté lors d’un entretien qu’il nous avait accordé, « pour devenir mature, évoluer sur un certain nombre de domaines : par exemple sur son rôle dans la société, sur son rapport aux producteurs, sur sa façon de communiquer etc., assurément.[...] »

Voilà qui est fait. Le président et propriétaire de Lactalis qui ne se laissait pas approcher par la presse, (la craignait-il ?), qui refusait les interviews, qui diligentait son Dir’com préféré pour parler à sa place, qui se cache derrière des vitres tintées dans sa loge pour assister aux matchs de foot du Stade Lavallois que son groupe subventionne, le voilà qui parle et pas uniquement parce qu’il y est obligé.

Celui qui pèse, depuis la Mayenne « 18,4 milliards » emploie «  80 000 collaborateurs dont 15 000 en France  » dans « 240 usines » réparties dans « 48 pays » et dont les « produits sont présents dans 150 pays  » met en avant Le Point, dans une série de chiffres en exergue, est présenté comme un « homme grand et timide » . Mais, si l’on en croit Samuel Tual sur leglob-journal « un garçon qui a le cuir solide » nous avait-il confié. 

Photo d’Emmanuel Besnier souriant, pour la première fois dans un article de presse - Image Photo Le Point

Pas de photos, pour cet « homme invisible » souligne le magazine à tel point qu’ « il n’apparaissait pas non plus dans les documents internes de l’entreprise, et même dans le Lactopôle, son musée du lait qui retrace l’histoire de la petite fromagerie familiale devenue colosse industriel  ». Emmanuel Besnier «  a toujours refusé les photos, car il aime l’anonymat. dit-il, « Surtout à Laval, petite ville de province de 60 000 habitants »

Le premier entretien au Journal du dimanche ? Au plus fort de la tempête qui a secoué tout le paquebot Lactalis ? « Je n’avais pas d’autre choix que d’apparaître, Lactalis était publiquement mis en cause . C’est ma parole qui était attendue » confie-t-il simplement aux journalistes du Point, en admettant que son père Michel [Il a pris la présidence de Lactalis, après le décès brutal d’un crise cardiaque de son père en 2000, NDLR] était « moins sauvage » que lui.

Lactalis, c’est à présent « 20 % du chiffre d’affaires en France et 80 % à l’étranger » raconte Emmanuel Besnier qui estime que sa plus grosse acquisition c’est « le rachat de Galbani en 2006 et de Parmalat en 2011. » Ce qui déclenchera de l’autre coté des Alpes un certain malaise, avec intervention du n°1 français auprès de Berlusconi car Parmalat faisait partie du patrimoine en Italie. Toute proportion gardée, c’est un peu comme si chez nous la Tour Effeil était rachetée par Google !

La non publication des comptes ? Huit lignes seulement dans l’entretien : aucune mention du caractère illégal de la situation ; et une réponse que l’on avait déjà écrit sur leglob-journal dans la bouche de Michel Nalet, le Directeur de la communication du groupe : les comptes doivent rester secrets, ne pas donner matière à ce que nos concurrents puissent « les étudier et disséquer le groupe » déclare Emmanuel Besnier mais en revanche ajoute-t-il « chaque année nous regardons avec attention les comptes de nos concurrents et c’est riche d’enseignements pour nous ! »

Pas impressionné du tout sur les classements annuels des milliardaires qui le positionne en bonne place, Emmauel Besnier tient à préciser qu’ « ils ne servent à rien. Et cette fortune est totalement virtuelle, il faut bien que les gens le comprennent. Je n’ai pas de milliards sur mon compte en banque. Notre entreprise en valorisée des milliards, mais comme on ne la vendra jamais... » Question sur son train de vie par les journalistes du Point qui lui demandent bizarrement s’il possède une Ferrari. Celui qui vit dans un château du 19 eme à Entrammes près de Laval répond simplement que non. Et bien renseigné, il ajoute : « D’ailleurs, il n’y a pas de concessionnaire Ferrari en Mayenne. »


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leglob-journal a lu pour vous l’entretien du n°1 de Lactalis dans Le Point

Publié le: 14 juillet 2018
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