Nouveau Référent, Olivier Lohéac prend la tête de LREM en Mayenne

Olivier Lohéac a été désigné officiellement Référent de la République en Marche en Mayenne. Il l’a appris vendredi 22 mars par les instances parisiennes qui ont validé sa candidature. Le voilà succédant à Philippe Morisset qui a été en poste après l’évincement d’Aurélien Page le fondateur du mouvement en Mayenne. Olivier Lohéac va chercher à fédérer et donner de la visibilité pour LREM en Mayenne comme il dit, qui en a beaucoup manqué en utilisant « l’arme principale qui est la communication pour être présent et entendu, Il faut absolument que nous communiquions… » Et justement, rompant avec son prédécesseur, le premier interview qu’il accorde, c’est au Glob-journal.

Grand entretien avec Olivier Lohéac


Leglob-journal : Olivier Lohéac, nouveau Référent LREM 53, vous avez été élu pour ça ?

Olivier Lohéac : Non, j’ai été désigné suite à des réunions, localement. C’est à dire que ce n’est pas quelque chose qui vient d’un seul coup et d’un seul de Paris, ça été débattu dans les quelques comités de la Mayenne…Et pour finir, c’est Paris qui nous désigne. C’est comme ça que cela marche…

Leglob-journal : N’est-ce pas une désignation qui se fait par défaut, selon nos informations, faute de candidat ?

Nous n’étions pas nombreux effectivement ( silence). Par défaut, je n’en sais rien, je pense avoir été relativement présent ces dernières années à LREM 53 notamment en tant qu’Animateur du Comité de Laval…

Ce qui est certain, c’est qu’il vaut mieux que cela soit quelqu’un sans mandat pour l’instant, donc voilà, ça été moi… Et vous savez : je ne suis Référent que depuis trois jours et je n’ai même pas encore les codes informatiques, c’est vous dire…

Leglob-journal : vous succédez à Philippe Morisset qui a travaillé à essayer de fédérer avec plus moins de bonheur…Comment vous appréhendez cette succession ?

Il y a plusieurs choses à dire sur Philippe. Moi je l’ai trouvé grosso modo à la hauteur en tant que Référent. On a quand même un problème avec LREM 53, c’est qu’on a eu, lors de l’élection d’Emmanuel Macron, une foultitude d’adhésions, et c’est vrai que de fil en aiguille on a perdu de vue un certain nombre de gens. Et on ne pouvait pas y faire franchement grand chose… Par contre, Philippe il a fait ce qu’il a pu pour essayer de rassembler ses troupes.

Leglob-journal : C’était quoi, un problème d’orientation politique ? Vous avez déçu les gens de Gauche qui venaient vous rejoindre ?

Oh non, je ne pense pas ! Parce que parmi nous, on est quand même pas que des gens de Droite. On est autant à venir de la Gauche qu’à venir de la Droite, finalement.

Leglob-journal : Mais est-ce que la tête de la LREM 53, Philippe Morisset qui était un UDI, cela n’a pas orienté LREM 53 vers une sensibilité plus de droite ?

Peut-être… Mais au niveau départemental, ce n’est pas évident. C’est peut être faire un résumé rapide. Nous sommes vraiment de tout bord. Parmi nous, on a quand même des syndicalistes… Bon, moi je suis quelqu’un qui vient de la Gauche au départ. Rihaoui Chanfi, mon binôme au Comité de Laval aussi…

Après, il y en dont je suis incapable de le dire ; d’ailleurs c’est ce que j’ai toujours apprécié dans notre mouvement, c’est le fait de rassembler les mouvances de Gauche et les mouvances de Droite pour faire un parti unique quelque part.

Leglob-journal : Venir de la Gauche, comme vous le dites, cela ne veut pas dire qu’on y reste…

Soit ! Par contre cela signifie avoir une certaine façon de penser…Moi, je n’ai jamais voté la droite dure, le libéralisme dur et profond. Ce n’est pas trop mon truc… Là je reste un petit peu sur mes positions de départ.

Avec Rihaoui Chanfi, co-animateur du comité de Laval : selfie sur le marché

Leglob-journal : On a beaucoup reproché à LREM 53 le manque de visibilité et de lisibilité. Est-ce que c’était dû à celui qui incarnait le mouvement? Et comment vous allez faire vous y remédiez ?

D’une part, moi je parle au Glob-journal (Rires) et je vais essayer de communiquer, je dis essayer parce que je débarque et grosso modo je n’ai jamais communiqué, officiellement et politiquent, de ma vie. Et c’est un beau challenge pour moi. Concernant leglob-journal, je n’ai pas forcément de bête noire… Je ne sais pas pourquoi il faudrait avoir peur du Glob-journal? Après tout il n’y a pas de raison…

Leglob-journal : Vous avez raison, mais ça a été un peu le cas jusqu’à présent à LREM 53 … Non?

Oui, c’est vrai, ils hésitaient un petit peu… Mais je trouve que plus ils se taisaient et plus les articles du Glob-journal étaient perçus comme virulents…(Sourires) donc je me dis quelque part autant parler, quoi ?

Leglob-journal : Vous dites « virulents », parce que les articles reflétaient une certaine réalité… Est-ce qu’il n’y avait pas par exemple comme nous l’avons écrit, une guerre de clans, de groupes contre groupes, et est-ce que ce n’était pas difficile à gérer pour Philippe Morisset ?

Oui… un petit peu, c’est vrai… Mais, franchement cela ne me fait pas peur. Moi, je parle vraiment avec les uns et avec les autres. Que ce soit Béatrice Mottier avec qui je suis toujours resté en contact depuis les législatives [Elle a été candidate face à Guillaume Garot, NDLR] ; Raymond Mauny avec qui je m’entends très bien… Après, il y a Philippe Morisset, Vincent d’Agostino, et c’est autre chose : ils ne ressemblent pas forcément aux autres, mais franchement avec, on peut faire quelque chose de sympa…

Le 21 janvier 2019, avec Béatrice Mottier à la galette des rois de LREM 53

Leglob-journal : Raymond Mauny n’a-t-il pas très mal vécu le fait d’avoir été exclu du bureau du parti au moment de sa formation par Philippe Morisset ?

Oui… sans doute… Bien sûr, cela crée des dissensions … C’est un petit peu délicat pour un chef de parti départemental de s’apercevoir que l’un de ceux qu’on pensait être un pilier donne sa voix à quelqu’un qui est dans l’opposition localement. Cela a créé un petit scandale à l’intérieur de notre mouvement… Mais bon, quelque part on peut peut-être comprendre la réaction de Philippe Morisset à l’époque… Moi, je pense qu’on peut et doit faire encore avec Raymond, parce fondamentalement c’est quelqu’un de bien. Et qui peut encore nous apporter énormément…

Leglob-journal : Est-ce que cela ne signifie pas que LREM 53 n’est pas encore suffisamment aguerrie pour pouvoir faire de la politique, et faire fi de toutes les petites bassesses qui font justement la politique politicienne ?

Ce n’est pas forcément ma priorité, vous savez… Ce que je crois être ma priorité, c’est avant tout rassembler les adhérents. Il faut vraiment qu’on soit beaucoup plus nombreux à nos réunions et que la LREM en Mayenne compte beaucoup plus de monde… Faut qu’on pèse à ce niveau-là.

Leglob-journal : Parce que vous êtes parti de combien pour arriver à combien d’adhérents finalement aujourd’hui ?

Là, quand on se réunit on est une grosse vingtaine… (Silence)

Leglob-journal : Et combien avait cliqué sur le portail de la République en Marche 53 ?

Il y en avait plus de 800… (Rires) Il y avait ceux qui cliquaient et s’en allaient… Sérieusement, les premières réunions auxquelles j’ai assistées on pouvait avoir facilement jusqu’à 70 personnes…

Leglob-journal : Est-ce que c’est pas parce que le candidat à la Présidentielle, le mentor Emmanuel Macron a un peu déçu ?

C’est un peu dommage, parce qu’il n’a jamais vraiment dévié de ce qu’il avait dit au départ. Je ne sais pas… Je trouve pas qu’il y ait franchement une grande déviance du Président de la République depuis qu’il est élu… En tout cas ce qui m’attirait chez lui au départ continue de m’attirer encore aujourd’hui…

A Grez-en Bouère, le 24 novembre 2018, en rouge, à la droite de Valérie Hayer debout

Leglob-journal : Et qu’est-ce qui vous attirait ?

En premier, sa vision de l’Europe. Je suis exactement comme lui : je suis très européiste. Ce qui me donne beaucoup de plaisir et me donne aussi des ailes pour la campagne européenne à venir. Je suis à peu près d’accord avec tout, jusqu’à son idée d’une armée européenne. Pourquoi pas…

Leglob-journal : L’Europe, on ne peut qu’être pour, parce que c’est un peu éloigné du quotidien pense la plupart des Français, mais pour ce qui est des affaires franco-françaises ?

Oui, mais cela ne devrait justement pas être aussi éloigné que ça… L’Europe contribue énormément dans nos départements. Depuis la PAC aux agriculteurs jusqu’aux contributions dans les bâtiments et les grands travaux… Et puis la deuxième chose qui m’a séduite, c’est cette idée de faire de la politique en essayant de combiner Droite et Gauche…

Leglob-journal : N’a-t-il pas au contraire ré-accentuer le clivage Droite-Gauche ?

Non, je ne pense pas. Mais il reste encore pas mal de choses à faire… En tous cas, au niveau interne cela se passe très bien, on est vraiment sans étiquette autre que celle de LREM…

Leglob-journal : Là nous parlons toutefois comme si le mouvement historique des Gilets Jaunes n’était pas intervenu sur la scène politique française… C’est le cas, il n’existe pas ?

Si, il a d’ailleurs été symptomatique de quelque chose ; aujourd’hui il ne l’est plus vraiment. Puisque de fil en aiguille, on en oublie un peu les revendications. Après, les premières manifs étaient sans doute justifiées, et je pense aussi que le Gouvernement a fait ce qu’il fallait en multipliant les débats citoyens. Je n’ai pas l’impression que ce grand débat, c’était le début de la Campagne des Européennes, comme on a pu l’entendre ; on n’y parlait pas d’Europe et c’était vraiment autre chose.

Leglob-journal : Et le fait d’avoir accentué le coté autoritaire et sécuritaire de la politique gouvernementale en matière de répression des Gilets Jaunes ? Cela vous a interpellé, choqué, ébranlé ?

C’est surtout la façon dont les manifs ont commencé à dégénérer qui m’a fait peur, oui ! Beaucoup plus que les répressions qui ont suivies. Parce que soit, il y a eu de la casse mais il y en a eu des deux cotés. Et les interpellations, il était normal d’en faire aussi…

Leglob-journal : A votre avis le Grand Débat qui s’achève va permettre de percer l’abcès réellement ?

Je ne sais pas si c’est le résultat des débats qui va crever l’abcès ; pour moi cela aurait dû être les débats eux-mêmes. Et je pense que cela en a convaincu tout de même un certain nombre.

Leglob-journal : On revient au réseau interne de la LREM 53 que vous aurez à gérer en Mayenne. Il y a eu pas mal de départ, on en parlait tout à l’heure et puis aussi des départs symptomatiques. Je pense à Philippe Morisset ou bien Vincent Agostino qui pourrait aller vers des horizons municipaux, proches de François Zocchetto, selon nos informations, et via le truchement de Raymond Mauny ?

Alors là…(Rires). Là, je n’en sais rien! J’ai entendu dire effectivement que Philippe et Vincent avaient rencontré le maire de Laval, mais je ne sais pas du tout pourquoi, ni ce qui s’y est dit.

Leglob-journal : Et quel a pu être le rôle, selon vous, de Raymond Mauny ? Sa mission a-t-elle été de trouver des candidats pour rajeunir la liste de François Zocchetto ?

Franchement je ne le crois pas…Cela ne colle pas avec lui et je pense sincèrement que Raymond Mauny nous en aurait parlé aux uns et aux autres. Et en tout cas à Béatrice Mottier, l’adjointe du maire de Laval et Béatrice n’étant pas au courant…Non, je n’y crois pas !

Lors d’une formation LREM53 sur l’Europe aux cotés de Philippe Morisset

Leglob-journal : Olivier Lohéac, est-il toujours utile de parler de ce que l’on fait qui peut paraître un peu dérangeant pour ceux qui peuvent entendre ?

Certes… Mais, quand c’est fait au nom du mouvement, oui quand même il faut en parler…Après, il y en a qui peuvent débarquer et ne sont pas au courant, et cela fait désordre… Quand personne ne sait ce que fait son voisin, ce n’est pas terrible non plus. Autant qu’on ait une belle cohésion, et que chacun soit d’accord sur qui fait quoi, ce qu’on peut faire et quoi faire…

Leglob-journal : L’a-t-il fait pour le mouvement ?

Honnêtement je n’y crois pas. Mais, c’est à lui qu’il faut poser la question finalement.

Leglob-journal : Quelle sera la première action que vous allez entreprendre une fois votre candidature rendue publique et qui vous paraît importante pour LREM en Mayenne?

Tout d’abord, il y a toute la campagne des européennes à gérer. Il faut absolument qu’on décide les gens à aller voter. On sait que LREM est bien placée dans les sondages, mais que l’abstention va être abominable… Faut vraiment qu’on se mobilise…

Leglob-journal : Et vous allez faire quoi ? Une marche pour l’Europe, du porte à porte, autre chose ?

On va faire du tractage, beaucoup de tractage… Il est question de faire des meetings aussi. Il est question de faire un grand meeting national, sur Paris. Et on aura des meetings régionaux en province, et notamment en Pays de la Loire. On ne sait pas encore les dates et les lieux… Ce ne sera pas forcément à Laval…

Et la deuxième chose, c’est la restructuration du mouvement sur le terrain. Donc ça, ce n’est pas la moindre des choses. Il va falloir reprendre tous les gens qui nous ont fait confiance au début et essayer de voir ce qui a fait qu’ils se sont éloignés et ce qu’on pourrait faire pour les faire revenir… C’est du boulot, j’en ai conscience, mais c’est une tâche à laquelle on ne peut pas se soustraire.

Leglob-journal : Et concernant les municipales, est-il toujours question que la LREM 53 ne fasse pas acte de candidature face à François Zocchetto ?

Oui… Vous savez il n’y a pas trente-six solutions, soit on a une figure qui est capable de faire une liste… Sinon, on est obligé de placer des militants sur des listes déjà existantes…

Leglob-journal : Cela se fera sur celle du maire sortant ou bien sur une liste de gauche ?

Bonne question! Je ne sais pas… Je suis incapable de vous le dire…Mais, c’est beaucoup trop tôt, vous savez. On en a pas encore parlé entre nous, véritablement…

Entretien Thomas H.

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