L’Oribus raconte les réfugiés portugais de l’Ouest – Par Philippe Vicente

La nouvelle livraison de L’Oribus – sous titrée Histoire et société en Mayenne – risque de surprendre plus d’un amateur d’histoire et de séduire ceux qui aiment voyager. Le N° 105 de la revue est en effet entièrement consacré à la présence dans l’Ouest, en Bretagne et en Mayenne, de réfugiés politiques portugais (1829-1833). Un sujet presque inédit, si l’on excepte son apparition dans quelques mémoires universitaires traitant du statut des réfugiés politiques en France.

Flux migratoire d’antan

Par Philippe Vicente


Brick-goélette – (Bibliothèque municipale de Laval)

Fin janvier 1829, les circonstances invraisemblables de l’arrivée dans le port de Brest, de plus de 600 militaires – des officiers et des soldats – auxquels se mêlent une poignée de députés, quelques magistrats, des professeurs et des étudiants, tous libéraux convaincus et résolus qui fonderont le Portugal nouveau, mettent en évidence la complexité de la situation politique et diplomatique que connaît l’Europe dans le premier tiers du XIXe siècle, où les tenants de l’Ancien régime essaient d’endiguer la montée des forces constitutionnelles.

En passant par Fougères et Laval


Maria da Glória, future reine du Portugal sous le nom de Maria II (1834-1853), lisant la Charte accordée en 1826 par D. Pedro, son père. – (Biblioteca Nacional de Portugal)

Pas un jour sans que les journaux français et britanniques ne parlent de la crise de succession au trône du Portugal, opposant deux frères aux idéaux diamétralement opposés. Don Pedro, l’aîné – empereur du Brésil depuis la récente indépendance –, et Don Miguel – l’usurpateur, le « Néron portugais », selon les libéraux –, ont chacun leurs partisans dans la France de Charles X qui honore ses traditions d’hospitalité en accueillant et en aidant ces proscrits.

Après trois mois de présence dans le port finistérien de Brest, le contingent portugais est divisé en trois dépôts destinés à Fougères et Laval, où d’anciens couvents transformés en casernes leur servent de cantonnement, tandis qu’à Mayenne une soixantaine d’officiers viennent loger en ville.

Six mois plus tard, suite à un ordre de dislocation, ils sont contraints de quitter les dépôts à destinations de plusieurs villes et bourgs de l’Ille-et-Vilaine, en attendant d’être embarqués à Saint-Malo pour… Ostende.

La fin de l’exil et la nouvelle ère

Planche d’Honoré Daumier, publiée dans La Caricature, 11 juillet 1833, sous le titre : Kssse ! Pédro… Kssse !… Kssse ! Ksssse ! Miguel – (Gallica, BnF)

Tous ne partiront pas. Certains parviennent à regagner leur ancienne ville d’accueil ou à s’installer à Rennes qui devient le centre principal des partisans de Don Pedro, lesquels y transitent avant de se joindre à l’expédition préparée à Belle-Isle-en-Mer en 1832.

L’armée libératrice constituée aux Açores reconquerra en effet la métropole, mettant fin ainsi à l’exil et ouvrant une ère nouvelle.


La suite dans L’ORIBUS, Histoire et société en Mayenne.

Le N° 105 de 96 pages est signé Philippe Vicente15€ en librairies, maisons de la presse et sur le site internet de la revue.


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