Ce que veut le PS 53 : «reconstruire et recouvrer aussi la confiance»

 

lettredbigup-7.jpgDes vœux pour 2018. C’est de saison. Mais avec le congrès du Parti socialiste qui doit se trouver parmi cinq motions un leader, les vœux au PS « moribond » sont d’autant plus nécessaires. Nécessaires mais pas suffisants. En Mayenne, Guillaume Garot avait convié dimanche après-midi, le 28 janvier 2017, les militants, adhérents et sympathisants à « la galette républicaine » comme il l’a appelée. Le tout arrosé de boisson à bulles. Prises de paroles et échanges, il a été compté près de 170 personnes présentes. L’occasion de comprendre ce qui anime encore le PS 53


Par Thomas H.


En Mayenne, le PS, c’est actuellement entre 250 à 300 adhérents. Au plus fort, le département en a comptabilisé jusqu’à 450. Celui qui donne ces chiffres est aussi celui qui tient les cordons de la bourse. Jean-Pierre Lebonhomme fait partie du trio qui dirige actuellement le Parti Socialiste en Mayenne. Au niveau national a-t-il déclaré au glob-journal, « je souhaite un changement de gouvernance, j’espère qu’on nous la proposera… »

Plus de monde que l’an dernier, – faut-il y voir un signe? – à la « galette républicaine » traditionnelle. En fait une belle galette des rois. Mais pas beaucoup de non-retraité. Le trésorier du PS départemental estime que ce regain montre qu’il « y a une attente, une vraie place qui n’est pas prise en Mayenne  ». Celle d’ « une nouvelle gauche, progressiste, et européenne, avec des grands enjeux et proches des préoccupations quotidiennes » a lancé le député de la Mayenne qui a entamé en 2017 son troisième mandat et qui pourrait devoir choisir en abandonnant l’Assemblée nationale si la loi est votée pour se recentrer sur du local. Mais motus et bouche cousue.

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Dans l’assistance, et au premier rang, on notait la présence de Jean-Pierre Le Scornet ex-numéro 1 du PS en Mayenne, de Christophe Clergeau, président du groupe socialiste, écologiste et radical à la région Pays de la Loire et de Jean-Christophe Boyer ex-maire de Laval. Michel Rose est intervenu le premier. Au pupitre, son discours est incisif, percutant rappelant par exemple que le résultat de la primaire de la belle alliance populaire était celui qui devait engager le PS tout entier. Avec tout ce que cela représentait comme sous-entendu. Mais 2017 aura été « une défaite sans précédent » pour un intervenant, « une déroute » pour cet autre. Les mots ont leur importance.

Il faut relever le défi : « l’enjeu, c’est de reconstruire » a dit Guillaume Garot. On y croit.

«J’y crois a-t-il dit d’ailleurs à la fin de son discours et avec vous, c’est ce que nous ferons ensemble!» Montrer à l’assistance que les leaders socialistes mayennais sont motivés. « Être socialiste, ce n’est pas se satisfaire du monde tel qu’il est… » a résumé Jean Pierre Lebonhomme relisant à sa façon l’article 1 du Parti Socialiste.

« Nous sommes des sociaux-démocrates, la République n’est pas elle quand des hommes et des femmes sont gazés avec des bombes lacrymogènes du coté de Calais  »  a lancé ensuite micro en main Antoine Caplan qui a été applaudi.

« J’ai participé à une maraude dernièrement, et j’ai vu des enfants de dix ans qui ne savent pas où dormir, ce n’est pas l’idée qu’on se fait de la solidarité en Mayenne! » Puis, dans un souci d’ouverture sur l’extérieur et pour décloisonner le PS en Mayenne, Antoine Caplan a prôné la création d’un « forum ouvert à tous les progressistes pour que la gauche puisse exister. Il y a une nécessité d’ouverture et de rassemblement.  » Cela sonnait presque comme un programme de premier secrétaire fédéral du PS en Mayenne. Il faudra en trouver un.

« Retrouver la confiance »

« Les défis » pour Guillaume Garot, il les a égrainé. «Le réchauffement climatique, la migration, l’intelligence artificielle – qu’est-ce qu’on dit là-dessus ? – la pieuvre terroriste… » Dressant l’inventaire des années 2012 à 2017, il a lancé «nous socialistes, nous avons été déçus sur la forme de notre gouvernance : l’affaire Cahuzac, l’affaire Thévenoud, le scooter, les frondeurs, sans parler des tweets de la première dame, autant de coups de canifs portés au contrat entre les Français et le PS. »

Le congrès du PS qui va se tenir – il va se dérouler en Avril – tiendra-t-il ses promesses? Pour le député de la Mayenne il « doit être le congrès du sursaut, avec une rénovation profonde de nos méthodes, de nos débats, et de nos visages […] a scandé Guillaume Garot. Nous avons l’obligation de réussir : c’est la rénovation ou la disparition. Pas d’autre issue. […] la route sera longue, c’est vrai. Mais nous sommes des militants […] »

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Localement en Mayenne, le député Nouvelle Gauche à l’Assemblée Nationale est revenu sur l’échec de la mise en orbite de sa proposition de loi sur la désertification médicale. Sans trop s’étendre. Il a proposé, après le Jury citoyen sur feu la réserve parlementaire, ce qu’il appelle des « Ateliers citoyens » où «il s’agit de mieux associer les citoyens aux enjeux politiques de notre pays et l’élaboration des lois ». Toujours pour le mayennais, fils de Georges Garot, député européen de 1997 à 2004, ce souci de mieux éduquer à la citoyenneté.

Pour cette année le thème en sera l’alimentation. «Le thème concerne tout le monde, a justifié Guillaume Garot, une loi Alimentation est en cours et l’actualité récente nous rappelle les liens étroits entre alimentation, économie et santé.» Pourra être candidat à ces « Ateliers citoyens » toute personne de plus de 16 ans domiciliée en Mayenne. À charge ensuite pour le député de « défendre les propositions concrètes [issues de ces Ateliers, NDLR] à l’Assemblée Nationale, au CNA, (Centre national de l’alimentation) » qu’il préside, « et devant le gouvernement. »

Qui pour le PS ?

Avant de déguster la galette, il a beaucoup été question des « migrants ». De l’asile et du droit d’asile qui « doit être inconditionnel » selon Guillaume Garot qui a d’ailleurs annoncé la venue en Mayenne du directeur général de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) Pascal Brice, le 22 mars pour une réunion publique en soirée. «Je suis inquiet du projet de loi sur l’immigration. La circulaire Collomb n’est pas conforme à notre histoire, à notre tradition d’accueil, à notre humanité[…] Migrer, s’éxiler, c’est d’abord une question humaine, mais aussi de politique majeure […]»

Mais pour l’heure le silence est d’or sur qui pourrait le mieux incarner le renouveau au PS au niveau national. Pas d’allusion. Pas un mot, officiellement ou non, sur qui de Olivier Faure et de Stéphane Le Foll par exemple – pour ne citer que les deux principaux candidats parmi les 5 qui se sont portés candidat – pourrait dors et déjà être en capacité d’accompagner cette ardente obligation de recouvrement de la confiance perdue. Isabelle Fougeray hors micro, en descendant de la tribune, prudente ne s’est pas prononcée. Ni Michel Rose, Ni Jean-Pierre Lebonhomme, ni Guillaume Garot. Il n’y a qu’Antoine Caplan qui a bien voulu nous dire qu’ « il avait une inclinaison pour Olivier Faure… ». Ouf, on la tient notre info!

2 thoughts on “Ce que veut le PS 53 : «reconstruire et recouvrer aussi la confiance»”

  1. Ce que veut le PS 53 : «reconstruire et recouvrer aussi la confiance»
    Vous avez raison pas aussi simple que ça de faire une synthèse!!! Le Parti Socialiste est bien placé pour le savoir…

    Pour ce qui est du décor, ce n’est pas de mon fait si la « rose au poing » que vous trouvez « ringarde » se trouvait juste au dessus du pupitre…
    Pas de slogan sur les murs. A part des photos de campagne de l’an dernier. Rien qui dise que le PS souhaite se réveiller comme la belle au bois dormant…

    Et puis, concernant ce même pupitre, que j’ai souhaité prendre vide, c’est assez bien vu…Mais je ne m’inquiète pas trop : le PS même en Mayenne comme dans la réalité à horreur du vide. Non? – Merci de nous lire, Thomas H.

  2. Ce que veut le PS 53 : «reconstruire et recouvrer aussi la confiance»
    Thomas H. bonjour
    Bon et correct papier qui accorde judicieusement une part importante aux interventions et déclarations
    Dommage qu’il soit accompagné de deux visuels, dont le message subliminal pourrait apparaître ambigu :

     la mise en avant du traditionnel logo (« le Poing-et-la Rose ») – certes, toujours en usage – pourrait accréditer l’idée d’un parti ringard et fossilisé

     pourquoi avoir retenu une photo de pupitre dépourvu d’orateur, qui me rappelle la mise en scène du fauteuil vide exhibé par Giscard à la télévision, lors de sa séance pathétique d’adieux aux Français en 1981 et qui semble signifier dans l’article que le PS, privé de leader, n’aurait plus aucune parole audible et n’aurait plus rien à dire aux Mayennais ?
    Bien cordialement,
    Michel FERRON,
    Militant du Parti socialiste de la Mayenne,
    fidèle lecteur et contributeur occasionnel du glob-journal

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