Nouveau collège Fernand Puech à Laval : 2024, c’est déjà demain…

Où en sont les études ? questionne, dans une lettre ouverte, l’association des parents et amis du collège public Fernand Puech. Fort de la promesse du Président du conseil départemental de construire un nouvel établissement programmé pour 2024, les représentants de la société civile réunis autour du collège lavallois qui était appelé à être fermé en centre ville, sont dans l’expectative, le questionnement et la vigilance.

Un collège nommé désir…

Par Thomas H.


Si tout va bien, « le conseil départemental doit entamer les premières études rapidement pour une ouverture prévue en Septembre 2024 » écrit l’association qui regroupe 80 adhérents. Si tout va bien, car elle ajoute «Aujourd’hui, nous n’avons aucune réponse concrète». Les parents et amis du collège sacrifié un temps puis maintenu, ont bien évidement posé les questions qu’il fallait à propos du futur « outil » qui doit prendre place dans l’espace Jean Monnet à Laval, sur les quais de la rivière Mayenne. Un lieu idéal.

Cette interpellation s’est faite « notamment lors du dernier Conseil d’Administration en date du 26 février 2019. » explique Laurent Thoraval, un parent d’élèves adhérent de l’association. C’est le professeur de Français au collège Jacques Flore-Thébault qui a posé la question qui est restée sans réponse aux représentants du Département siégant au Conseil d’Administration. Et comme « rien n’est inscrit au budget de 2019 », selon l’association, les inquiétudes sont là. Quatre à cinq ans sont nécessaires pour construire ce type de bâtiment. D’un coût de 7 millions d’euros. Surtout si on souhaite, et c’est une bonne idée, comme l’avait suggéré la sénatrice Élisabeth Doineau de le labelliser «Réalité virtuelle». Mais l’association dit ne pas avoir vu de plans et ne sait même pas s’ils existent.

Jacques Flore-Thébault qui avait dans une Tribune sur leglob-journal félicité le président du Département avait écrit « Monsieur le Président, votre projet est beau, et votre responsabilité est maintenant grande : vous avez fait naître l’espoir, vous ne trahirez pas votre parole, vous ne tromperez pas notre confiance. (…) »

Le plein de sa capacité

De l’eau a bien évidemment coulé sous les ponts de la Mayenne depuis l’épisode où le président Richefou avait créé la surpris, en confirmant, la fermeture sans concertation de l’établissement. « Depuis l’annonce de la création d’un nouveau collège Fernand Puech, […] ses effectifs se [sont] renforcés. A la rentrée 2019, plus de 330 collégiens seront accueillis alors que les prévisions de l’étude démographique tablaient sur 240. Le collège dont certains annonçaient une fermeture par manque d’effectifs est en fait aujourd’hui au maximum de sa capacité. » souligne le parent d’élèves lavallois.

Une « vitalité du collège qui se matérialise également par de nombreux projets pédagogiques », ce qui semble être de bonne augure pour l’avenir. Mais « les interrogations demeurent quant à la réalisation effective du nouvel outil pédagogique dont a besoin la ville de Laval. ».

L’association reste donc vigilante quant à la réalisation de cet « outil » indispensable dans le paysage éducatif lavallois, même si certains autres collèges du département fonctionnent parfois en sous-effectif. « Elle portera dans les différentes instances la concrétisation de ce vote acquis au conseil départemental au printemps de l’année 2017. » explique l’association qui s’est battu contre la fermeture.

Fresque de l’artiste mayennais Leb – © leglob-journal

L’idée de construire un nouvel établissement avait été adoptée, malgré onze abstentions dont quatre parmi les sept vice-présidents (VP) d’Olivier Richefou. Le débat en séance plénière à l’Hotel du Département, fin 2017, avait été très intense. Beaucoup d’élus avaient décidé de prendre la parole pour s’exprimer, fortifiant le débat, ce qui avait été souligné par le conseiller départemental d’opposition Christian Briand qui s’en était réjoui publiquement.

Parmi les prises de positions, celles de ces trois femmes par exemple. leglob-journal les avait consignées à la mi-décembre 2017 dans un papier intitulé L’idée d’un Fernand Puech-2 fissure la majorité départementale.

Votre journal en ligne écrivait : « Une des vice-président (VP) Marie-cécile Morice qui a voté pour le collège, a déclaré : « C’est la méthode qui nous a tous surpris, dans la majorité… ». Pour Nicole Bouillon (VP) : c’est une « décision sage, et le site de Jean Monnet a une âme ; il a été le site de l’École Normale, et on rend toutes ses lettres de noblesse à l’Éducation […] ». Quand à Valérie Hayer (LREM), élue le matin même vice-présidente, elle a montré une position très centriste : « Je ne parviens pas à trancher dans ce dossier a-t-elle déclaré […] Je salue ton courage, ton ambition pour le Département ; je vais choisir une position d’attente et m’abstiens […]»

Attachement au collège

Retour en 2019, le Vendredi 8 Mars. Ce jour-là avait lieu les traditionnelles portes ouvertes au collège Fernand Puech. De très nombreux parents d’élèves en CM2 sont venus visités l’établissement en « flot continu et jusqu’à 20 heures », note Laurent Thoraval. Des portes ouvertes qui furent l’occasion de l’inauguration d’une fresque retraçant l’histoire du collège. Une œuvre réalisée par Leb, un artiste mayennais et ancien élève du CEG Fernand Puech, « ce qui montre tout l’attachement de la population lavalloise à son collège de centre ville » analyse le représentant de l’Association.

La fresque a été installée dans la Salle d’études ; le tableau coloré retrace l’histoire du collège avec comme personnage centrale Albert Legendre, qui fut fondateur puis directeur du Cours complémentaire, le CC, de 1940 à 1968.

A Fernand Puech, les travaux de maintenance se font régulièrement. A priori, il n’y a aucun problème entre l’équipe éducative et les services départementaux qui ont en charge, en vertu des lois de décentralisation en France, de la gestion des bâtiments. « Quand les travaux sont demandés, ils sont réalisés rapidement, comme dernièrement les travaux de marquage au sol en cas d’évacuation » rapporte Laurent Thoraval, le parent d’élèves adhérent de l’association.

Situation d’attente et interpellation régulière de l’association pour que le projet avance. Jacques Flore-Thébault reposera d’ailleurs la question lors du prochain conseil d’administration du collège qui se tiendra le 2 avril. «On voudrait que cette promesse ne reste pas dans les tiroirs. Il ne faudrait pas que cela dure, car si rien n’est inscrit au budget 2020 on pourra penser qu’il s’est agit d’une promesse dans le vent. » conclue Laurent Thoraval.

Quand on ressort l’additif au Rapport 2-03 sur le devenir du collège Fernand Puech qui avait été donné aux élus départempentaux et aux journalistes lors du vote autour de l’idée d’un Fernand Puech-2, fin 2017, on pouvait y lire qu’ « un point d’étape est fixé en 2020-2021 afin de mesurer l’évolution attendue de la démographie qui permettra de déterminer définitivement les éléments du calendrier et de décision relatifs à la construction du collège. »


Photo de Une : Manifestation aux bougies devant le Département (2016) – © leglob-journal


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